France

400 déserteurs dans l'armée de terre

Slate.fr, mis à jour le 28.05.2010 à 9 h 57

«Devenez vous-même»: l'armée de terre française, qui se flatte d'être le premier recruteur de France lançait récemment sa campagne 2010-12 avec l'ambition de «révéler la transformation positive de l'individu». Mais il faut croire que ce message ne convainc pas tout le monde au sein de ses troupes: «A la date du 8 décembre 2009, 391 militaires étaient considérés comme déserteurs au sein de l'armée de terre», a répondu le ministère de la Défense à une question écrite de Marylise Lebranchu, députée PS du Finistère. Un chiffre rapporté par le blog Secret Défense, qui promet de publier ceux de l'armée de l'air et la marine s'il les obtient.

391 déserteurs, cela semble beaucoup, mais on ne peut pas comparer aux années précédentes, le ministère de la Défense ne détenant pas de données avant qu'ait été émise la directive ministérielle du 10 décembre 2009 relative à la lutte contre l'absentéisme des militaires.

Mais en l'absence de chiffres précis, le ministère de la Défense estime que «ces dernières années», «les absences irrégulières non justifiées faisant l'objet d'une procédure de désertion ont concerné annuellement près de 2.000 militaires de l'armée de terre».

Les sanctions encourues par les militaires en cas de désertion sont à la fois pénales, disciplinaires et financières. Sur le plan disciplinaire, le commandement mène une politique rigoureuse de sanction, explique Jean-Dominique Merchet:

Les sanctions appliquées pour une première désertion sont de l'ordre de 20 jours d'arrêts et de 40 jours pour une deuxième désertion. Au-delà, une résiliation de contrat est envisagée au titre du commandement.

Dans l'armée, la désertion est considérée très souvent comme un crime sérieux, mais surtout en temps de guerre, où les peines peuvent aller jusqu'à l'éxécution. Pour un petit voyage dans le temps, rappelons qu'en France sous l'Ancien Régime les déserteurs étaient condamnés à mort, jusqu' à une ordonnance de Louis XVI en 1776 qui leur impose la chaine et le boulet. Pendant la Première Guerre mondiale, le nombre des condamnations pour désertion avait augmenté brusquement pendant et après les mutineries de 1917, année où elle avaient concerné 21.174 soldats.

[Lire l'article sur le blog Secret Défense]

Vous souhaitez proposer un lien complémentaire sur ce sujet ou sur tout autre sujet d'actualité? Envoyez-le à infos @ slate.fr

Photo: Marching/eeliuth via Flickr CC License by

À LIRE ÉGALEMENT SUR L'ARMÉE ET SA CAMPAGNE DE RECRUTEMENT: L'armée française n'est pas joueuse

Slate.fr
Slate.fr (9124 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte