Apprendre moins pour réussir plus
Seul un allègement massif des programmes permettrait à un plus grand nombre d’enfants de «rester dans la course». Une tribune d'un internaute de Slate.fr.
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Nous sommes en 2007 lors du débat Ségolène Royal-Nicolas Sarkozy du 2e tour de l'élection présidentielle. Aucun des candidats ne connaît la part de l'électricité produite par énergie nucléaire en France. Les duellistes évoquent 20 à 30% alors que le vrai chiffre est 80%. Quelques intellectuels s'amusent, mais l'évènement ne choque pas. Il s'agit pourtant d'une notion fondamentale du programme de géographie de lycée, le genre de savoir que nombre d'enseignants et de parents estiment devoir faire partie de la culture générale indispensable à chaque citoyen. Des acquis incontournables comme celui-ci remplissent nos programmes éducatifs. On apprend maintenant la structure de l'ADN en seconde, la trigonométrie en 4e et vingt dates sont à retenir par cœur pour la seule période de la Révolution française au lycée.
Sans soutien des parents, pas de salut?
Sans une aide extérieure, combien d'enfants seraient capables d'assimiler les connaissances nécessaires pour réussir un parcours scolaire complet? Pratiquement aucun. A 8, 12 ou 16 ans, il faut avoir une volonté exceptionnelle pour fournir spontanément l'effort de travail exigé par l'école. Une écrasante majorité des enfants, pourtant parfaitement «normaux», se retrouvent potentiellement en difficulté. Heureusement pour nombre d'entre eux, le salut existe: des parents motivés, éduqués et disponibles. C'est ainsi que l'école «reproduit» les appartenances sociales et que l'on retrouve 50% d'enfants d'enseignants à l'Ecole Polytechnique, comme le soulignait récemment Eric le Boucher dans Slate. Et certains pensent encore que c'est un système qui marche!
Il faut bien comprendre qu'aucun dispositif de soutien ne pourra rivaliser avec l'investissement de ces parents prêts à consacrer deux heures par jour aux devoirs de leur enfant. Une telle «aide individualisée» impliquerait un effort humain et financier sans commune mesure avec les quelques heures de soutien en petit groupe accordées actuellement. Il faut donc chercher d'autres réponses qui soient à la fois efficaces et réalistes.
865 heures par an
Les programmes scolaires français sont chargés à bloc. A 8 ans, nos enfants passent 865 heures par an en classe contre 625 heures en Allemagne, 530 heures en Finlande ou 656 heures au Japon (chiffres OCDE 2005). Pour quels résultats? Les ingénieurs français sont-ils 38% meilleurs que les ingénieurs allemands? Ce n'est en tout cas pas leur réputation. Remplacer par du foot ou de la musique tous les après-midi de la semaine ne semble donc pas avoir d'impact sur le niveau moyen des élèves en fin de cycle scolaire. Pourtant, ceci aurait un impact considérable sur l'inégalité des chances à l'école. Un allègement massif des programmes permettrait à un plus grand nombre d'enfants de «rester dans la course» pendant toute leur scolarité sans nécessiter l'investissement considérable consenti par certains parents. En donnant moins de poids à l'accumulation des connaissances et plus au sens de la responsabilité de l'enfant, puis de l'adolescent, nous pourrions former des jeunes ayant, à la fin du secondaire, une maturité suffisante pour se plonger réellement, s'ils en ont la volonté et la capacité, dans une discipline professionnelle ou académique.
Alléger les programmes
A de tels arguments, on oppose souvent l'exemple de tel fils d'ouvrier ou d'agriculteur devenu normalien/polytechnicien via la juste école républicaine. Il faut bien comprendre que de telles histoires personnelles, souvent propagées par des personnes trop facilement persuadées de représenter un exemple de réussite, ne peuvent pas démontrer le bien-fondé de l'ensemble du système. Les rares cas de réussite s'accompagnent d'une hécatombe d'enfants certainement aussi brillants mais impitoyablement éliminés parce que leur maturité insuffisante ne leur permettait pas, à 10 ou 15 ans, de suivre le rythme imposé. Combien de sacrifiés pour un Albert Camus? Combien d'autres Albert Camus n'ont jamais pu réaliser leur potentiel?
La seule solution réaliste pour lutter contre l'inégalité scolaire, c'est une réduction drastique des volumes des programmes, de la maternelle au lycée, accompagnée de la mise en place, dans le temps libéré, de nouvelles structures d'accueil et d'éveil. En voyant la levée de bouclier qu'a récemment causée la perspective d'un cours d'histoire optionnel en terminale scientifique, on voit bien que le combat est loin d'être gagné. La forteresse des savoirs académiques ne sera pas abattue facilement. Elle aura pour défenseurs ces heureux gagnants qui ne comprennent pas pourquoi les autres familles ne s'organisent pas pour aider leurs enfants comme la leur l'ont fait pour eux. Le lobby des perdants n'existant pas, il faudra peut-être leur opposer le lobby des pédagogues, ou celui des animateurs sportifs ou artistiques qui auraient tout à gagner à un rééquilibrage entre l'apprentissage scolaire et l'éveil personnel.
Daniel Gautheret
Photo: Noa Strupler/ND Strupler via Flickr CC License byMis à jour le 25/05/2010 à 17h43











































.. ne reprenez pas l'article discutable (et discuté) de M.Le Boucher!
On peut se demander pourquoi le lobby des pédagogues, aussi actif en France, n'a pas réussi à faire modifier les choses! Effet NIH sans doute!
Et ne pas oublier ceux qui ont des moyens intellectuels et une maturité supérieurs à la moyenne, ils ont aussi le droit d'avoir des structures spécialisées qu'on leur refuse mais qu'on donne volontiers aux jeunes footballeurs prometteurs!
Pourquoi se priver des élites brillantes comme MM. de Gennes ou Charpak et ne pas en susciter d'autres?
Il faut certainement alléger les programmes pour favoriser l'équité.
De là à dire que c'est la solution unique...
Et vous reprenez le chiffre de 50% d'enfants d'enseignants à l'X. Mais ni M. Le Boucher, ni vous, n'en avez donné la source, qu'on attend toujours.
Rebonjour, et ne croyez pas que je vous poursuis à travers les articles.
Hélas, Pierre-Gilles De GENNES est mort depuis 3 ans, et il a vraiment donné beaucoup de son temps pour faire découvrir et aimer la science aux plus jeunes
je suis scientifique de formation et connais assez bien la biographie de Pierre-Gilles de Gennes ou celle de Georges Charpak et rien dans mon commentaire ("pourquoi se priver des élites comme ...") ne laisse entendre que j'ignore la mort de M. de Gennes le 18 mai 2007!
cordialement
Il s'agit simplement de gérer statistiquement les notes et les moyennes.
Si c'est travailler moins pour apprendre moins, l'échec sera identique.
Si c'est travailler moins pour apprendre plus, alors c'est génial, mais on ne sait pas faire. Alors on peut garder l'espoir puisque d'autres pays semblent être beaucoup plus performants en la matière. Mais comme il est quand même beaucoup plus simple de toiletter les statistiques, je ne suis pas très optimiste.
Cette logique typiquement bourdivine me semble procéder de celle de Khieu Semphan, l'idéologue des Khmers Rouges : "tant que quelqu'un possède quelque chose, l'égalité n'est pas réalisée". Effectivement, comme l'égalité n'est réalisable que dans la misère totale, c'est seulement dans l'ignorance que l'égalité devant le savoir sera possible. En se calant sur les moins brillants (pardon, les "aussi brillants mais à la maturité plus tardive"). Et encore : on se rendra alors compte qu'à égalité dans l'ignorance, certains sont plus débrouillards, certains ont des parents qui ont plus de relations, etc. Et en fait on se rendra compte qu'on n'a fait que renforcer les inégalités.
L'intelligentsia française adore cette logique stupide (couper tout ce qui dépasse) qui tourne invariablement à l'échec. Et du reste, comme elle a largement barre sur l'éducation nationale, elle ne s'est pas privée de l'appliquer depuis belle lurette sur les programmes : il suffit de comparer le programme de mathématiques de terminale S d'aujourd'hui à celui de la terminale C il y a 20 ans. On ne sache pas que l'inégalité sociale de l'école se soit réduite entre temps, bien au contraire. Ou encore le programme de base (lire-écrire-compter) du primaire, dilué, étamé sur le collège, par rapport à ce qu'il était à l'époque où bien plus d'élèves savaient lire-écrire-compter (la baisse de niveau est attestée par les résultats aux tests, et la comparaison point par point du programme entre maintenant et il y a quelques décennies se trouve sur le site de Sauver les lettres). La réforme incessante de l'éducation nationale depuis au moins 20 ans n'est rien d'autre que la baisse d'ambition des programmes, y compris sur les savoirs de base, au motif que le savoir est socialement discriminant (thèse chère à Bourdieu et consort), et qui s'est soldée par un dramatique échec, y compris au regard de l'évolution des inégalités : car pour ceux qui sont socialement défavorisés, l'école est le seul lieu où se remettre à égalité avec ceux qui peuvent apprendre grâce à leur famille. Encore faut-il bien sûr que l'élève le veuille : et c'est peut-être bien ce qui fait défaut dans notre société contemporaine, où passer à Secret Story fait plus rêver (et est il est vrai parfois plus rémunérateur en espèces sonnantes et trébuchantes) qu'apprendre le théorème de Pythagore. Mais là je crains qu'il n'y ait pas beaucoup de remèdes...
Il est difficile de moins connaitre le travail de Pierre Bourdieu.
C'est probablement un record en son genre.
Le dogmatisme poussé à l'extrême , et le manque évident de connaissances vous font produire des interventions qui rivalisent de contre sens , ou d'absence de sens.
Votre réplique lapidaire et péremptoire aurait une chance d'être potentiellement constructive et intéressante si vous précisiez en quoi ce que j'expose de la vulgate sociologique bien-pensante ne correspond pas à ce que vous sous-entendez qu'elle serait.
Voici, pour faire très court, ce que dit Bourdieu :
L'habitus tend à pérenniser la position objectivée de l'agent (on l’aura compris, ici l’élève) dans l'espace social...
