Santé

L'ère de l'autotest ne fait que commencer

Temps de lecture : 2 min

Test de glycémie, test de grossesse, et maintenant autotest antigénique: nous n'avons sans doute pas fini de nous auto-diagnostiquer à domicile. Ce qui n'est pas sans risque.

Le test Galleri, expérimenté actuellement, pourrait permettre de diagnostiquer une cinquantaine de cancers. | Annie Spratt via Unsplash
Le test Galleri, expérimenté actuellement, pourrait permettre de diagnostiquer une cinquantaine de cancers. | Annie Spratt via Unsplash

Depuis de nombreuses années, on peut tester sa glycémie ou réaliser un test de grossesse sans l'aide d'un membre du personnel de santé. L'irruption dans nos vies d'un certain Covid-19 a fait émerger un autre type de test réalisable hors milieu médical: l'autotest antigénique, qu'il est possible de préférer à un test PCR dans certaines conditions.

Pour Wired, la démocratisation de ce genre d'autotests marque le début d'une nouvelle ère. Si auparavant, seules certaines catégories de personnes (diabétiques ou munies d'un utérus) y avaient recours, un très grand nombre d'individus a désormais intégré le clan de celles et ceux qui pratiquent l'autotest médical. Et il n'y a apparemment aucune raison pour que cela s'arrête.

Ce qui va permettre d'étendre la gamme des tests à réaliser depuis son domicile, c'est l'augmentation de leur précision. La diminution du nombre de faux positifs et de faux négatifs permettra de rendre ces autotests moins hasardeux.

L'article donne l'exemple du test Galleri, actuellement en phase d'expérimentation, qui se base sur un prélèvement sanguin pour détecter plus de cinquante types de cancer, et ce de façon incroyablement précoce. Mais d'autres tests plus anodins, utilisables de façon quotidienne ou presque, permettront à ceux qui le souhaitent de suivre de près certaines de leurs constantes.

Vers un accroissement des inégalités?

Moins invasifs, plus faciles à utiliser, les autotests gagnent en accessibilité: nul besoin d'avoir passé son diplôme d'infirmier pour parvenir à les réaliser dans des conditions satisfaisantes.

Wired s'interoge cependant sur les potentielles conséquences négatives de cette entrée dans l'ère de l'autotest. On peut notamment redouter une augmentation du nombre de personnes demandant à être opérées de façon préventive, non pas parce qu'elles sont malades, mais uniquement au nom de la probabilité de contracter une maladie. Les listes d'attente étant déjà surchargées, il convient de se demander s'il est bon que des patients viennent les allonger encore au nom d'une simple inquiétude.

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Un tel système risquerait en outre d'avantager, ô surprise, les individus les plus aisés. Une personne riche finirait par obtenir la priorité sur une personne malade et pauvre parce qu'elle aurait juste réalisé un autotest préoccupant. Sans modification profonde de nos systèmes de santé, l'ère de l'autotest ne sera pas juste l'ère de l'autotest: elle sera celle de l'accroissement des inégalités face aux soins.

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