Sciences

Les rongeurs pourraient être des porteurs asymptomatiques du Covid-19

Temps de lecture : 2 min

Et constituer des réservoirs de virus aussi nouveaux que dangereux pour les primates que nous sommes.

Ces petits mammifères ont été exposés à des infections répétées de coronavirus durant une partie considérable de leur évolution. | Pixabay via Pexels
Ces petits mammifères ont été exposés à des infections répétées de coronavirus durant une partie considérable de leur évolution. | Pixabay via Pexels

On commence à le savoir: les coronavirus comme le SARS-CoV-2, responsable de la pandémie de Covid-19, constituent une classe d'agents pathogènes dangereux pour la santé des êtres humains. Mais que ce soit chez nous ou dans le reste du règne animal, le fait est que la gravité des symptômes causés par ces types de virus peut varier du tout au tout. L'évolution pourrait-elle nous aider à comprendre pourquoi?

Si l'on en croit une étude de génomique comparative publiée le 19 novembre, la réponse est oui. Menée par Sean King et Mona Singh, chercheurs en biologie moléculaire et en génomique intégrative à Princeton, elle montre que différents mammifères pourraient avoir été différemment exposés aux coronavirus au cours de leur évolution, ce qui rendrait certaines espèces actuelles plus résistantes et tolérantes que d'autres, en particulier chez les rongeurs. Ce qui indique également que ces bestioles, tout en étant génétiquement immunisées, pourraient constituer des réservoirs de virus aussi nouveaux que dangereux pour notre espèce.

Une entrée par les récepteurs ACE2

King et Singh ont analysé l'évolution des récepteurs ACE2, dont se servent les virus du SRAS et du Covid-19 pour pénétrer dans les cellules des mammifères. Il en ressort que les primates possèdent des séquences d'acides aminés très stables dans les sites de ce type de récepteurs, connus pour se lier aux virus.

En revanche, dans ces mêmes sites, bien des rongeurs se caractérisent par une plus grande diversité et un taux d'évolution plus rapide. Ce qui, dans l'ensemble, indique que les infections de type SRAS n'ont pas été une pression sélective d'importance pour les primates, contrairement aux rongeurs, qui ont manifestement été exposés à des infections répétées de coronavirus durant une partie considérable de leur évolution. Et qui pourraient aujourd'hui être des porteurs asymptomatiques, y compris pour des virus n'ayant pas encore été découverts...

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