Économie

Les gouvernements menacent la reprise économique

Temps de lecture : 2 min

Les marchés financiers sont à leur plus haut niveau d'anxiété depuis un an, comme l'attestent l'ensemble des indices boursiers.

The Economist y voit deux raisons principales: d'abord, la santé inquiétante de l'économie mondiale (dette de l'Europe, bulle immobilière chinoise, ralentissement de la croissance américaine...), mais aussi et surtout les politiques gouvernementales. Pour l'hebdomadaire britannique, l'incompétence et l'impuissance des dirigeants de la planète font peser le risque d'une nouvelle récession.

La fragilité de la reprise, souvent pointée du doigt, est certes exagérée. Partout, des signes positifs indiquent que les économies se portent mieux: la Chine combat avec vigueur l'inflation des prix de l'immobilier, la consommation est repartie aux Etats-Unis et même en Europe où les perspectives semblent moins réjouissantes, une rechute brutale est peu envisageable.

Et pourtant les marchés sont au bord de la crise d'angoisse. La faute aux dirigeants, particulièrement ceux du Vieux Continent. Les pays européens ont besoin d'une réforme structurelle profonde: réorganisation du marché du travail dans les pays du Sud, limitation des mesures d'austérité au Nord et politique monétaire plus lâche de la part de la BCE (en clair, laisser filer l'inflation). Mais ce n'est pas la position de l'Allemagne, qui invite l'ensemble du continent à suivre l'exemple de ses sévères coupes budgétaires. Et condamne la zone euro à une stagnation de longue durée.

Des écueils similaires guettent les gouvernements étrangers, notamment sur les taux de change. La Chine traîne par exemple des pieds pour la réévaluation du yuan, pensant que la crise de l'euro rend cette mesure facultative.

Au niveau fiscal, le dilemme des responsables occidentaux se situe entre l'application de plans d'austérité prématurés et la détérioration sans fin des finances publiques. Dans les pays aux déficits les plus forts, la crainte d'une déconfiture du marché des obligations oblige à agir rapidement. C'est un des principaux défis du gouvernement britannique de James Cameron.

C'est finalement l'Amérique qui semble le mieux s'en sortir pour The Economist. Le déficit budgétaire est bien sûr abyssal, mais avec des taux d'intérêt faibles et un dollar fort, les Etats-Unis sont mieux placés que les Européens et leurs mesures d'austérité.

«Le monde est nerveux pour de bonnes raisons », conclut l'hebdomadaire. «Les jugements des hommes politiques sont souvent irraisonnés. C'est aujourd'hui la menace principale pour l'économie mondiale.»

[Lire l'article dans The Economist]

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Photo: Raffinerie / Reuters

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