Santé / Sciences

La solitude et les ruptures nuisent davantage à la santé des hommes qu'à celle des femmes

Temps de lecture : 2 min

Plus de deux désunions et sept ans de solitude au cours de leur vie adulte se traduisent par un niveau d'inflammation plus élevé.

La fin d'une relation amoureuse n'a pas le même effet selon le sexe des individus. | Henri Pham via Unsplash
La fin d'une relation amoureuse n'a pas le même effet selon le sexe des individus. | Henri Pham via Unsplash

La nouvelle a de quoi bousculer certaines idées reçues. Sur un plan médical en général et inflammatoire en particulier, les peines de cœur et les années de célibat sont plus dommageables à la santé des hommes qu'à celle des femmes.

Telle est la conclusion d'une vaste étude danoise, menée sur près de 10.000 personnes âgées de 48 à 62 ans et dont les résultats viennent d'être publiés le 10 janvier dans le Journal of Epidemiology & Community Health. Un effet d'autant plus significatif que les sujets, en vingt-six ans de vie adulte, avaient connu au moins deux ruptures et sept ans de solitude. Et une association d'autant plus solide qu'ils étaient diplômés.

Que le divorce ou, plus généralement, la fin d'une relation amoureuse ait des effets délétères sur la santé physique et mentale n'a rien d'un scoop. On sait notamment que ces événements peuvent se traduire par une baisse de l'immunité et une augmentation du risque de mortalité à court terme. Et que l'effet n'a pas la même force selon le sexe des individus –le relativement plus faible étant ici le masculin. Par exemple, en 2008, dans une large étude menée sur près de 400.000 couples américains, les médecins et sociologues Felix Elwert et Nicholas Christakis avaient pu montrer que, chez les veufs, le décès de leur épouse était associé à une augmentation de 18% du risque de mourir dans l'année, contre 16% chez les veuves.

Un chagrin externalisé

Dans le travail qui nous occupe, les chercheurs de l'université de Copenhague, dirigés par Rikke Lund, ont voulu analyser l'impact du nombre cumulé de ruptures ou d'années de solitude sur le système immunitaire, et savoir si le sexe et le niveau d'éducation entraient en ligne de compte.

Pour ce faire, ils ont rassemblé des informations sur les arrêts de relation (dont 83 décès) auprès de 4.612 personnes (3.170 hommes et 1.442 femmes), et sur le nombre d'années de solitude auprès de 4.835 (3.336 hommes et 1.499 femmes) –le tout sur une période allant de 1986 à 2011. Concernant les durées de célibat après la rupture ou le veuvage, celles-ci ont été distribuées en trois catégories– moins d'un an, entre 2 et 6 ans, plus de 7 ans, avec la première considérée comme normale et faisant donc office de référence.

D'autres éléments, susceptibles de jouer sur les résultats, ont également été consignés par les scientifiques: âge, niveau d'études, événements existentiels majeurs (perte d'un parent, soucis financiers, conflit familial, placement en famille d'accueil), poids (mesuré par l'IMC), maladies chroniques, prise de médicaments, mais aussi traits de personnalité (névrosisme, agréabilité et conscienciosité). Enfin, le taux d'inflammation des participants a été mesuré par des marqueurs standards (interleukine 6 et protéine C-réactive) via des tests sanguins.

Chez les hommes, les chercheurs ont observé le plus d'inflammation chez ceux qui avaient connu le plus de ruptures –avec un taux 17% plus élevé que le groupe de référence. De même, cette inflammation était jusqu'à 12% plus élevée chez les hommes ayant connu au moins sept années de solitude. Les scientifiques n'ont détecté aucune association de ce type chez les femmes.

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Selon l'équipe de Rikke Lund, cela pourrait être lié aux réactions tendanciellement différenciées des hommes et des femmes après une désunion –les premiers ayant plutôt un chagrin externalisé, avec consommation excessive d'alcool et autres conduites à risque, quand les secondes manifestent en moyenne des troubles dits d'internalisation, comme la dépression. Ce qui n'impacte pas de la même manière la réponse inflammatoire.

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