Les différents capitaux que possède l'agent (l’élève), qu'ils soient économiques ou symboliques, lui permettront de naviguer à vue dans l'aire des possibles, délimitée par les structures des champs.
En d’autres termes et pour simplifier vraiment beaucoup, il est très difficile d’échapper à sa condition sociale et familiale. C’est le déterminisme. Ce déterminisme se vérifie par les statistiques (mathématiques des sciences sociales). Les glorieuses exceptions, Camus, Bourdieu lui-même, ne sont là que pour confirmer une sorte de règle.
C’est bien précisément la mission de l’EN que de faire bouger les lignes.
Si Bourdieu s’attaque à un savoir, il ne s’attaque pas au savoir. Ne l’oublions pas et ne lui faisons pas injure. Ce qui est en cause c’est la fabrication du code de la réussite scolaire et son appropriation par des gens de métier (à quelles fins ?). Au fond une partie du « savoir » qui n’en serait pas un au sens purement scolaire du terme, mais un corpus de repères et de clés offerts aux catégories dominantes pour se reconnaître et se reproduire. Et l’acquisition de ces faux savoirs est problématique pour beaucoup d’enfants, notamment ceux venant de milieux défavorisés.
La suppression des programmes de pans entiers du vrai savoir est bel et bien l’expression de la confiscation des codes et des clés pour les laisser dans certaines mains. Ces faux savoirs, eux, ne sont pas touchés. Ils restent comme les gardiens d’un ordre et d’une hiérarchie sociale figés. On comprend pourquoi. Que la mystification ne soit pas dénoncée, n’est au fond pas très étonnant, elle arrange les puissants ou ceux qui savent…
Les vrais savoirs eux, ceux à l’acquisition desquels on ne convie plus les « élèves sans clés », on les dispense aujourd’hui ou plus tard dans le cénacle des filières sélectives.
L’enfant de la « banlieue » n’a statistiquement que très peu de chances de se retrouver « chez lui » dans le dédale des filières, des codes et du langage… de son école. Il erre. La statistique ne dit pas combien de Bourdieu, de Camus, de Malraux… passent à la trappe ni combien de jeunes au potentiel moins prestigieux (évidemment les plus nombreux) se retrouvent « sans rien » dans une société où il faut néanmoins vivre ou survivre. Et alors, qu’est-ce qu’ils font ?
Je ne savais pas qu'il y avait plusieurs savoirs, et que les élites gardaient jalousement leur savoir pour eux et leurs progénitures. On vient de franchir la limite de la théorie du complot. Nous sommes en pleine science fiction où un certain savoir ésotérique serait caché au plus grand nombre.
(Tiens, ca pourrait faire un très beau scénario pour la prochaine grosse production hollywoodienne)
A vous entendre, il y a 3 personnes qui ont réussi à avoir un boulot à la sortie des études...
Que vous critiquiez parce que une majorité d'élève ne trouvent pas de boulot correspond à leur cursus, je comprendrai. Mais là, c'est un peu juste.
La dérision, pourquoi pas si elle sert une cause juste. Mais lorsqu'elle est le fruit de l'ignorance elle dessert toute cause.
"Selon Bourdieu, la force de ce dispositif de reproduction de l’ordre social (les grandes écoles et le système scolaire) tient au fait que l’ensemble de ceux qui y prennent part sont intimement persuadés que la réussite scolaire, et en particulier la réussite aux concours des grandes écoles, est affaire d’intelligence personnelle et de dons intellectuels. Cette conviction partagée est ce qui masque aux yeux de tous, et en particulier des “victimes” de l’institution, les fonctions objectives que remplit le système éducatif". Interprétation qu'on trouve à peu près en substance dans toutes les critiques consacrées sur ce point au sociologue/philosophe.
Nier les problèmes posés par Daniel Gautheret et par Eric le Boucher dans Slate relève d'une cécité regrettable. La sur-représentation de certaines catégories sociales dans les cénacles de la sélection scolaire est patente et fait l'objet de nombreuses publications.
L'Ecole ne remplit donc pas ou mal sa mission républicaine. Le dire n'a rien de profanatoire. Et vouloir un changement qui ne serait pas dicté de l'intérieur de l'instittution scolaire, ne l'est pas non plus.
Il y a bien plusieurs" savoirs", mot utilisé couramment au pluriel, et des codes sociaux ou catégoriels et des élites qui gardent consciemment ou non leur savoir. Il n'est jamais trop tôt ou trop tard pour intégrer ça ! Cela évite notamment d'avancer dans un débat de la plus haute importance pour la société française, des arguments futiles et enfantins. Et de se livrer à de plates caricatures de la pensée d'autrui.
Donc, une fois qu'on a décodé le jargon pédant de Pierre Bourdieu en langage commun (question au passage : ce jargon serait-il l'un de ces codes permettant de se reproduire entre-soi à la catégorie dominante du sociologue cherchant à capter la plus-value symbolique du discours scientifique pour mieux assoir le prestige de son magistère intellectuel ?), on apprend, outre que ce n'est pas bien différent de ce que j'en ai dit, qu'il y aurait de faux savoirs enseignés à l'école, et de vrais savoirs pas enseignés pour empêcher les fils d'ouvrier d'y accéder, au terme d'un vaste et pourpensé complot de la méchante bourgeoisie. Tout le monde a hâte de savoir quels savoirs sont de vrais savoirs, et quels sont de faux savoirs.
