Culture

Lena, celle qui rend l'Allemagne «gentille»

Temps de lecture : 2 min

L'euphorie du week-end à la suite de la victoire de la jeune chanteuse allemande Lena à l'Eurovision passée, les journaux allemands sont revenus sur la symbolique de cette victoire pour le pays.

Sur le site du quotidien Suedeutsche Zeitung, l'accueil reservé à la jeune chanteuse dans sa ville natale d'Hanovre est décrit comme digne de celui reservé aux plus grands chefs d'Etat. L'article analyse le traitement médiatique réservé à l'improbable victoire allemande au concours de l'Eurovision. Fait assez rare pour être mentionné, la victoire de Lena a fait l'ouverture des journaux télévisés alors que d'habitude cela est reservé aux évenements plus sérieux comme les enlèvements, ou l'incarcération d'une personnalité. Les chaînes publiques ARD et la chaîne privée Pro Sieben ont fait le choix d'interrompre leurs programmes pour diffuser en direct l'arrivée de Lena sur le sol allemand. Un bouquet de fleur et ces mots: «La reine arrive», voici comment le ministre président de la Basse Saxe, venu lui transmettre «les félicitations de la chancelière Angela Merkel en personne» a reçu la nouvelle icône allemande. Lena a ensuite entonné la chanson qui lui a porté bonheur lors du concours devant un parterre de fans.

Pour le Spiegel, cette victoire arrive à point nommé. Comme le miracle de Bern en 1954 ou encore la Coupe du monde en 2006, c'est un «conte d'été». Selon l'hebdomadaire allemand, cela permet de sortir d'une vision «du méchant allemand» et de rompre avec l'idée avancée notamment par l'intellectuel français André Glucksmann du retour d'un «nationalisme allemand».
Pourtant, le performance n'a pas vraiment bluffé le pays.  La chanson est d'ailleurs qualifiée de médiocre et la performance d'assez banale: pas de decolleté vertigineux, de troupes de danseurs acrobatiques ni de jeux de lumières extravagants. Mais pour le Spiegel, la fraîcheur et la spontanéité de la chanteuse de 19 ans ont fait la différence. Ils contrastent avec l'image sévère de la chancelière Merkel. Face à celle que les médias européens qualifient de «Madame Non», egoïste dans le combat pour le sauvetage grec, Lena montre un nouveau visage de l'Allemagne.
La chanson Satellite a décroché la note maximale en Suède, Norvège, Danemark, Finlande, et même chez les Suisses. Des pays qui n'ont pas toujours été des adorateurs de l'Allemagne! Preuve que l'heure n'est plus au ressentiment contre l'Allemagne.

Pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung, cette victoire permet d'oublier un temps les dettes, la peur de l'inflation et les plans de sauvetage. Le quotidien allemand précise que cette fois, «l'Allemagne a offert quelque chose à l'Europe». Une manière de montrer que l'Allemagne peut rompre avec son image de dureté et de rigueur. Non, les Allemands n'ont pas toujours les pieds sur terre, ils sont aussi «capables de flotter en apesanteur comme le Satellite de Lena».

[Lire l'article sur le Süddeutsche Zeitung ici, celui du Spiegel , et enfin celui du FAZ ici]

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Photo: B. STRONG / REUTERS

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