Société / Économie

Les trois freins à la créativité en entreprise

Temps de lecture : 3 min

Les dirigeants citent souvent l'innovation comme un moteur essentiel. Pourtant, les organisations mises en place ne la facilitent que rarement.

Pour un brainstorming efficace, il faut que les employés réfléchissent seuls avant de se réunir pour discuter. | Jason Goodman via Unsplash
Pour un brainstorming efficace, il faut que les employés réfléchissent seuls avant de se réunir pour discuter. | Jason Goodman via Unsplash

Être original et créatif, voilà ce que demandent régulièrement les employeurs à leurs futurs salariés. Une enquête PwC, réalisée en 2017 auprès de 1.379 PDG, montrait que l'innovation est une priorité absolue pour la plupart des entreprises. La même enquête révélait que 77% des dirigeants avaient du mal à trouver des employés dotés de compétences créatives et innovantes. L'année dernière, une analyse de LinkedIn a classé la créativité comme la compétence non technique la plus demandée sur le réseau. On pourrait donc s'attendre à ce qu'elle soit facilement mettable en œuvre une fois en poste.

Or, la réalité sur le terrain montre qu'il est compliqué pour les salariés de se montrer inventifs. Les entreprises ont du mal à mettre en place des environnements créatifs, notamment à cause de processus subtils et profondément enracinés qui freinent cette culture. D'après la Harvard Business Review, les managers et patrons doivent se débarrasser de trois fausses idées pour enfin favoriser la créativité de leurs équipes.

Vouloir aller vite

Les dirigeants assimilent souvent, à tort, vitesse de prise de décision et innovation, avec l'idée que la lenteur des process étouffe l'innovation. Pourtant, la Harvard Business Review explique qu'il est difficile d'être innovant et de faire preuve d'efficacité quand on pense et qu'on agit (trop) vite.

Pour une efficacité sur du long terme, il est donc conseillé de ralentir le rythme. Il faut résister à la tentation de trouver une solution rapidement (et souvent de manière moins créative) et inciter plutôt l'équipe à continuer de chercher d'autres idées, des solutions plus innovantes et plus ambitieuses.Quand on veut répondre rapidement à un problème, on ne le traite souvent pas sur le fond. Il risque alors d'émerger à nouveau et de présenter de nouvelles difficultés. De plus, un des aspects clé de la créativité, c'est la capacité à garder l'esprit ouvert même lorsqu'on a déjà trouvé une solution potentielle.

Primer les idées individuelles

La pensée créative est plus exigeante sur le plan cognitif que la pensée logique, écrit la Harvard Business Review. Le cerveau prend plus de temps à synthétiser une idée, ce qui signifie que la créativité est une compétence d'ordre supérieur, qui mobilise davantage cet organe. Concrètement, cela signifie qu'analyser et critiquer une idée est plus facile que d'en synthétiser une nouvelle à partir de plusieurs sources.

Cependant, en pratique, les dirigeants ont tendance à récompenser davantage les «critiques» que les «synthétiseurs», car les premiers paraissent plus intelligents. Ce qu'il faut au contraire, c'est créer un climat de confiance et d'échange pour que chacun soit libre d'exposer de nouvelles idées sans crainte d'être jugé.

Et surtout, il convient d'encourager à s'appuyer sur les idées des autres au lieu de pousser des idées individuelles. Cela ne signifie pas que les idées de tous doivent être acceptées aveuglément, mais utiliser le «plussing» ou l'approche similaire «oui, mais, et» est une excellente piste à suivre.

Faire des brainstorming mal préparés

Ce qui vient automatiquement en tête lorsqu'on évoque le brainstorming, c'est de se réunir en groupe et de partager ses idées. Mais selon une étude conduite par Yale, la façon dont nous les organisons traditionnellement ne porte pas suffisamment ses fruits.


En revanche, le brainstorming nominal, où les membres de l'équipe réfléchissent d'abord de manière individuelle avant de se retrouver en groupe pour partager leurs idées, est beaucoup plus efficace. Les résultats fournis par Yale indiquent que le nombre d'idées qui en ressort est multiplié par deux par rapport aux brainstorming classiques.Le brainstorming de groupe est désavantageux pour plusieurs raisons: certaines personnes n'ont pas l'occasion de proposer leurs idées, d'autres ne le font pas par peur d'être jugées, sans compter que les structures de pouvoir et la paresse sociale n'aident pas à être créatif.

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Pour obtenir des idées créatives, il faut donc laisser chacun réfléchir de son côté avant de réunir le groupe pour assurer la cohésion sociale, le partage et l'amélioration des idées innovantes. Cerise sur le gâteau pour parvenir à créer toutes ces conditions: les managers doivent adopter un leadership inclusif.

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