Culture

Dennis Hopper, le dernier des cow-boys

Temps de lecture : 2 min

Le road movie de Dennis Hopper s'est achevé samedi soir, à Venice en Californie. L'acteur-réalisateur-photographe-peintre est décédé à l'âge de 74 ans, des suites d'un cancer de la prostate. On ne choisit pas sa façon de mourir, mais «l'éternel rebelle du cinéma américain aurait préféré, à la pathétique agonie déballée dans les tabloïds (cancer, divorce, avocats, fauteuil roulant, et son étoile inaugurée in extremis sur Hollywood Boulevard...), une fin plus en phase avec son existence déglinguée», raconte Jérémy Couston sur Télérama.

Une fin à la «Easy rider», que Hopper avait réalisé en 1968, un western moderne, ode à la liberté et aux paradis artificiels, avec Peter Fonda et Jack Nicholson. Avec ce rôle de biker chevelu défoncé à l'herbe chevauchant une moto, Hopper a ni plus ni moins révolutionné Hollywood. «L'impact de ce film, à la fois sur les réalisateurs et l'industrie du cinéma dans son ensemble fut ni plus ni moins un tremblement de terre, écrivait Peter Biskind dans un livre publié en 1998, «Easy Riders, Raging Bulls: How the Sex-Drugs-And-Rock 'n' Roll Generation Saved Hollywood» («Easy Riders, Raging Bulls : comment la génération sexe drogue et rock'nroll a sauvé Hollywood». «Hopper a été propulsé au panthéon des célébrités de la contre-culture, comme John Lennon, Abbie Hoffman et Timothy Leary», poursuivait l'auteur du «Nouvel Hollywood».

Hopper et Fonda étaient des renégats, ajoute Biskind, les Vietcongs de Beverly Hills, qui voulaient «battre Hollywood à son propre jeu, montrer qu'on pouvait se défoncer, s'exprimer et gagner de l'argent en même temps».

Après ce film, Hopper touchera un peu trop aux drogues en tout genre, s'écartera du cinéma, sauf pour deux apparitions démentes dans «Apocalypse Now» (1979), de Francis Ford Coppola, dans lequel il joue un reporter complètement à l'ouest et, l'année suivante, «le diamant noir de sa filmographie, le méconnu et ultra nihiliste “Out of the blue», ajoute Couston.

En 1985, Hopper préférera jeter l'éponge sur les drogues et l'alcool pour (mieux?) jouer le rôle d'un entraîneur de basket alcoolique («Hoosiers») et un défoncé à une substance inconnue («Blue Velvet») de David Lynch. S'en suivit une longue galerie de rôle de doux dingues ou carrément flippants psychopathes.

En permanence à contre-courant, il était rentré dans le rang du libéralisme made in Hollywood en 2008 en votant pour Obama. Lui qui s'était toujours affiché républicain... Un pedigree assez normal pour le dernier des cow-boys.

Lire l'article complet sur Télérama et le LA Times

Photo: Mario Anzuoni / Reuters

Slate.fr

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