Sciences

Parler aux baleines, le projet pas si fou d'une équipe de scientifiques

Temps de lecture : 2 min

Ils développent une intelligence artificielle pour interpréter les cliquetis de ces mammifères marins, et tenter d'y répondre.

Pour élaborer l'intelligence artificielle capable de communiquer avec les baleines, les scientifiques ont besoin de collecter quatre milliards de cliquetis des cétacés. | Rémi Boudousquié via Unsplash
Pour élaborer l'intelligence artificielle capable de communiquer avec les baleines, les scientifiques ont besoin de collecter quatre milliards de cliquetis des cétacés. | Rémi Boudousquié via Unsplash

Faire comme Dory dans Le monde de Némo et communiquer avec les baleines? C'est l'objectif du projet CETI (Cetacean Translation Initiative). Cette intelligence artificielle est conçue par une équipe interdisciplinaire de scientifiques, qui tentent de décoder le langage des baleines pour pouvoir leur répondre. Ce serait une première dans notre compréhension des animaux: nous saurions enfin de quoi ils parlent entre eux, rapporte Hakai Magazine.

Le projet CETI a émergé dans la tête de Shafi Goldwass, une informaticienne et experte en cryptographie. En 2017, elle est à l'université Harvard à Cambridge dans le Massachusetts pour la bourse Radcliffe, un programme qui promet «une opportunité de s'éloigner des routines habituelles». Un jour, elle est interpellée par un enregistrement audio des cliquetis (ou codas) émis par les baleines. Ils lui rappellent le bruit d'un circuit électronique défectueux ou du code Morse. L'informaticienne lance le projet: comprendre ce que se disent ces mammifères marins.

Pour y parvenir, l'équipe de scientifiques prévoit de tirer parti du traitement du langage naturel (PNL), un sous-domaine de l'intelligence artificielle prévue pour décrypter le langage écrit et parlé. Plusieurs enregistrements de codas ont été soumis à un algorithme de PNL avec succès. «Il semble très bien fonctionner, du moins pour certaines tâches relativement simples», commente Michael Bronstein, responsable de l'apprentissage automatique pour le projet CETI.

Avoir une base de données

Pour mener à bien le projet, les chercheurs ont besoin d'une quantité suffisante d'enregistrements de codas, et donc de données. La première étape à franchir avant de parvenir à discuter avec les baleines est de collecter quatre milliards de cliquetis. Pour l'heure, les 100.000 codas collectés pour le Dominica Sperm Whale Project –qui cherche à conserver et à protéger la population et la diversité culturelle des cétacés– sont à l'étude.

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La seconde étape consistera à mettre les codas en contexte: ici, les scientifiques pourront trouver le sens des mots échangés par les mammifères marins. «Si nous découvrons qu'il y a une civilisation entière sous notre nez, cela entraînera peut-être un changement dans la façon dont nous traitons notre environnement», confie Michael Bronstein. Il espère que la communication avec les baleines conduira à «plus de respect pour le monde vivant».

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