Je voulais juste signaler qu'on avait cessé de faire des humanités le critère de sélection scolaire en raison de leur caractère supposément socialement discriminant, puisqu'il s'agirait d'un savoir de classe. Ce au nom des théories de Pierre Bourdieu. Encore récemment (il y a une dizaine d'années) Alain Viala a conçu le splendide et inénarrable programme de lettres du lycée dans cette perspective bourdivine, en tout cas c'est ce qu'il affirme. Suggérez-vous que la suppression de facto de l'enseignement littéraire au nom des thèses de Bourdieu relève de cette opération d'escamotage des "vrais" savoirs par la bourgeoisie pour mieux assurer sa reproduction sociale, que dénoncerait Bourdieu ? Dans ce cas, pourquoi n'a-t-on jamais entendu Bourdieu protester contre cette utilisation abusive de ses thèses et même leur trahison ? Pourquoi tout le monde (hors Sauvez les lettres et le réactionnaire Finkielkraut) continue-t-il à affirmer que la littérature est socialement discriminante ?
On a alors utilisé les maths comme critère de sélection car on les pensait socialement neutres. Mais dernièrement, d'aucuns ne semblaient plus si sûrs de leur neutralité sociale. On a ainsi dénoncé l'abominable discrimination perpétrée par les concours d'entrée aux Grandes Écoles. En affirmant au passage que l'épreuve d'Anglais était également socialement discriminante. Il faut dire qu'en 40 ans de sabrage dans les programmes du primaire et du secondaire au nom des théories bourdivines, les chances du fils d'ouvrier de se retrouver à Polytechnique ont singulièrement chuté. Mais à ce stade je ne sais plus bien si cette application de la théorie sociologique relève d'une juste compréhension de ladite théorie qui aurait produit des effets désastreux sans que cela la remette en cause le moins du monde, ou bien d'un détournement machiavélique par des gens qu'on jurerait sincèrement et profondément bourdivins à leur discours mais qui sont en fait des agents de la bourgeoisie chargés de réserver le savoir aux classes dominantes.
La question devient donc : que peut-on encore enseigner, qui ne soit un savoir de classe ?
La vérité, une fois qu'on se débarrasse des délires complotistes, fussent-ils justifiés par de pseudo-statistiques, est que les savoirs enseignés à l'école sont ceux qui permettent de comprendre le monde, d'agir sur lui, de vivre en société, de penser, de développer sa sensibilité, de travailler devenu adulte, d'inventer, de créer, de produire des richesses.
Certains enfants sont nés dans un milieu social où ils reçoivent des stimulations cognitives plus riches dès le plus jeune âge, leurs facultés intellectuelles se développent plus, et ils sont ainsi mieux armés à l'école pour encore plus développer leurs facultés. D'autres enfants ne bénéficient pas de cet environnement stimulant précocément. Leurs facultés se développent moins, leur cerveau est moins sollicité (mais je m'égare : le sociologue le dit bien : la biologie est une science réactionnaire, bourgeoise, une science de classe, n'est-ce pas, d'ailleurs elle ne parle même pas du complot de classe). Alors oui, ceux-là sont mal armés à l'école.
Je ne vois pas de moyen de supprimer complètement cette inégalité, sauf dans une société type Meilleur des mondes où les enfants seraient confisqués à leur famille dès la naissance pour être élevés en batterie de manière standardisée. Le mieux qu'on puisse faire consiste à tâcher de remédier partiellement à cette inégalité en offrant aux fils d'ouvrier ce que leur famille ne leur offre pas. Cela s'appelle l'école précisément, c'était le beau projet de Condorcet, celui de la République, celui qu'on s'acharne à détruire au nom de théories sociologiques fumeuses. On pourrait faire mieux peut-être que ce qu'on faisait au moment où Bourdieu écrivait La Reproduction, par exemple chercher à agir dès le plus jeune âge, sans attendre 6 ans. Mais l'école n'est pas parfaite, ne le sera jamais.
Bourdieu a voulu faire l'ange, je crains qu'il n'ait fait la bête.
Merci pour ce long commentaire qui dit si bien ce que nous sommes tant à sentir sans pouvoir l'exprimer.
Slate s'honorerait à faire de votre intervention un article à part entière.
Très cordialement.
Excellent article.
L'Educ' Nat' est une organisation qui comme toute autre organisation cherche à se perpétuer, prospérer, et légitimer in fine ses procédures internes (matières, examens...) par toute une série de rationalités sans rapport avec le réel qui l'entoure et la fait vivre.
D'où le gavage académique totalement délirant qui n'apporte strictement aucun avantage comparatif à la France, mis à part la consommation d'antidépresseurs chez les adolescents.
