Le scandale de la génération X
A l'heure de la rigueur, le système de sélection scolaire à la française, absurde et inégalitaire, doit être rapidement rénové.
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Accrochez-vous à vos accoudoirs, voici un chiffre qui dit toute la vérité sur les mensonges de la France: à l'Ecole polytechnique, un élève sur deux a un parent prof. Oui: un sur deux! Pour parvenir au sommet des sommets du système scolaire national, la crème de la crème de l'élite, pour intégrer les belles positions, assurées ensuite toute la vie durant, il faut être un enfant du système, avoir le «décodeur» que seuls les «insiders» possèdent: les professeurs.
Les X ne sont pas les enfants des dirigeants du CAC 40, détrompez-vous. Les riches ont compris depuis une décennie maintenant: ils envoient leurs enfants à la London School ou dans les universités américaines. Autrement dit, ils fuient un système qui exclut aussi leurs enfants, sauf les très rares qui ont 20 en maths. Ne réussissent statistiquement en France que les élèves accompagnés le soir par leurs parents, qui refont les cours, qui aident, qui connaissent les filières, qui trouvent des appuis internes. L'Education nationale française, celle de l'égalité républicaine, la sélection par le mérite, est devenue pire que la Chine: elle ne sert plus qu'à promouvoir les fils du Parti, le parti scolaire.
Egalité des chances
Un sur deux! Proportion de la honte qui fait regarder autrement tous les discours sur «l'égalité des chances» dans ce pays. La captation du sommet par les membres du Parti s'accompagne d'un abandon par les mêmes des enfants du bas. Près de la moitié des élèves de fin de CM2 n'ont pas les capacités en lecture et calcul leur permettant d'accéder à l'autonomie. Parmi ces laissés-pour-compte, 15% ont des difficultés lourdes de compréhension et d'expression.
Et tout empire. Selon les tests de lecture Pisa de l'OCDE, la France est passée du 12e rang mondial en 2000 au 17e rang en 2006. En mathématiques, fierté nationale et critère de sélection absolu, ce qui est valorisé pour les X est négligé pour les enfants «normaux»: la France enregistre la plus forte baisse de score de l'OCDE sur la période.
La Cour des comptes vient —enfin— de dénoncer ce naufrage. Les résultats de l'enseignement français sont très en deçà de ceux des autres pays, surtout en regard des moyens déployés, note la Cour, lesquels moyens n'ont cessé d'être accrus. La dépense par élève est nettement supérieure en France par rapport au Japon ou à la Finlande, par exemple, avec des résultats bien inférieurs. «Il ne s'agit pas d'un problème de moyens», a conclu Didier Migaud, le premier président de la Cour (qui est socialiste), pulvérisant tous les plaidoyers syndicaux.
Handicap économique
Cet échec français n'était, hier, qu'une honte sociale bien cachée. Aujourd'hui, il est devenu le premier handicap économique du pays. Il faut bien comprendre le film: la France, comme les autres pays de l'Union, doit entrer dans une effroyable période de rigueur. Le gouvernement et l'opposition, réunis pour une fois, nous bourrent le mou à ce sujet: notre déficit est de 8% du PIB, expliquent-ils, il est de 5,5% en Allemagne (donneuse de leçons à tort), de 11% en Espagne et en Grande-Bretagne, de 14% en Irlande. Pour qui écoute vite et imagine qu'il s'agit de ses propres deniers: 8% de déficit, ce n'est pas si grave. Sauf que la bonne statistique n'est pas celle-là, qui compare le déficit à la production nationale (1.970 milliards), mais celle-ci: en 2010, l'Etat va avoir 267 milliards d'euros de recettes et il va dépenser 388 milliards, il dépense deux fois plus 45% de plus qu'il ne gagne. On mesure mieux l'effort à faire!
Donc, une austérité effroyable et longue. Il va falloir couper partout, chirurgie de guerre. Pour minorer l'effet récessif de cette brutale austérité, il faut d'urgence renforcer les moteurs de croissance. L'éducation est le plus sûr de ceux-là : les économistes Robert Barro et Jong-wha Lee, ont montré en passant en revue la scolarité de 146 pays de 1950 à 2010, que le rendement d'un bon système éducatif sur la croissance est très fort.
