Monde

Amoureuses d'un prêtre, elles écrivent au Pape

Slate.fr, mis à jour le 28.05.2010 à 11 h 56

Une lettre, des amours cachés, une révolte contre le système établi... De la littérature guimauve? Sauf que ce n'est pas une histoire d'ado, mais une contestation du célibat des prêtres, explique le Guardian.

Quarante femmes italiennes ayant eu des relations avec des prêtres catholiques ont adressé une lettre au Pape. Avec une demande bien claire: la liberté d'aimer leur homme. Les prêtres ont besoin «d'éprouver des sentiments, d'aimer et d'être aimés», écrivent-elles. Un appel à la compréhension donc. Envers les prêtres, et envers elles-mêmes, qui «vivent en secret les rares moments que le prêtre peut leur accorder, et qui supportent tous les jours les doutes, les peurs, et les insécurités de leur homme».

Et c'est le Pape lui-même qui aurait poussé ces Italiennes à manifester leur mécontentement. En mars, le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, avait déclaré que la fin du célibat des prêtres pourrait diminuer le nombre d'abus sexuels envers les enfants. Une suggestion qu'il a vite dû retirer, après que le Pape a rappelé le «le saint principe du célibat».

Si la réponse du Pape a fait taire l'archevêque de Vienne, la proclamation de «la sainteté de quelque chose qui n'est pas saint» a irrité les auteures de la lettre, qui passent à l'attaque. Les prêtes mariés existaient dans les premiers siècles du christianisme. Et même aujourd'hui, les prêtres qui suivent les rites catholiques orientaux peuvent se marier, tout comme ceux qui se sont mariés en étant anglicans, avant de se convertir à l'Eglise catholique romaine.

Des femmes bien documentées donc... mais le sujet reste sensible, et la plupart ont préféré garder l'anonymat. Stefania Salomone est l'une des rares à avoir signé la lettre, publiée sur le forum Il Dialogo. Elle explique qu'elles ne sont que trois, sur 40, à avoir fait ce choix. La lettre a été publiée sur internet le 28 mars. Mais ce n'est que le 26 mai, presque deux mois plus tard, qu'elle est reprise par l'agence globalPost.

Si Stefania, 42 ans, n'a eu qu'une relation platonique, ce n'est pas le cas de toutes les femmes. Antonella Carisio, une autre signataire, a eu une véritable affaire avec un prêtre brésilien qui venait souvent dormir chez elle. Quand leur relation a été découverte, le prêtre a été transféré à Rome. «Quand il est parti, il m'a donné une alliance», a déclaré Antonella.

[Lire l'article sur The Guardian]

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Photo: Soldiers celebrate Mass with Italians in Vicenza / US Army Africa via Flickr CC License by

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