Santé

Voici la meilleure heure de coucher pour avoir un cœur en bonne santé

Temps de lecture : 2 min

Se mettre au lit entre 22h et 23h semble particulièrement bénéfique aux femmes.

Vous coucher trop tôt ou trop tard pourrait perturber votre horloge biologique. | Sean Robbins via Unsplash
Vous coucher trop tôt ou trop tard pourrait perturber votre horloge biologique. | Sean Robbins via Unsplash

On commence à savoir que la qualité du sommeil est associée au risque cardiovasculaire –plus la première est mauvaise, plus le second augmente. Reste que, comme dans d'autres domaines épidémiologiques, les recherches reposent trop souvent sur des mesures subjectives, comme des questionnaires ou des carnets de bord dépendant de la mémoire individuelle et de sa tripotée de biais. Publiée le 9 novembre, une étude mise en lumière par la société européenne de cardiologie pallie ce souci en examinant la corrélation entre heure de coucher et maladies cardiovasculaires sur un très grand nombre de participants (103.712) équipés pendant une semaine d'un accéléromètre au poignet –soit le dispositif de base des montres connectées.

Il en ressort que se coucher entre 22h et 23h est associé à un risque plus faible de développer une maladie cardiaque par rapport à des horaires plus précoces ou tardifs, et que la corrélation est d'autant plus significative chez les femmes.

«Le corps a une horloge interne de 24 heures, appelée rythme circadien, qui aide à réguler le fonctionnement physique et mental», explique David Plans, auteur principal de l'étude et chercheur à l'université d'Exeter, au Royaume-Uni. «Si notre travail ne nous permet pas de conclure à un lien de causalité, les résultats laissent entendre que des heures de coucher précoces ou tardives peuvent être plus susceptibles de perturber l'horloge biologique, avec des conséquences néfastes pour la santé cardiovasculaire.»

Événements cardiovasculaires

Pour cette étude, les sujets ont été recrutés entre 2006 et 2010 dans les registres de l'UK Biobank, une grande base de données longitudinale vivant à analyser les apports respectifs de la génétique et de l'environnement sur une palanquée de questions comportementales et sanitaires. Les participants étaient âgés de 43 à 79 ans (et de 61 ans en moyenne) et la cohorte était féminine à 58%. Les données de l'accéléromètre, consignant le début du sommeil et l'heure du réveil, ont été recueillies une semaine durant.

Les volontaires devaient également s'acquitter de questionnaires renseignant des informations sur leur démographie, leur style de vie, leur santé et leur activité physique. Ensuite, pendant grosso modo six ans, leur cœur a été regardé de près, avec une attention toute particulière accordée aux infarctus, à l'insuffisance cardiaque, la cardiopathie ischémique chronique, aux accidents vasculaires cérébraux et aux accidents ischémiques transitoires.

Il en ressort que sur les 3.172 participants (3,6%) à avoir développé une maladie cardiovasculaire durant la période de suivi, l'incidence était la plus élevée chez ceux qui, durant la semaine de l'expérience, s'étaient couchés à minuit ou plus tard, et la plus faible pour ceux s'étant mis au lit entre 22h et 22h59.

Un résultat que les chercheurs ont obtenu en analysant l'association entre le début du sommeil et les événements cardiovasculaires corrigée pour l'âge, le sexe, la durée du sommeil, son irrégularité, le chronotype (lève-tôt ou couche-tard), le tabagisme, l'indice de masse corporelle, le diabète, la pression artérielle, le taux de cholestérol et le statut socio-économique.

Un facteur de confusion

Selon leurs données, par rapport à un début de sommeil entre 22h et 22h59, le risque de maladie cardiovasculaire augmente de 25% avec un début de sommeil à minuit ou plus tard, de 12% entre 23h et 23h59 et de 24% pour un endormissement avant 22h. En outre, les scientifiques ont pu établir des corrélations d'autant plus fortes chez les femmes, seul le risque associé à l'endormissement avant 22h demeurant significatif chez les hommes.

Plans met cependant en garde contre une interprétation trop hâtive de ces données. «Il se peut qu'il y ait une différence entre les sexes dans la façon dont le système endocrinien réagit à une perturbation du rythme circadien. Mais l'âge des participants à l'étude pourrait être un facteur de confusion puisque le risque cardiovasculaire des femmes augmente après la ménopause –ce qui signifie qu'il pourrait n'y avoir aucune différence dans la puissance de l'association entre les femmes et les hommes.»

En attendant, une chose semble à peu près sûre: pour qui veut ménager son cœur à peu de frais, faire attention à son sommeil a tout d'une bonne idée.

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