Santé

Le stress généré par la pandémie empêche de prendre des décisions simples

Temps de lecture : 2 min

Même des choix basiques de la vie de tous les jours sont soumis à nos incertitudes.

Les personnes interrogées ont confié avoir du mal à planifier leur avenir. | Luis Villasmil via Unsplash
Les personnes interrogées ont confié avoir du mal à planifier leur avenir. | Luis Villasmil via Unsplash

Une enquête menée aux États-Unis sur un peu plus de 3.000 personnes révèle qu'un tiers des adultes sont tellement stressés par la pandémie qu'il arrive qu'ils se débattent avec des tâches quotidiennes comme savoir quoi manger ou quoi porter. Intitulée «Stress in America» et publiée dans l'American Psychological Association, cette étude met en évidence l'impact qu'a cette période du Covid sur nos prises de décision, même basiques, dans la vie de tous les jours.

Vaile Wright, psychologue clinicienne et directrice principale de l'innovation en soins de santé à l'American Psychological Association, explique comment cette incertitude latente se met en place: «Nos corps ne différencient pas d'où vient le stress. Ils savent simplement que nous sommes stressés. Ainsi, lorsque ce niveau d'incertitude commence à submerger nos mécanismes d'adaptation, même les plus petites tâches peuvent commencer à devenir écrasantes.»

Après la pandémie, l'accalmie

L'étude révèle que les parents, les jeunes adultes et les personnes racisées sont les plus vulnérables face à ce phénomène. Parmi les répondants, 47% des parents confient avoir du mal à prendre des décisions de base, et les 18-42 ans sont les plus enclins à faire de même (respectivement 37% pour les 18-24 et 48% les 25-42). Les personnes hispaniques et noires sont plus susceptibles que les personnes blanches de se dire tellement stressées qu'elles ont du mal à prendre des décisions de base. Un indicateur à relier au fait que les adultes latinos et noirs sont «touchés de manière disproportionnée par la pandémie», souligne Vaile Wright. Les Hispaniques ont d'ailleurs davantage signalé une personne malade ou décédée du Covid dans leur entourage que les autres groupes.

L'enquête, conduite en août, montre aussi que la pandémie a poussé les uns et les autres à repenser leur mode de vie (61% des interrogés) ou qu'elle a empêché de se planifier un avenir (49%). Gérer ce stress s'est avéré difficile pour près de la moitié de la génération Z et des millennials. Pour 74% des adultes, le stress a généré des maux de tête et un sentiment d'accablement.

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Cependant, parmi les participants, 70% ont déclaré être confiants pour l'après-Covid. «Cet optimisme est un sentiment que tout le monde peut exploiter dès maintenant, même pendant la pandémie, explique Vaile Wright. Il est utile de nous rappeler que nous avons déjà traversé l'adversité, que ce soit personnellement ou en tant que nation. Alors se rappeler que cela ne va pas durer éternellement, même si on peut en avoir l'impression sur le moment, peut être une ressource fondamentale.»

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