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Pénalisé pour un retard d'une minute, un conducteur de train japonais porte plainte

Temps de lecture : 2 min

Le train en question était vide et devait juste rentrer au dépôt.

Le conducteur s'était trompé de quai au moment de prendre son service. | Simon Launay via Unsplash
Le conducteur s'était trompé de quai au moment de prendre son service. | Simon Launay via Unsplash

Les compagnies ferroviaires japonaises ne plaisantent pas avec les retards. Tout train partant plus d'une seconde après l'horaires indiqué est considéré comme retardataire, ce qui n'est pas le cas en France et dans la bien d'autres pays. Et les conducteurs sont directement pénalisés s'ils sont considérés comme étant responsables du retard constaté au départ ou à l'arrivée.

Ce fut le cas de cet homme travaillant pour la société JR West, accusé de s'être emmêlé les pinceaux lors d'un trajet en juin 2020, ce qui a causé un retard d'une minute. En guise de sanction, l'employé a reçu une amende de 56 yens, soit 43 centimes d'euros. Cela ne lui a visiblement pas plus: il se retourne à présent contre l'entreprise, à qui il demande 2,2 millions de yens (environ 16.800 euros) en compensation du préjudice moral qu'il estime avoir subi.

Selon la BBC, qui s'est emparée de l'affaire, le conducteur s'est tout simplement trompé de quai alors qu'il avait rendez-vous pour prendre la suite l'un de ses collègues sur le pilotage d'un train. Le temps de réaliser son erreur, il s'est rué sur le bon quai, mais le mal était fait: on a compté deux minutes de retard dans les transmissions entre les deux hommes, ce qui a entraîné une minute de retard au départ et à l'arrivée au dépôt.

Ce train ne prend pas de voyageurs

La précision est importante: le train concerné était totalement vide. La mission consistait juste à l'acheminer jusqu'à un point donné. Aucun voyageur n'a donc eu à subir les conséquences de cette soixantaine de secondes de retard. Cela n'a pas empêché l'entreprise JR West de vouloir pénaliser le conducteur. L'amende initiale était de 85 yens (65 centimes d'euro) mais, suite à un signalement déposé par le conducteur auprès de l'inspection du travail, l'employeur a consenti à la réduire d'environ un tiers.

Le salarié a refusé cette ristourne, estimant que la sanction devait être purement et simplement annulée, notamment parce que ce retard d'un train vide n'avait eu aucune conséquence. Mais l'entreprise a tenu à appliquer la règle qui est la sienne: «pas de travail, pas de rémunération», ce qui s'applique avant tout aux retards et aux absences injustifiées.

Une plainte a été déposée en mars 2021 auprès de la Cour du district d'Okayama, ville située au sud du pays, où se trouvait le dépôt sur les lieux duquel le retard a été constaté.

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