Santé / Sciences

L'air pollué pourrait réduire le nombre de spermatozoïdes

Temps de lecture : 2 min

Une inflammation du cerveau liée à la dégradation de l'air serait responsable de cette diminution du nombre de gamètes et de bien d'autres maux.

Une inflammation du cerveau serait responsable de la diminution du nombre de spermatozoïdes chez les hommes. | Deon Black via Unsplash
Une inflammation du cerveau serait responsable de la diminution du nombre de spermatozoïdes chez les hommes. | Deon Black via Unsplash

Des scientifiques de la faculté de médecin de l'université du Maryland ont fait une nouvelle découverte impliquant la santé des hommes et la pollution de l'air. Respirer un air pollué pourrait entraîner une baisse du nombre de spermatozoïdes, affirment ces scientifiques dans leur étude publiée dans Environmental Health Perspectives.

Une inflammation du cerveau serait responsable de cette diminution. Pour comprendre les mécanismes en cours, des tests ont été conduits sur des souris. Lors de la première étape, certaines avaient subi une mutation: les chercheurs les avaient dépourvues d'une protéine responsable d'une inflammation cérébrale appelée inhibiteur Kappa B Kinase 2 (IKK2), présente dans les neurones. Exposé à de l'air pollué, les spermatozoïde des souris non mutées ont diminué, à l'inverse de ceux des souris mutantes.

L'hypothalamus touché par la pollution

Ce que les scientifiques mettent en évidence ici, c'est la sensibilité de l'hypothalamus au contact de la pollution de l'air. Dans une deuxième étape de l'étude, l'équipe a retiré les marqueurs IKK2 des neurones pour comprendre d'où venait cette baisse du nombre de spermatozoïdes. Les résultats indiquent que ce sont les neurones associés au cycle du sommeil et à l'obésité qui en sont responsables.

Ces neurones sont généralement situés dans l'hypothalamus, la partie du cerveau qui contrôle la faim, la soif et la libido. Cette zone cérébrale gère aussi la glande pituitaire: elle fabrique des hormones qui communiquent directement avec les organes reproducteurs. «Avec le recul, il est parfaitement logique que les neurones de l'hypothalamus soient les coupables perpétuant cette réponse inflammatoire qui entraîne une faible numération des spermatozoïdes, car nous savons que l'hypothalamus sert de lien majeur entre le cerveau et le système reproducteur», explique Zhekang Ying, auteur principal de l'étude et professeur adjoint de médecine de l'université du Maryland.

Selon lui, cette découverte présage un nouveau traitement. «Des thérapies qui pourraient prévenir ou inverser les dommages causés par la pollution de l'air» seraient la solution idéale pour agir sur la fertilité. «Nos résultats ont montré que les dommages dus à la pollution de l'air –au moins concernant le nombre de spermatozoïdes– pouvaient être corrigés en supprimant un seul marqueur d'inflammation dans le cerveau des souris», détaille Zhekang Ying. L'équipe de recherche veut voir plus loin. D'après ses membres, si ces résultats s'appliquent bel et bien aux hommes, leur découverte pourraient aussi conduire à aider à résoudre d'autres maux. «Ces résultats ont des implications plus larges que la simple fertilité, car de nombreuses conditions, telles que l'hypertension artérielle, le diabète et les maladies cardiaques, peuvent résulter d'une inflammation du cerveau en raison de la pollution de l'air», relate Charles Hong, directeur de la recherche en cardiologie dans la même université.

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