Par contre, ce gavage académique nécessite des programmes, et donc des effectifs importants pour les distiller dans l'esprit d'un public pas forcément réceptif au vu de la perception de son propre avenir. Il faut donc organiser des arbitrages entre des intérêts corporatistes qui cherchent mécaniquement à se répartir la dotation horaire globale d'enseignement. D'où un volume de cours inutilement élevé servant à justifier l'existence d'un certain nombre de postes. Les comparaisons internationales étant désastreuses au vu des moyens hallucinants engagés par la France dans son système éducatif, il est clair que cet important volume horaire est un luxe dont l'Etat peut se passer. D'autant plus que le contrat initial qui lie l'éducation nationale au pays n'est plus rempli, à savoir l'élévation sociale par le travail scolaire ; car l'EN aujourd'hui est une machine qui aggrave les inégalités sociales et bénéficie outrancièrement aux enfants de ceux qui y travaillent. C'est l'inverse de la mission qui lui est dévolue.
Il est clair que les parents cadres du secteur privé qui rentrent à 19 heures le soir n'ont pas le temps de faire du soutien scolaire, à l'inverse des parents-profs qui disposent de beaucoup plus de temps "à la maison". Par contre les parents cadres du secteur privé sont mieux payés, et peuvent donc financer du soutien scolaire à leurs enfants. Ce qui est drôle, c'est que dans les entreprises privées de soutien scolaire, on trouve parfois des profs du public qui arrondissent leurs fins de mois, en donnant des conseils sur comment réussir dans le système public où ils sont employés. Cette situation est foncièrement immorale, mais elle montre surtout à quel point le système éducatif est devenu autoréférent.
A l'inverse, les parents-profs investissent du temps pour que leurs enfants fassent des études rentables et trouvent un job rémunérateur et chronophage ; ils deviendront ainsi des cadres moyens qui "n'ont plus le temps". Ces derniers devront alors payer du soutien scolaire pour aider leurs enfant à digérer le gavage inepte dont ils sont l'objet.
Ce système, c'est un peu la nef des fous.
Beaucoup de profs du public, par arrogance, manque d'intérêt ou manque de culture, n'ont pas vraiment saisi le sens des réformes visant à accroître l'autonomie budgétaire des établissements scolaires. Ils n'ont d'ailleurs pas bougé le petit doigt lorsque les personnels techniques et administratifs ont été transférés aux collectivités territoriales. Les établissements sont devenus des « établissements publics locaux d'enseignement » avec une autonomie budgétaire. Les anciens « intendants » sont devenus des « attachés » plus diplômés que les profs, souvent passés par sciences-po et les IRA. Les régions gèrent les bâtiments des lycées, les départements ont les collèges etc. En fait tout a changé dans l'environnement immédiat des profs du public. Le cadre est prêt pour une très large autonomie conférée aux chefs d'établissement, y compris sur le plan pédagogique, y compris sur le plan du recrutement. Que la majorité des profs soit transférée dans la fonction publique territoriale pourrait être un suite cohérente.
Les propositions du rapport de la Cour des comptes sur le sujet reprennent des éléments qui sont "dans les tuyaux" (ou dans la logique des réformes) depuis déjà quelques années.
Certaines mentalités sont bien ancrés chez nos élites
Un enfant exceptionnellement fort dans une discipline ne pourra pas espérer avancer dans les études si il n'est pas un tant soit peu brillant dans quatre ou cinq autres matières n'ayant pas nécessairement un rapport avec la matière où il excelle.
Avoir un point fort ne lui assure pas de réussir alors qu'un point faible mal placé lui assure d'échouer.
En comparaison, la Finlande a très peu de prix Nobel a exposer mais a un très bon taux de réussite a ses examens.
MM. de Gennes ou Charpak sont de grands savants (et nous en avons bien d'autres heureusement) mais si on comptabilise le nombre de prix Nobel par pays, la France n'est pas spécialement en tête.
j'ai plutôt l'impression que nous avons les inconvénients sans les avantages d'une éducation orientée pour les élites
Suivant le développement de cet article, il conviendrait d'étoufer les futurs "Albert Camus" afin de développer les compétences de tous les "Zidane" en puissance?
De qui se moque-t-on?
Il faut arrêter avec les organisations d'exception des soit-disant délaissés par des internats d'excellence, par exemple.
Je ne suis pas encore un vieillard (46 ans), mais je me souviens de mes classes de primaire et secondaire.
Nous étions tous issus d'une mixités sociale mais ce qui nous liait était l'enseignement, le "maître", le "prof" que nous respections de par se connaissances et son savoir.
Je cotoie encore, aujourd'hui, certains de ces camarades de classe: Peu sont ceux qui sont exclus de la société.
Biensûr, le niveau n'est pas très haut (moi y compris), mais nous avons en règle générale obtenu un diplôme aprés le bac et occupns actuellement un poste qui nous plait sur un plan professionnel.
Le problème est surtout sur le respect de l'élève envers le maître et l'institution enseignate qu'il représante.
En effet, désormais, il n'y a plus d'espoir d'évolution dans la société par la connaissance, par l'enseignement... Le jeune sait ce que fait son grand frère qui dispose d'un doctorat: Il va chercher déséspérément un emploi au Pôle Emploi.
Aller à l'école, acquérir de nouvelles connaissances ne vous permet plus d'être quelqu'un, d'être reconnu, d'avoir une place dans la société.