Voilà ce que la France a à faire: couper les dépenses tout en rénovant de fond en comble le fonctionnement des agents publics, pour les rendre efficaces face aux nouveaux défis de la mondialisation. L'Etat providence doit faire cent fois mieux avec deux fois moins. Le premier et le plus important secteur à rebâtir est le système scolaire, qui peu à peu s'est mis à ne bien travailler que pour lui-même.
Eric Le Boucher
Chronique également parue dans les Echos du 21 mai 2010.
Photo: Université de Bordeaux, en 2006. REUTERS/Regis Duvignau
Mis à jour le 25/05/2010 à 14h36













































Ce que vous dites est énorme mais rejoint ce qui a été dit ici par Roger Nifle depuis longtemps. Une éducation nationale au service de la sélection d'une élite (grandes écoles). L'université a pour fonction première de former les enseignants de cette école, la recherche de lui fournir les savoirs ad-hoc. Tel est au fond le modèle français dit républicain. Evidemment les formateurs de l'élite engendrent leur propre succession.
Mais il reste à rappeler que l'élite en question est celle de l'Etat, des fonctionnaires de l'administration au premier chef.
Il manque quelques informations à votre propos.
Qu'en est-il à Normale sup et d'autres grandes écoles? Le palmarès serait intéressant.
Des 50% restants qu'en est-il de leur origine. Je pense qu'il y a encore quelques bonnes surprises à découvrir.
Comment-se fait-il que ce système échappe à la démocratie (information, pouvoir de décision)? La République des élites de la Raison ne serait-elle pas démocratique? Philosophiquement et politiquement non.
L'Etat hégelien est bien celui là.
Votre évocation des déficits et les allusions aux coupes sombres à rechercher n'est-elle pas celle de l'exécution du système jacobin et son idéologie philosophique dont les logiques sont enfin dévoilées?
Mr Strauss Kahn et vous même comment conciliez-vous cela avec un "parti des fonctionnaires" comme on nomme le PS?
Merci et continuez
Si les enfants d'enseignants forment un gros contingent des reçus à l'X, c'est parce que, selon vous, ils sont accompagnés par leurs parents qui les aident le soir et connaissent les filières!
Cette aide à domicile et ces conseils sont tout à fait possibles pour des parents non enseignants, qui ont de plus en plus souvent fait des études supérieures.
On ne peut pas reprocher à une corporation, les enseignants, dont les cours sont faits pour tous, d'avoir de meilleurs résultats pour ses enfants!
Le reproche devrait plutôt s'adresser aux familles qui ont les moyens intellectuels de les aider mais qui ne le font pas!
Le vrai problème, c'est l'inégalité des chances pour ceux qui viennent de milieux modestes et font souvent leurs études primaires et secondaires dans des collèges et lycées qui sont loin de l'excellence !
Et là, le repérage doit se faire très tôt, comme on le fait pour les jeunes doués en foot ou en athlétisme!
Je précise que ne suis pas fils d'enseignants, mais fils d'agriculteur, entré en Grande Ecole, j'ai financé moi-même mon MBA, et j'étais en primaire avec d'autres fils d'agriculteurs qui auraient mérité qu'on les aide, eux aussi, mais pour diverses raisons, ils sont restés et ont continué la vie de leurs parents.
Et je pense que quand on naît dans un quartier sensible , la situation est encore pire!
Autonomie des établissements :
- des élèves en entrée avec évaluation
- définition d'un objectif pluriannuel adapté à la population des élèves
- connaissances minimal de base
- taux d'excellence avec différent niveau de connaissance.
- zero élève au bord de la route
- une autonomie d'organisation des cycles d'apprentissage, des répartitions d'élèves par classe, etc...
- des moyens négociés en fonction du niveau d'entrée, de l'objectif que l'équipe éducative se donnerait... et dont elle sera comptable.
Bref, un vrai management... une vraie prise de responsabilité des enseignants... une vrai fierté pour eux...
Impossible ?
Probablement autant parce que les décideurs ne sont pas habitués à faire confiance...que parce que les exécutants préfèrent le confort des ordres reçus et du fatalisme...
