Société

2021, année record pour les violences par arme à feu dans les écoles américaines

Temps de lecture : 2 min

Malgré deux mois de fermeture pour cause de pandémie, le chiffre de 2018 est pulvérisé.

À Oxford, dans le Michigan, hommage aux quatre ados abattus par Ethan Crumbley, 15 ans, le 30 novembre 2021. | Emily Elconin / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
À Oxford, dans le Michigan, hommage aux quatre ados abattus par Ethan Crumbley, 15 ans, le 30 novembre 2021. | Emily Elconin / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Au moins quarante-deux actes de violence par arme à feu ont été recensés en 2021 dans les établissements scolaires américains: c'est le terrible bilan dressé par le Washington Post. Un record absolu, qui surpasse de loin les trente cas comptabilisés en 2018. Ce chiffre est d'autant plus inquiétant qu'il correspond à une année au cours de laquelle les écoles sont restées fermées durant les deux premiers mois.

Rien qu'en 2021, 34.000 jeunes gens ont été exposés à des violences par arme à feu dans le cadre de leur scolarité. Au total, depuis la tristement célèbre tuerie de Columbine, survenue en avril 1999 et qui marque le début de la collecte de données sur le sujet, ils sont 285.000 à avoir vécu de près ou de loin ce genre de traumatisme. Précisons que ces chiffres concernent des établissements allant de la maternelle au secondaire.

Le nombre de victimes, lui, n'a heureusement pas atteint les sommets de 2018 (trente-trois morts). Mais l'année 2021 aura néanmoins fait neuf morts parmi les jeunes gens, ainsi que trente-six blessés. Si le bilan n'est pas plus élevé, c'est parce que seules deux des quarante-deux utilisations d'armes à feu recensées peuvent être considérées comme des tueries de masse, lorsque les auteurs tirent sans discernement afin de faire le plus grand nombre de victimes. Cette année, il a surtout été question d'initiatives individuelles et ciblées.

Reste que depuis 2018, aucun drame n'avait été aussi meurtrier que le quadruple assassinat commis par Ethan Crumbley, 15 ans, dans son lycée d'Oxford (Michigan) le 30 novembre 2021. Les parents du jeune homme, qui risque la prison à vie, ont été arrêtés car leur responsabilité est en cause. Jennifer et James Crumbley sont en effet accusés de négligence: ils auraient laissé à leur fils la possibilité d'accéder à des armes à feu, quand bien même ils avaient conscience de son état instable –torture d'animaux incluse.

Éduquer (les parents) et prévenir

Après Oxford, quinze sénateurs et quatre-vingt-dix-neuf membres de la Chambre des représentants, tous démocrates, ont cosigné une lettre adressée à Miguel Cardona, secrétaire d'État à l'Éducation, lui demandant de travailler au plus vite sur un plan à destination des parents. Objectif: leur faire prendre conscience que l'accès à leurs armes à feu doit être aussi sécurisé que possible afin qu'aucun enfant ou ado ne puisse s'en emparer.

Les politiques demandent aussi qu'en cas de tragédie, les parents n'ayant pas fait le nécessaire à ce niveau soient passibles de peines de prison, ce qui n'était pas le cas jusqu'alors. Porte-parole de la NRA, l'association américaine qui protège le droit de posséder et porter des armes, Amy Hunter a indiqué que son organisation était favorable au stockage sécurisé des armes possédées par les Américains, mais qu'elle s'opposait en revanche à ce que des lois soient créées à ce sujet.

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Plusieurs dispositifs mis en place dans certains établissements américains gagneraient visiblement à être démocratisés dans l'ensemble du pays. C'est le cas du Say Something Anonymous Reporting System, déjà en vigueur dans 5.500 écoles, qui permet aux enfants et ados de signaler anonymement leurs inquiétudes à propos du comportement ou des intentions préoccupantes de l'un de leurs camarades. Ce système développé par Sandy Hook Promise, association à but non-lucratif créée par des parents endeuillés, aurait déjà permis d'empêcher soixante-huit actes de violence par arme à feu, dont au moins sept tueries de masse.

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