Sciences

Homo sapiens n'est pas le premier humain à s'être rendu sur le plateau tibétain

Temps de lecture : 2 min

C'est l'Homme de Denisova qui nous a transmis les gènes nécessaires à l'adaptation à la haute altitude.

L'installation définitive d'Homo sapiens sur la plateau tibétain ne peut avoir eu lieu qu'après la dernière période glaciaire, soit il y a 11 000 ans. | CupFish via Pixabay
L'installation définitive d'Homo sapiens sur la plateau tibétain ne peut avoir eu lieu qu'après la dernière période glaciaire, soit il y a 11 000 ans. | CupFish via Pixabay

Si nos ancêtres, connus sous le nom de Dénisoviens, n'avaient pas existé, notre propre espèce ne se serait probablement jamais rendue sur le plateau tibétain, explique Science Alert.

Vaste étendue de terres située à 4000 mètres au-dessus de la mer et à la croisée de la Mongolie, de la Chine et de la Russie, le plateau tibétain est au cœur de nombreux débats scientifiques concernant les populations qui l'ont occupé au cours des 160 000 dernières années. Le «toit du monde» est considéré comme l'un des derniers endroits où Homo sapiens s'est installé de manière permanente. Malgré les recherches existantes, les interprétations des résultats sont complexes et une question demeure: y'a-t-il toujours eu des humains sur le plateau tibétain?

En combinant des éléments archéologiques et génétiques, des chercheurs ont publié un article dans lequel ils développent deux modèles d'occupation: l'un discontinu, l'autre continu. Dans le premier, les humains se seraient rendus par intermittence sur la plateau tibétain pendant des dizaines de milliers d'années, jusqu'à ce qu'ils s'y installent définitivement il y a environ 9 000 ans. Au contraire, d'autres preuves indiquent qu'une colonisation permanente a eu lieu il y a 30 000 ans.

Des gènes encore présents aujourd'hui

Et si tel est le cas, alors la lignée génétique qui a suivi aurait permis aux descendants des premiers arrivants de vivre là où l'air est connu pour se faire rare. D'après des analyses d'ADN récentes, une seule rencontre entre l'espèce Dénisovienne et l'espèce Homo sapiens en Asie de l'Est il y a 46 000 ans aurait pu donner à notre espèce les gènes nécessaires pour s'installer dans un environnement aussi pauvre en oxygène. «Bien que nous ne sachions pas si les Dénisoviens étaient adaptés à la haute altitude, la transmission de certains de leurs gènes pourrait changer la donne des milliers d'années plus tard pour que notre espèce s'adapte à l'hypoxie», explique l'anthropologue Nicolas Zwyns de l'Université de Californie.

Aujourd'hui, la plupart des Tibétains modernes ont un ADN contenant une variation spéciale du gène Endothélial Pas1 (EPAS1), qui aide les humains à résister au manque d'oxygène que l'on trouve à haute altitude. Selon les auteurs de l'article, des recherches génétiques récentes ont montré que tous les Asiatiques de l'Est, y compris les Tibétains, possédaient les mêmes schémas d'ADN que le Dénisovien, ce qui suggère que les gènes régionaux proviennent du même événement de métissage, qui s'est probablement produit il y a 46 000 ans.

Ainsi, ce n'est qu'après ce croisement qu'Homo sapiens aurait pu atteindre le «toit du monde», et sûrement grâce aux gènes transmis par les Dénisoviens.

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