L'article montre en tout cas qu'il n'y a rien à craindre sur l'inégalité supplémentaire que pourrait engendrer le pari de la responsabilisation d'une équipe pédagogique...
La captation du sommet par les membres du Parti s'accompagne d'un abandon par les mêmes des enfants du bas.
Allons bon, Eric Le Boucher est devenu un adepte de la théorie du complot. Si 50% des élèves de Sciences Po ont des parents enseignants, ce n'est pas seulement parce que ce sont ceux qui connaissant le mieux le système scolaire et les stratégies qu'il suppose, mais le résultat d'une politique volontaire de leur part visant à éliminer dès la fin du CM2 les concurrents qui n'appartiennent pas au parti des profs!
Cet échec français n'était, hier, qu'une honte sociale bien cachée.
Difficile de trouver un secret aussi mal caché. Depuis le livre "Les héritiers" de Bourdieu et Passeron (1964 !), il faut être singulièrement sourd pour ne pas être initié au secret. Je ne serais d'ailleurs pas surpris si toutes les réformes qui se sont succédées depuis 1964, et qui n'ont fait qu'aggraver le problème, ne se référaient pas à ce livre dans leur déclaration d'intention.
Alors c'est une évidence qu'il faut rénover l'institution, mais je crois qu'aucune institution n'a été à ce point réformée et rénovée. Chaque nouveau Ministre ou presque a lancé une quand ce n'est pas deux réformes (jamais évaluées) qui n'ont fait qu'accentuer la déliquescence de l'institution.
Je ne suis pas assez savant pour proposer des remèdes, mais j'ai gardé un souvenir ému de l'époque où j'ai réalisé pour la première fois, lors d'un conseil d'administration dans un établissement où l'un de mes enfants était scolarisé, que l'administration avait une gestion comptable de l'échec scolaire. L'établissement avait une moyenne de redoublement supérieurs aux objectifs qu'il était supposé atteindre et la discussion portait sur les barémes de notation pour savoir comment atteindre les objectifs. J'ai fait remarquer que la démarche était absurde, aujourd'hui on dirait comparable aux méthodes utilisées par la Grèce pour satisfaire aux critères d'entrée dans l'euro. Le proviseur m'a répondu que j'avais raison, mais qu'en tant que fonctionnaire il avait un devoir d'obéissance, et que c'était la seule méthode qui lui permettait de répondre à la demande de sa hiérarchie avec les moyens dont il disposait.
Les enseignants sont comme les marins du Titanic. Ils constatent que face aux icebergs, le capitaine ne cesse d'augmenter la vitesse. Leur seul avantage sur les passagers, c'est qu'ils savent où sont disposés les gilets de sauvetage. Un grand nombre d'entre eux d'ailleurs n'hésitent pas à les indiquer aux passagers, mais ceux-ci préferrent continuer à danser sur le pont supérieur.
"l'Etat va avoir 267 milliards d'euros de recettes et il va dépenser 388 milliards, il dépense deux fois plus qu'il ne gagne. " Ben non il ne dépense en plus que l'équivalent de la moitié de ces recettes (c'est déjà beaucoup). Cela fait beaucoup comme erreur et dénote un niveau en math très loin de celui de polytechnique, même pas 5° je dirai... Que pense l'OCDE du niveau de nos journalistes économiques?
Quel travail de journalisme : tout va mal et ça va aller encore plus mal. Du coup réformons et vite.
Alors ? Comment ?
Comment ? : en retournant à l'école de la république qui sous la 3ème a permis à des fils d'agriculteurs parlant le patois et non le français, à des fils d'immigrés polonais dans l'est et le nord, italiens ou arméniens dans le sud de progresser jusqu'en haut de l'échelle sociale.
Mais pour ça il faudrait revenir à des enseignants responsables, s'occupant globalement d'éducation et non seulement de débiter un cours sans s'occuper de la façon dont il est reçu par les élèves. Excellemment pour certains, nullement pour d'autres.
La définition de la qualité c'est la satisfaction des besoins des clients. Dès que ces derniers ont tenté de l'exposer (à défaut de politique qualité mise en place par le ministère) sur Internet le premier souci de l'E.N., des syndicats et de la justice a été de faire boucler le site.