Le fric a prit la place de la connaissance et du savoir, et l'enfant en classe n'est pas dupe!
Replaçons les priorité avant de rêver sur une nouvelle réforme des programmes qui va tout solutionnner, selon ces messieurs les penseurs.
Et le plus fort c'est que malgré les 865 heures par an des petits Français passées en classe, la forteresse des savoirs académiques, s'effrite et même s'effondre, puisqu'ils sont si peu nombreux à atteindre le supérieur et à y réussir, ce qui est le seul but proposé par l'Education nationale, tout le reste n'étant considéré par elle que comme des pis-aller et en conséquence ne l'intéressant pas.
Pour un enfant correspondant bien aux critères exigés par l'école française, combien doivent fournir un effort d'adaptation considérable, voué à l'échec sans un investissement majeur des parents ?
Peut-être qu'il serait temps que l'EN diversifie son offre en adaptant sa pédagogie aux profils des enfants qui lui sont confiés. Tous ne sont pas capables d'entrer à l'ENS !
Or les manuels et les créatifs sont les grands sacrifiés de l'éducation à la française.
Je lisais ces jours-ci : "Il n'y a pas que les polonais qui soient capables d'être plombiers !"
Je me souviens d'un jeune garçon violoniste, qu'un de ses professeurs apostrophait ainsi : "Toi, à part trimballer ton bout de bois, tu ne sais rien faire !"
Marianne,
Je suis tout-à-fait d'accord avec vous. Je préciserai malgré tout deux éléments:
- Vous dites que peu d'élèves atteignent le supérieur, c'est relativement faux. Vu le niveau actuel du BAC, beaucoup trop parviennent en première année d'études supérieures et c'est là que les choses commencent à se gâter, l'échec à ce niveau est tel que même en diminuant drastiquement les exigences, on a du mal trouver des étudiants de bonnes qualité en licence, sans parler des nombreux échecs entre L1 et L3!
- Plus fondamentalement, vous affirmez "qu'il serait temps que l'EN diversifie son offre en adaptant sa pédagogie aux profils des enfants qui lui sont confiés", c'est probable, encore faudrait-il que l'EN ne considère pas qu'elle est la seule institution susceptible de transmettre les savoirs et là malheuresement on en est très loin. Elle donne même l'impression de protéger son pré carré en accueillant et en retenant le maximum de jeunes pour ... maintenir ses effectifs!
Je vous remercie de m'avoir lue.
J'avais écrit sur ces petits Français peu nombreux à atteindre le supérieur et à y réussir. C'est de dernier membre de phrase qui était le plus important. Cette hécatombe en première et deuxième année de fac est un véritable scandale qui se renouvelle chaque année depuis des lustres pour sauvegarder le mythe qu'il n'y aurait pas de sélection pour entrer à l'université.
Sur le second point que vous évoquez, je trouve étrange, alors qu'il y a deux systèmes éducatifs en France, le public et le privé, qu'il existe si peu d'études comparatives des résultats obtenus par l'un et par l'autre.
Pourtant je me suis laissée dire que l'école privée refusait de plus en plus d'élèves car elle n'est pas autorisée à ouvrir toutes les classes dont elle aurait besoin, leur nombre devant impérativement répondre à un quota, toujours le même, par rapport au nombre
de classes de l'école publique.
Très cordialement.
Marianne,
Il y a apparemment deux systèmes éducatifs en France car le privé et le public sont en fait régis par la même Éducation Nationale (je passe sous silence le privé sans contrat qui représente une infime minorité des écoles privées en France).
En effet, vivant en Loire-Atlantique, où les écoles privées sont nombreuses et présentes à tous les niveaux scolaires sauf universitaires, je peux vous affirmer que les différences ne se font pas sur le niveau scolaire ou sur les profs qui sont recrutés avec des diplômes similaires et ont en face d'eux sensiblement les mêmes élèves (apprenants pour l'EN) mais la principale différence se trouve dans l'organisation et l'environnement des établissements. Dans le privé, en général, on accompagne davantage les élèves en difficulté, chacun est beaucoup plus pris en charge selon ses besoins et le règlement n'est pas seulement un bout de papier signé vite fait au début de l'année mais il est appliqué rigoureusement. Tout cela, avec un personnel moins nombreux que dans le public car il faut bien savoir que le privé est trés mal vu par l'EN. Et pourtant malgré tous ses handicaps le privé est obligé de refuser du monde: dans ma commune, si vous désirez mettre votre enfant dans un collège ou un lycée privé, vous avez intérêt à vous y prendre avant le mois de mars! et j'aurai bien d'autres anecdotes à vous soumettre.
En fait dans mon intervention, je tenais aussi à souligner que nos connaissances ne sont pas seulement scolaires et que vouloir circonscrire le savoir à cet apprentissage scolaire nécessaire mais insuffisant conduit l'EN à un système totalitaire et finalement inefficace: il y aura toujours des savoirs qui ne seront pas enseigné par l'EN. Malheureusement, pour l'EN, hors de l'EN pas de salut!
ce qui me choque le plus dans le système c'est le constant travers qui consiste à privilégier la quantité de savoir, qui s'oublie aussi vite qu'il est ingurgité comme si les enfants vomissaient le trop plein après chaque gavage, mais sans faire aucun tri selectif.
