Égalités / Sciences

Demander un report de deadline est beaucoup plus stressant pour les femmes que pour les hommes

Temps de lecture : 2 min

Mais leur peur de passer pour incompétentes et de nuire à des collègues ou des camarades n'est pas justifiée.

Une étude menée auprès d'étudiants montre que 36% des hommes n'hésitent pas à solliciter un délai supplémentaire pour rendre leur copie là où seuls 15% des femmes osent en demander autant. | KoolShooters via Pexels
Une étude menée auprès d'étudiants montre que 36% des hommes n'hésitent pas à solliciter un délai supplémentaire pour rendre leur copie là où seuls 15% des femmes osent en demander autant. | KoolShooters via Pexels

C'est l'une des caractéristiques de la charge mentale: avoir trop de trucs à faire et pas assez de temps pour y parvenir. Ce stress lié à la pression de l'horloge qui tourne est susceptible de générer une angoisse paralysante et, au niveau collectif, de constituer «une épidémie sociétale compromettant la productivité, la santé physique et le bien-être émotionnel», comme l'écrivent des chercheurs affiliés à la Harvard Business School et à l'université d'État de l'Ohio (OSU).

Dans leur étude, qui sera officiellement publiée dans les PNAS le 9 novembre, l'équipe dirigée par Grant Donnelly, professeur de marketing à l'OSU, montre que ce stress n'est pas distribué de manière égale entre hommes et femmes. Et pour cause, ces dernières ont plus de mal à demander un report de deadline, même dans des projets où elles sont parfaitement modulables.

Craintes infondées

Dans les neuf expériences menées par les scientifiques sur plus de 5.000 personnes et se concentrant sur le monde professionnel et dans le milieu universitaire, deux raisons se détachent dans le peloton de tête de leurs motivations: parce qu'elles ont peur de passer pour incompétentes et de nuire à leurs congénères en leur transposant la charge de travail qui leur était impartie. Résultat, la réticence des femmes à profiter d'un ajustement de leurs deadlines est un très bon signe avant-coureur d'angoisse et de burn-out –et la corrélation est indépendante du statut marital, du secteur d'activité, de l'ancienneté et des préférences individuelles en matière de délégation.

Sauf que, comme le montre également l'étude, ces craintes ne sont pas fondées, car les femmes ne sont pas jugées plus durement que les hommes lorsqu'elles demandent des délais.

L'une des expériences les plus parlantes est celle menée par Donnelly au sein d'une de ses classes. Ici, 103 étudiants de premier cycle avaient un devoir à rendre, comptant pour 20% de leur note finale. Selon la consigne, ils avaient une semaine pour le réaliser, tout en pouvant demander un délai supplémentaire à leur professeur sans la moindre pénalité. Conclusion: les étudiants ont été plus deux fois plus susceptibles de profiter de ce rab que les étudiantes (36% contre 15%). L'histoire ne s'arrête pas là, puisque l'expérience montre également que les élèves à avoir repoussé l'échéance ont été mieux notés que les autres, par un assistant qui ne connaissait ni leur identité, ni le temps qu'ils avaient pris pour réaliser le devoir.

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