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Les Coréens du Nord sont condamnés à au moins trois ans de famine

Temps de lecture : 2 min

Depuis la fermeture des frontières avec la Chine en janvier 2020, le pays souffre d'une grave pénurie alimentaire que l'État a décidé de prolonger jusqu'en 2025.

Kim Jong-un lors d'un discours, à Pyongyang, le 11 octobre. | STR / KCNA via KNS / AFP
Kim Jong-un lors d'un discours, à Pyongyang, le 11 octobre. | STR / KCNA via KNS / AFP

Kim Jong-un, le dirigeant nord-coréen autrefois obèse (140 kilos), a perdu beaucoup de poids cette année, au point que certains médias se sont demandé s'il n'était pas malade. Le discours officiel: le «grand soleil du XXIe siècle» travaille tant qu'il est obligé de sauter des repas. On ne saura sans doute jamais la véritable raison de cette transformation. Son peuple en revanche n'aura pas besoin de se mettre au régime. Il vient d'être informé qu'il n'aura pas de quoi se nourrir suffisamment pendant les trois prochaines années.

Selon Radio Free Asia, radio subventionnée par le Congrès américain qui propose une voix dissidente dans les pays asiatiques aux régimes autoritaires, les citoyens de Corée du Nord ont été informés par leurs autorités qu'ils devaient s'apprêter à se serrer la ceinture jusqu'en... 2025, année de la réouverture prévue des frontières avec la Chine, fermées depuis l'année dernière pour endiguer la diffusion du coronavirus.

Le pays de 25 millions d'habitants souffre déjà de pénurie alimentaire depuis la suspension du commerce avec son voisin chinois, en janvier 2020. Cette initiative a ravagé l'économie nord-coréenne et provoqué une inflation des denrées alimentaires faute d'importation de nourriture chinoise pour compenser la différence entre production et demande locales.

«Ça revient à nous dire de mourir de faim»

Selon un rapport de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, la Corée du Nord devait déjà faire face à une pénurie alimentaire de 860.000 tonnes cette année avant la récolte de l'année prochaine. Le Programme alimentaire mondial révèle qu'en 2019, 11 millions de Nord-Coréens souffraient déjà de sous-nutrition, et un enfant sur cinq y accusait un retard de croissance.

À en croire un rapport publié par la Corée du Nord, elle n'est pas seule responsable des difficultés économiques et alimentaires dont elle pâtit. «Les sanctions et blocus continuels, les graves catastrophes naturelles qui frappent le pays chaque année et l'interminable crise sanitaire mondiale qui a éclaté l'année dernière sont de sérieux obstacles au développement économique» d'un pays qui, rappelons-le, aspire officiellement à l'autosuffisance, inscrite dans la doctrine du Juche.

Selon l'habitant de Sinuiju, ville frontalière du nord-ouest de la Corée, qui s'est confié à Radio Free Asia sous couvert d'anonymat, le peuple espérait une réouverture prochaine des frontières avec la Chine. «Certains habitants disent que la situation est si grave aujourd'hui qu'ils ne savent pas s'ils vont survivre à l'hiver qui arrive. Pour eux, nous dire de supporter l'adversité jusqu'en 2025, ça revient à nous dire de mourir de faim», déplore cette source.

Depuis le début de l'année, le gouvernement nord-coréen ne ménage pas ses efforts pour prôner les bienfaits de l'autosuffisance. L'un des principaux messages adressés par Kim Jong-un lors du huitième Congrès du Parti des travailleurs en janvier était que le pays devait réduire ses importations et résoudre ses propres problèmes. Lors de ce congrès, le dictateur avait admis, chose rare, que les objectifs économiques n'avaient pas été atteints. En revanche, il s'était engagé à renforcer les capacités de défense du pays, qui ne cesse d'enchaîner les démonstrations de force militaire. En juillet, le Comité central a ordonné aux citoyens de commencer à cultiver leurs propres aliments en anticipation d'une pénurie qui pourrait se prolonger pendant trois ans.

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