En revanche mon impression la plus forte est que l'on ne leur apprend pas à apprendre.
Comment faire le tri de ce qui est nécessaire de ce qui est important, de ce qui est utile, de ce qui leur plaît.
Car ils devraient aussi avoir la possibilité de prendre plaisir dans l'apprentissage faute de quoi cela devient vite une corvée et peut conduire au rejet de certianes matière qui pourat pourrons leur être si utile plus tard, notamment les langues étrangères, capitales dans le monde actuel et tellement plus utiles que la connaissance de l'égypte ancienne (je respecte ce savoir là mais n'y voit pas d'utilité pour u enfant de 10 ans qui a toute la vie pour s'y interesser)
Ne serait-ce pas la meilleur façon de les préparer à la vie 'réelle' qui suivra la sortie de l'école.
Comment poser un problème, comment décortiquer une situation complexe en une somme d'élements plus simples, sans doute liés mais plus facile à résoudre individuellement et qui permette d'avoir une approche plus constructive et plus satisfaisante (je résous au moins une partie du problème), moins intello
On leur demande d'avaler une vache sans leur donner les outils pour la découper en morceau et identifier les parties qui ne sont pas indispensables.
Manger le filet oui mais laisser les cornes de coté pour un autre usage.
sans oublier l'inégalité fondamentale des devoirs à la maison.
Je suis fondamentalement en désaccord avec votre idée généreuse mais fausse en pratique. L'expérience montre que les élèves qui réussissent bien aux différents niveaux scolaires ne sont pas ceux qui "avalent" ou "ingurgitent" un maximum de connaissances (aussitôt apprises aussitôt oubliées après les contrôles) car on arrive très vite à un niveau de saturation, mais ce sont ceux qui savent dégager l'essentiel des cours et ne se fatiguent pas à retenir aussi les détails. Apprendre à apprendre est un très beau slogan, mais en fait il est déjà mis largement en pratique, cependant nombre d'élèves ne peuvent le mettre en application dans certaines matières, probablement parce qu'ils n'arrivent pas à avoir pour ces sujets une hauteur de compréhension globale suffisante et il est manifeste que dans ces cas précis la bonne volonté est nécessaire mais pas suffisante. On ne peut apprendre que ce pour quoi on développe une certaine curiosité naturelle ou ce pour quoi on a une motivation particulière mais apprendre à apprendre dans l'absolu semble vouloir signifier que n'importe qui peut maitriser des savoirs dans des domaines qui ne l'intéressent pas, il suffirait de techniques d'apprentissage spécifiques : c'est une lourde erreur en général et surtout en ce qui concerne les enfants d'âge scolaire.
Afin d'avoir une augmentation du taux de réussite au BAC, les programmes ont été allégés. Les notations sont adaptées afin que les passages en classe supérieurs soient quasiment automatiques. Déjà, là, nous avons la socle de l'inégalité. Entre une école qui note normalement et une qui rehausse les note pour faire passer un maximum d'élève, il est idyllique de croire que les élèves des 2 établissements ont les mêmes connaissances à la fin de l'année.
Il faut que tout le monde ait son Bac, et si possible un examen supérieur. En effet, sans le bac, on peu rien faire, mais avec, aussi...
Il faut savoir ce que l'on veut pour nos enfants. Et si l'EN est en échecs parce que les disparités sociales ne disparaissent pas, je trouve ca aberrant !
Si vous désirez une réelle égalité entre tous les élève de France, il faut les retirer à la naissance à leur parents, les éduquer, et leur rendre à leur parents à la fin des études. Là, au moins, il n'y aura plus d'interférences de ces parents intrusifs qui s'occupent de l'avenir de leur progéniture. Imaginez qu'il ait une conversation philosophique ou technique à table, plutôt que parler des derniers évènements de Koh Lanta ou de nos mirobolants footballeurs...
Mecenius a raison, l'ignorance nous permet d'imaginer l'égalité, à partir du moment où tout le monde est ignorant. Mais, quand je vois un jeune un CE2 qui est incapable de déchiffrer un texte, je me dis qu'il aurait été préférable pour lui de redoubler son CP. Parce qu'au final, en lui faisant une fleur de passer dans une classe supérieure, on commence à creuser sa tombe sociale de laquelle il ne pourra jamais sortir... Et là, je vous parle d'un jeune de 8 ans, pas d'ado près à passer le Bac.
J'aime aussi la remarque de jash. C'est tellement vrai : "Avoir un point fort ne lui assure pas de réussir alors qu'un point faible mal placé lui assure d'échouer."
D'autant plus qu'à cet âge, on veut bien travailler ce qui est intéressant (le point fort), mais on délaisse complètement l'inintéressant.
Les idées à propos de l'EN tournent en boucle depuis des décennies.
L'EN est un système auto-reproductif et inégalitaire, c'est une honte, répètent inlassablement certains enseignants, relayés par des journalistes abusés. Enseignants aigris qui sont d'ailleurs responsables de l'effondrement du niveau général mesuré dans des études européennes.
C'est oublier un peu vite des inégalités plus graves mais invisibles pour qui reste confiné dans le milieu enseignant. On n'est jamais plus jaloux que de celui qui est juste au-dessus de vous dans l'échelle des fortunes.
