Monde

Au sein de l’État taliban, un manque criant de personnel

Temps de lecture : 2 min

Les talibans tentent de rapatrier les fonctionnaires qui s'étaient réfugiés au Pakistan lors de l'intervention américaine il y a vingt ans.

Deux membres des talibans à Hérat, en Afghanistan, le 23 novembre 2021. | Hector Retamal / AFP
Deux membres des talibans à Hérat, en Afghanistan, le 23 novembre 2021. | Hector Retamal / AFP

Pendant leur ascension éclair au pouvoir lors du retrait des États-Unis d'Afghanistan à l'été 2021, les talibans avaient promis d'amnistier et de permettre aux fonctionnaires de conserver leur travail ainsi que de veiller à conserver la diversité ethnique du gouvernement. Seulement, rapporte le New York Times, comme il était attendu, ce sont surtout des soldats et des religieux issus des rangs des talibans qui ont accédé aux responsabilités publiques.

De nombreux fonctionnaires ont fui le pays ou refusent de travailler pour le nouveau pouvoir en place. Beaucoup ne sont plus payés, et un certain nombre veut éviter que leur demande d'asile à l'étranger soir refusée pour collaboration avec les talibans. Résultat, l'État se retrouve désormais avec des trous béants, et un urgent besoin de recruter.

Le problème est que les talibans sont restés pendant des années à l'état de guérilla et ne comptent donc pas beaucoup de technocrates dans leurs rangs. Un employé de Salaam, la compagnie de télécommunication publique du pays, raconte que les nouveaux cadres «n'ont aucune expérience pour diriger. Ils s'assoient dans les bureaux avec des armes et maltraitent les employées en les accusant d'être corrompus.»

Recherche technocrates d'urgence

Privé de ses actifs financiers et d'aide internationale, le pays est financièrement exsangue, et son système bancaire au bord de l'écroulement. Le tout avec un ministère de l'Économie dénué de fonctionnaires compétents.

Afin de colmater la fuite des cerveaux et de combler les positions vacantes, les talibans se sont donc mis à la recherche d'ex-officiels réfugiés au Pakistan lors de l'invasion américaine du pays en 2001.

Le New York Times raconte ainsi que lors des vingt dernières années, Khyal Mohammad Ghayoor, l'actuel directeur de la police routière de Kaboul, qui supervise tout de même plus de 1.400 personnes, était établi comme boulanger dans le sud-ouest du Pakistan.

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Rien ne dit que les nouveaux arrivants seront ravis de leur retour au pays. Malgré leurs nouvelles positions en tant que juges ou policiers, la situation n'incite pas forcément à prévoir une installation définitive. Certains, raconte le NYT, reviennent sans vendre leurs maisons pakistanaises ni rapatrier leurs familles, encore incertains de leur avenir.

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