Santé / Sciences

La douleur après la vaccination contre le Covid, c'est peut-être dans votre tête

Temps de lecture : 2 min

Une nouvelle étude montre que 60% des effets indésirables seraient dus à l'effet nocebo.

Informer les patients sur l'effet nocebo pourrait participer à réduire les effets indésirables. | huntlh via Pixabay
Informer les patients sur l'effet nocebo pourrait participer à réduire les effets indésirables. | huntlh via Pixabay

Une nouvelle étude prouve encore la force de l'esprit humain. Selon ce travail scientifique mené par une équipe de chercheurs du Beth Israel Deaconess Medical Center (BIDMC) de Boston, une part majeure des effets indésirables ressentis à la suite de la vaccination contre le Covid-19 serait due à l'effet nocebo. Ce dernier est le jumeau maléfique de l'effet placebo: la personne ressent des effets négatifs à un traitement parce qu'elle s'y attend.

Les chercheurs ont effectué une méta-analyse de douze essais cliniques randomisés et contrôlés par placebo portant sur la vaccination contre le Covid. Leurs résultats indiquent que jusqu'à 64% des effets indésirables ressentis par les patients peuvent être attribués à l'effet nocebo.

Comment l'équipe s'y est-elle prise? Les scientifiques ont examiné des études portant sur un total de 45.380 patients. Parmi eux, 22.802 avaient reçu un vrai vaccin, et le reste, soit 22.578 personnes, un placebo –une substance sans principe actif. Aucun des participants ne savait s'il avait réellement reçu un vaccin ou pas.

Tout (ou presque) est dans notre tête

Après la première injection, les chercheurs ont constaté que 46,3% des patients réellement vaccinés ont signalé des effets indésirables systémiques touchant l'ensemble du corps –majoritairement des maux de tête et de la fatigue– et que 66,7% ont fait état d'effets indésirables locaux, comme une douleur ou un gonflement à l'endroit de la piqûre. Quant aux patients sous placebo, ils sont 35,2% à avoir signalé des effets systémiques et 16,2% des effets locaux. Après avoir comparé les ratios entre les deux groupes, l'équipe a conclu que l'effet nocebo représentait jusqu'à 76% des effets indésirables systémiques et 24% des effets indésirables locaux après la première dose de vaccin.

L'effet nocebo a toutefois faibli lors de la seconde injection. En effet, les patients sous placebo ont été moins nombreux à signaler des effets indésirables: 31,8% pour les effets systémiques et 11,8% pour les effets locaux. Tandis que chez les personnes vaccinées, les effets indésirables ont augmenté: 61,4% d'effets systémiques déclarés et 72,8% d'effets locaux. Ainsi, lors de la seconde injection, seuls 52% des effets indésirables étaient dus à l'effet nocebo.

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Pour l'équipe, ces résultats sont une bonne nouvelle. «La collecte de preuves systématiques concernant ces réponses nocebo dans les essais de vaccins est importante pour la vaccination contre le Covid-19 dans le monde entier, en particulier parce que l'inquiétude concernant les effets secondaires serait une raison d'hésiter à se faire vacciner», relève la chercheuse Julia W. Haas du BIDMC. Ainsi, informer les patients sur l'effet nocebo pourrait participer à réduire les effets indésirables, notamment les maux de tête et la fatigue qui sont des symptômes extrêmement sensibles à l'effet nocebo.

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