Or, il vaudrait mieux regarder beaucoup plus haut.
Quant à la baisse des exigences scolaires, c'est ce à quoi on assiste depuis longtemps, avec les résultats qu'on sait. Aucun prof ne s'est jamais senti obligé de boucler le programme (sauf pour certains, dans les matières scientifiques principalement), et chacun s'adapte soit aux capacités de ses élèves (dans le meilleur des cas), soit à sa propre indolence. Les programmes ne sont pas trop chargés, ne l'ont jamais été!
Dernière remarque : 50% des étudiants de Polytechnique seraient enfants d'enseignants. Outre que le chiffre reste à confirmer (à moi, il me semblerait, à première vue, beaucoup plus bas), je ne vois pas où est le scandale. Les étudiants en grandes écoles sont parfois enfants d'enseignants veut aussi dire qu'ils sont petits-enfants d'ouvriers, d'employés, d'agriculteurs, d'immigrés pauvres...
Entre les guerres "picrocholines" de nos brillants pédagogues sur les méthodes d'apprentissage de la lecture, globale, semi-globale ou syllabique, et la volonté de nos ministres de conduire 80% d'une classe d'âge au bac, le niveau des cours a été ramené à celui des élèves, et à la situation que l'on sait!
On a oublié qu'une population comporte autant d'individualités de maturité et de compétences très différentes et on a construit une école "one size fits all" (taille unique)!
On a mis l'accent sur la mémoire et l'accumulation de connaissances plus que sur le raisonnement et pas du tout sur la créativité ou la capacité d'innovation!
Il est urgent de redéfinir les savoirs et compétences de base qui, outre le classique lire-écrire-compter, doivent permettre à un citoyen de se réaliser professionnellement et de vivre en société!
Lisez Sir Ken Robinson, conseiller du gouvernement britannique sur les problèmes d'éducation, apôtre infatigable de la créativité dans l'enseignement, et dont l'ouvrage "Out of our minds" et le rapport "All our futures" donnent des pistes passionnantes pour réformer l'école!
Mais j'entends déjà le "mammouth" se rebiffer, hélas!
votre second paragraphe semble plus proche de ce que dit l'auteur, de ce que disent les pédagogues d'ailleurs. Mais les applications ne suivent pas. Mécenius dit exactement l'inverse .
Le c'était mieux avant repose sur une mythologie, votre troisième paragraphe parle d'avenir.
Oui, une mythologie qui est quand même attestée par l'évolution des scores des élèves Français aux tests internationaux (tels que PISA) ces dernières années, ou encore les tests de compétences de base réalisés par l'Éducation Nationale elle-même dont on peut même comparer les résultats à ceux d'il y a plusieurs décennies - et c'est édifiant.
Admettez tout de même que la mythologie grecque n'est pas si bien fondée.
Du reste les thuriféraires du mythe du "niveau qui monte" n'osent plus guère sortir d'autres arguments que celui de la rénovation immobilière des lycées tellement il est devenu intenable de contester que le niveau décidément ne monte pas.
Il ne peut pas y avoir de comparaison à plusieurs décennies, parce que la société n'est pas la même.
Monter ou baisser par rapport à quels critères,
Certaines de vos critiques sur la sociologie de Bourdieu sont parfaitement justifiés, et connues depuis bien longtemps. Les parents lecteurs de Bourdieu d'une certaine époque ont donnée les X d'aujourd'hui (cruelle ironie)
La façon extrême et caricaturale de vouloir ça peau (trop tard) ne peu que satisfaire certain surtout dans les médias (peu-être que je ne serais pas publier je viens de prononcer le mot qui tue).Et je comprend la fierté de reconnaitre un des siens au détour d'un sentier .
Il n'y a pas plus de théorie du complot dans l'oeuvre
de Bourdieu qu'il y a de théorie du complot chez les théoricien de la théorie de la théorie du complot qui se cache sous le doux non de "Marianne Arnault slate.fr"
Sur la Finlande tout à fait d'accord mais je ne comprends pas si vous pensez à une simplification du français.
Le mieux avant reste une mythologie, la société change et l'école d'hier n'avait pas à affronter les problèmes d'aujourd'hui .
Aucune gesticulation ne reproduira le passé à l'identique, même sur une ile déserte
les mathématiques jargonnent, ainsi que la philosophie, la sociologie, l'histoire, le surf, le boulanger, le tailleur de pierre, le mécanicien , l'informaticien le médecin etc
Alors que faut il faire bruler les facs, tous s'acheter un ipad et lire monsieur bon sens (qui est il au juste comment se fait il qu'il soit toujours aussi éclairé).
Mais le bon sens de quelle époque, de quel lieu , à mais suis je bête le bon sens c'est intemporel, puisque la terre est plate.
Est-ce de moi qu'il s'agit ?
Si oui, pouvez-vous m'expliquer ce que vous avez voulu dire ?
Si non, je vous présente des excuses aussi plates que la terre.
Cordialement.
La technique Américaine pour enseigner en masse avec succès. Malheureusement en anglais: http://www.jefflindsay.com/EducData.shtml