Société

Peu de gens sont disposés à modifier leur mode de vie pour sauver la planète

Temps de lecture : 2 min

Une enquête sur le climat réalisée dans dix pays, dont la France et les États-Unis, montre la réticence des citoyens à faire plus d'efforts quotidiens.

Les citoyens sont prêts à recycler et trier leurs déchets, mais pas à réduire leur consommation énergétique, selon le sondage Kantar Public. | Nareeta Martin via Unsplash
Les citoyens sont prêts à recycler et trier leurs déchets, mais pas à réduire leur consommation énergétique, selon le sondage Kantar Public. | Nareeta Martin via Unsplash

Ils sont 46% à penser ne pas vraiment avoir besoin de changer leurs habitudes personnelles pour pallier le changement climatique. C'est ce que révèle un sondage conduit auprès des populations de dix pays et réalisé par Kantar Public. Les Américains, les Français, les Singapouriens ou encore les Néo-Zélandais sont pourtant 62% à considérer la crise climatique comme le principal défi environnemental auquel le monde est actuellement confronté. Ils placent cette problématique devant la pollution de l'air, l'impact des déchets et les nouvelles maladies.

36% des personnes interrogées se considèrent comme «très engagées» dans la préservation de la planète. Dans les dix pays, les populations estiment en faire plus que les gouvernements, les entreprises et les médias. Mais peu d'individus sont disposés à opérer davantage de changements importants dans leur mode de vie. 51% des sondés déclarent qu'ils prendraient certainement des mesures individuelles pour le climat, 14% ne le feraient certainement pas et 35% sont partagés. Les Polonais et les Singapouriens sont les plus disposés à agir, à l'inverse des Allemands et des Néerlandais.

«La prise de conscience généralisée de l'importance de la crise climatique illustrée dans cette étude doit encore être associée à une volonté d'agir proportionnée», note l'étude. Selon Emmanuel Rivière, directeur des sondages internationaux chez Kantar Public, les résultats donnent une «double leçon aux gouvernements». Ils doivent «être à la hauteur des attentes des gens», «mais ils doivent aussi persuader les populations, non pas de la réalité de la crise climatique –c'est fait–, mais des solutions et de la façon dont nous pouvons partager équitablement la responsabilité de celle-ci».

L'éventail des raisons pour ne pas agir

De nombreuses raisons ont été évoquées pour justifier le manque de volonté à pousser plus loin les efforts. «Je suis fier de ce que je fais actuellement» est la réponse de 74% des interrogés, avec «il n'y a pas d'accord entre les experts sur les meilleures solutions» (72%). Le manque de moyens et d'équipements de la part des pouvoirs publics est également une barrière au changement du mode de vie pour 69% des sondés.

Les raisons se poursuivent et incluent le manque d'informations, la surestimation des menaces environnementales ou encore le temps limité pour penser aux solutions quotidiennes. 39% des populations interrogées estiment que les efforts individuels n'ont pas vraiment d'impact. Selon l'étude, les citoyens portent davantage leurs inquiétudes sur l'inaction des gouvernements sur le sujet.

Interrogés sur les gestes à privilégier pour sauver la planète, les sondés ont énuméré des mesures qui sont déjà des habitudes, qui nécessitent moins d'efforts individuels et moins de responsabilités directes, comme le recyclage, l'inversion de la déforestation ou la protection des animaux menacés. En revanche, ils ne sont pas prêts à réduire leur consommation énergétique, à réduire la fréquence avec laquelle ils utilisent la voiture ou à changer radicalement de modèle agricole.

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«Les citoyens sont indéniablement préoccupés par l'état de la planète, mais ces résultats soulèvent des doutes quant à leur niveau d'engagement pour la préserver», conclut l'étude.

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