France

Non, Sarkozy n'a pas changé

Slate.fr, mis à jour le 27.05.2010 à 11 h 53

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Nicolas Sarkozy piégé? Non, il n'a simplement pas changé. Devant 1.300 adhérents UMP, lors d'une réunion à huis clos dans l'Oise, il s'est lâché et est sorti de la réserve qu'on croyait sienne ces dernières semaines, notamment depuis la défaite de la majorité aux élections régionales. Plus que les railleries concernant les batailles internes au PS ou la conviction affichée, c'est le ton offensif qui crée l'engouement médiatique et des réactions au sein du PS.

Les journalistes du Parisien, présents au meeting, rapportent le discours auto-satisfait de son bilan et critique vis-à-vis de ses prédécesseurs de Nicolas Sarkozy. Tout le monde a droit à son petit tacle, au sein de sa famille politique en passant par l'ancien président socialiste, François Mitterrand:

«Souvenez-vous qu'on se contentait de scores de 20% au premier tour des présidentielles», tacle Sarkozy, qui accuse en creux Chirac d'avoir trahi les Français et de leur avoir menti. «Il n'y a pas de fatalité à la trahison de nos engagements électoraux», lâche-t-il. (...) «Si la gauche n'avait pas mis en œuvre les 35 heures et si M. Mitterrand n'avait pas ramené la retraite de 65 à 60 ans, mon travail aujourd'hui serait beaucoup plus facile!

Pas d'apaisement donc, et le président le dit lui-même: «A ceux qui pensent que j'ai changé, je crains une petite déception!»

S'il en est un, dans le camp sarkozien qui vraiment fait preuve de plus de discrétion, c'est son «dauphin», Jean Sarkozy. Alors qu'une biographie vient de paraître sur le fils cadet du Président, annonce le site 20minutes.fr, des proches du président du groupe UMP au conseil général des Hauts-de-Seine témoignent du coup de massue qu'a constitué «l'épisode Epad». «Il est plus réservé qu'avant, moins mordant (...) plus dans la réflexion, il ne veut pas que ses actes portent atteinte à son père et ses proches», confirme le conseiller général Hervé Marseille. Discret certes, mais aussi un peu grillé:

S'il engage de temps en temps des petits bras de fer avec Patrick Devedjian, le patron du 92, beaucoup pensent qu'il a renoncé à lui voler sa place. Et lorgnerait davantage sur un poste de député, moins exposé symboliquement.(...) Un ténor de la politique du 92 observe: «Dans tous les cas, ça sera très difficile pour lui désormais.»

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Photo: Nicolas Sarkozy et son fils Jean Sarkozy, Charles Platiau / Reuters

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