Un bel exemple de démocratie pour des jeunes adultes et un de plus du totalitarisme régnant au sein de l'E.N.
50% des élèves de l'X fils de "profs",c'est un scandale dites-vous .Pourquoi les enseignants ne protègeraient-ils pas leurs enfants dans la course aux emplois ?C'est leur seul "luxe" face aux scandales répétés de nos politiciens de droite comme de gauche d'ailleurs.Le vrai "scandale" est ailleurs,vous le savez parfaitement.Il est dans les suppressions massives de postes aux concours CAPES et Agrégation qui entrainent un "bourrage" des classes .Situation qui interdit le moindre espoir de progrès pour les enfants des classes défavorisées.Le scandale c'est aussi l'absence criante de surveillants dans les collèges (toujours motivée par la même logique comptable de nos gouvernants) qui a pour conséquence la violence en milieu scolaire .Alors,de grâce,aulieu de vous indigner de la réussite des "enfants de profs" à l'X et jeter le discredit sur une profession dont les membres ne sont -certes- pas parfaits,qui travaillent dans un système qui a -c'est évident- besoin d'être amélioré,regardez vers l'Elyzée et le grand patronat (non,je ne suis pas une dangereuse "gauchiste") qui n'ont qu'un seul but:détruire l'enseignement public car il permet aux gens de penser et donc(peut être) de ne pas se laisser mener à la baguette .
A écrire
"Pourquoi les enseignants ne protègeraient-ils pas leurs enfants dans la course aux emplois ?C'est leur seul "luxe" face aux scandales répétés de nos politiciens de droite comme de gauche d'ailleurs"
vous semblez cautionner cette absence flagrante de logique statistique dont M.Le Boucher a fait preuve.
Se mettre des oeillères en catégorisant les étudiants de l'X en "parents profs OUI/NON ?" amène une conclusion erronée.
Il faudrait plus de variables d'entrées (les facteurs menant à l'intégration de l'X pour un enfant) pour véritablement tirer des conclusios.
Intéressant, mais pas nouveau. Pourquoi les fils et filles de profs réussissent mieux ? Parce qu'on les pousse plus, tout simplement.
Sur ma classe de 6éme, collège de campagne, je suis le seul à avoir fait une Grande Ecole. Accessoirement, je suis le seul à avoir passé un bac général.
Tous mes profs ont toujours su que mon père était enseignant, la principale raison étant je pense le fait qu'il soit "délègue des parents d'élèves" (en général élu seul sans concurrence...). Je ne pense pas avoir reçu de traitement de faveur, au contraire, je pense pouvoir compter sur mes doigts les félicitations que j'ai reçues de profs en ayant une bonne note... quand mes camarades se faisaient féliciter pour leur brillant 11/20.
Les seuls personnes à m'avoir pousser à réussir, ce sont mes parents. L'EN n'a rien fait pour moi, si ce n'est payer un salaire à mon père. Aujourd'hui encore, je m'inquiète de savoir que certains de mes profs, arrivant en retard quasi-systématiquement pour mieux s'enquérir du cours qu'ils devaient nous donner, enseignent encore.
Tout cela s'inscrit pour moi dans la culture de la médiocrité, voire le culte de la médiocrité. La moyenne ? Ça suffit ! Les élèves de Grandes Écoles ? Des bourgeois profiteurs du système ! Avec tout cela, je vais bientôt finir par regretter d'avoir eu des parents qui, comble pour des parents, ont souhaité ma réussite. Heureusement, mon salaire de jeune diplômé, dans le dernier décile de revenus/foyer, est là pour me rappeler que mes impôts vont soutenir ce grand effort d'élévation intellectuelle de la société française. J'avoue que je me sens redevable et que j'ai envie de rembourser la dette abyssale que vous avez creusé pour moi, en investissant dans un système éducatif qui crée un peu plus de RSAistes à indemniser...
