Sciences / Culture

Le rituel viking de l'«aigle de sang» est anatomiquement possible

Temps de lecture : 2 min

Des preuves de cette pratique, rendue célèbre grâce à la série télé «Vikings», n'ont en revanche jamais été trouvées par les archéologues.

Les Vikings auraient utilisé un fer de lance pour réaliser le sacrifice de l'«aigle de sang». | Gioele Fazzeri via Unsplash
Les Vikings auraient utilisé un fer de lance pour réaliser le sacrifice de l'«aigle de sang». | Gioele Fazzeri via Unsplash

Ceux qui ont visionné la série Vikings ont probablement l'image en tête. Pour les autres, le sacrifice de «l'aigle de sang» consiste, selon la légende, à ouvrir le dos d'un ennemi pour lui sectionner les côtes de la colonne vertébrale afin d'extraire les poumons du corps, qui s'étaleraient alors de part et d'autre du dos comme des ailes.

À ce jour, aucune preuve archéologique ne certifie que la pratique ait existé. Seuls de la poésie orale et des récits médiévaux, couchés sur le papier des siècles plus tard, mentionnent ce rituel. Plutôt que d'essayer de trancher la question «L'aigle de sang a-t-il existé?», des scientifiques ont tenté de savoir s'il aurait été réalisable à l'époque des Vikings. «Notre réponse est un oui clair», écrit Luke John Murphy, chercheur en archéologie à l'Université d'Islande dans The Conversation.

Un fer de lance comme outil de torture

«En utilisant les connaissances modernes de l'anatomie et de la physiologie, ainsi qu'en procédant à une réévaluation minutieuse des neuf récits médiévaux du rituel, nous avons étudié quel effet un aigle de sang aurait eu sur le corps humain», explique l'archéologue. Si l'opération est difficile, elle n'est cependant pas impossible à réaliser, ajoute-t-il, même avec la technologie de l'époque. Les résultats de l'étude suggèrent qu'un type particulier de fer de lance viking aurait été utilisé pour réaliser ce sacrifice. «Une telle arme pourrait même être représentée sur un monument en pierre trouvé sur l'île suédoise de Gotland, où une scène gravée représente quelque chose qui aurait pu être un aigle de sang ou une autre exécution», décrit Luke John Murphy.

Même soigneusement effectué, ce rituel aurait entraîné la mort de l'ennemi très rapidement. Il n'aurait donc pas été possible de remodeler ses côtes en ailes, et l'étape de l'extraction des poumons aurait eu lieu alors que la victime était déjà morte. Un dernier souffle pour faire battre les «ailes», comme relaté dans certains récits, est donc anatomiquement impossible à envisager.

Mutiler des cadavres ou effectuer des rituels sur ces derniers n'était pas une pratique habituelle chez les Vikings, mais l'élite guerrière pouvait s'y livrer dans certains cas, note l'équipe de recherche. «L'aigle de sang» semble avoir été un cas extrême de ce genre de comportement, mené uniquement dans des circonstances exceptionnelles. Il devenait un moyen pour un guerrier de sauver son image et de récupérer son honneur perdu.

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