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Netflix et YouTube sont des usines à CO2

Temps de lecture : 2 min

Les abonnées Netflix ont passé 6 milliards d'heures à visionner le Top 10 de la plateforme, produisant plus de dioxyde de carbone qu'un voyage de la Terre à Saturne.

Les centres de données, la transmission via un réseau wifi ou encore la visualisation de vidéos sur un appareil participent aux émissions de C02. | Thibault Penin via Unsplash
Les centres de données, la transmission via un réseau wifi ou encore la visualisation de vidéos sur un appareil participent aux émissions de C02. | Thibault Penin via Unsplash

Le streaming est disponible partout et sur différentes plateformes comme Netflix, Amazon ou Disney+, mais il cache un lourd secret: l'empreinte carbone produite par ces entreprises est considérable. Selon une étude réalisée par une équipe de recherche de l'université de Bristol sur la production de CO2 émise par l'un des plus gros sites de partage de vidéos au monde, YouTube, en 2006 la plateforme dépassait de loin la production de gaz à effet de serre de la ville de Glasgow, où se tient le sommet sur le climat COP26. Cette année-là, 11 millions de tonnes de dioxyde de carbone avaient été produites par 1,4 milliard d'utilisateurs. Aujourd'hui, YouTube en compte 2,4 milliards, ce qui augmentera considérablement son empreinte carbone.

Les militants écologiques se concentrent essentiellement sur les industries les plus émettrices de CO2 comme celle de l'aviation, de l'automobile et de l'alimentation. Mais, depuis peu, l'attention se tourne sur l'impact du streaming sur la planète. Chaque activité requise pour diffuser un film ou une série –qu'il s'agisse de l'utilisation d'énormes centres de données, de la transmission via un réseau wifi ou haut débit, mais aussi de la visualisation du contenu sur un appareil– nécessite de l'électricité. Dom Robinson, le fondateur de Greening of Streaming, explique que «les gens pensent que la demande croissante de services de streaming et de jeux ralentit le trafic internet, mais sa capacité est énorme. Il s'agit en fait de la demande croissante en alimentation électrique».

Direction Saturne avec le Top 10 de Netflix

Pour mesurer l'empreinte carbone selon le temps de visionnage, il faut utiliser l'«équivalent dioxyde de carbone» (CO2e) comme unité de mesure. Netflix estime qu'une heure de streaming sur sa plateforme produit «bien moins» de 100 grammes de CO2e. De son côté, The Carbon Trust, chargé d'accompagner les entreprises vers la décarbonisation, établit plus précisément que la moyenne européenne est de 55 à 56 grammes de CO2e par heure de streaming, soit l'équivalent de 300 mètres en voiture.

Récemment, Netflix a pris la décision de communiquer le total des heures de visionnage de tous ses utilisateurs dans le monde pour ses dix meilleurs programmes. Bilan: ils ont passé 6 milliards d'heures à regarder, entre autres, Squid Game, Stranger Things, Money Heist ou encore La Chronique des Bridgerton au cours des vingt-huit premiers jours suivant leur sortie. S'il fallait le quantifier, cela équivaudrait à parcourir 1,8 milliard de kilomètres en voiture, soit à conduire encore plus que la distance entre la Terre et Saturne, évaluée à 1,3 milliard de kilomètres.

D'ici 2022, Netflix s'est fixée comme objectif d'atteindre zéro émission nette de gaz à effet de serre. Sur son site, l'entreprise précise que pour y parvenir, elle va «commencer par réduire [ses] émissions internes de 45% d'ici 2030» puis va investir «dans des projets externes d'élimination du carbone de l'atmosphère, comme la protection des forêts terrestres et aquatiques». Enfin, elle compte «financer des projets visant à conserver les capacités de stockage de CO2 déjà présentes dans la nature». Pour Dom Robinson, ce n'est pas la réponse à apporter au problème. «Le zéro net est devenu une nouvelle compensation de la taxe carbone pour pouvoir dire: “Ce n'est pas mon problème.” Il faut une réduction pensée au sein des entreprises, pas seulement une astuce comptable pour faire la différence.»

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