Des solutions ? Beaucoup. 1. Dire que "réussir, c'est bien" serait un premier pas. Avouons que bouffon il y a 10 ans avec mes bonnes notes, je suis à nouveau le bouffon d'aujourd'hui avec mes 60 heures/semaine pour financer les prestations sociales de mes anciens camarades. En gros : revaloriser l'excellence chez les élèves, pas que à HIV. 2. Virer les profs qui ne font pas leur boulot. Dans le privé, le mec en retard tout les deux jours ne fait pas long feu, je ne vois pas pourquoi le prof lui serait épargné, d'autant plus que l'avenir de la jeunesse est en jeu. 3. Sélectionner à l'entrée de la Fac. Les taux de réussite sont risibles, et si on prend le temps de regarder ceux pour les élèves issus de bac techno, on comprend qu'on jette de l'argent en l'air. 4. Revaloriser les filières apprentissages et généralement les travaux manuels. La plomberie n'est pas bonne que pour les polonais, et en plus les opportunités d'emploi sont meilleures qu'après 5 ans de fac de psycho pour ne pas avoir sa licence.
j'ai du mal à croire que ce discours puisse être produit par une personne ayant fait une grande école. cela ressemble plutôt à une série de brèves de comptoir.
Je suis aussi étonné par les soixante heure par semaine, cela me semble bien peu pour "l'élite".
Une série de lectures économiques de terrain, vous apprendrez sans doute que ce n'est pas vous qui payez pour les prestations des autres.
certain élèves réussissent à la fac alors qu'ils étaient justes dans le secondaire. La fac les libèrent de l'absurdité de la course aux concours (lesquels ne sélectionnent que les meilleurs à l'exercice spécifique du concours).
Peut être que la médiocrité, n'est pas toujours ou l'on croit la trouver.
Programmer des X pour qu'ils aillent faire les fanfarons à Londres c'est triste.
... là où la France se plante en prenant les enseignants comme boucs émissaires?
Les élèves finlandais ont beaucoup moins d'heures de classe que les petits Français, leurs professeurs font plus d'heures de cours, leurs vacances d'été sont plus courtes et pourtant les élèves finlandais sont nettement plus forts en sciences, maths et lettres (PISA -OCDE), et la Finlande est un des pays les plus performants au monde en innovation (la France est 22ème au niveau mondial)!
Mais non, nous sommes français, nous avons un passé prestigieux, cocorico!, on ne va pas en plus s'inspirer d'un petit pays qui ne produits que des rennes, du papier et des téléphones!
1- 388 milliards représentent 145% de 267 milliards, et non 200%. Effectivement, le niveau mathématique en dehors de l'X laisse passablement à désirer...
2- L'assertion selon laquelle les enfants de l'élite vont à la London School plutôt qu'à l'X est peut-être vraie, probablement fausse (à moins que ces enfants n'enchaînent les deux), elle est surtout assénée sans aucune justification.
3- Que la moitié des élèves de l'X soient fils de professeurs est assurément un problème social et politique, mais pas un problème économique : ce qui compte, c'est qu'il y ait suffisamment de polytechniciens pour répondre aux besoins de l'économie française, et je n'ai jamais entendu personne prétendre qu'il n'y en avait pas assez de ce point de vue. Plus généralement, la relation entre niveau de formation et croissance est difficilement contestable, encore faut-il ne pas la présenter de manière simpliste comme une condition nécessaire et suffisante. Le phénomène d'inflation scolaire est massif en France qui voit de nombreux diplômés de haut niveau réduits à occuper des postes déqualifiés. Il y a peut-être potentiellement un problème de niveau de formation globalement insuffisant en France, mais ce n'est sans doute pas le problème le plus fondamental : il serait plus intéressant de discuter de l'adéquation de la formation délivrée aux besoin de l'économie, ou des freins à la création de débouchés pour tous ces diplômés. Ce qui ne doit pas détourner de traiter la question des sorties massives du système scolaire sans qualifications (souvent y compris la lecture...).
4- Affirmer qu'il y aurait une sorte de complot des professeurs n'est tout simplement pas sérieux. D'une part personne ne peut ignorer que l'X, l'ENS, Centrale ou les Mines sont des formations d'excellence en France, ni quels sont les lycées qui y donnent massivement accès (tous les ans les magazines d'actualités publient les palmarès). D'autre part cela détourne de poser les vraies questions. Et si le succès des enfants de professeurs provenait de ce que ceux-ci sont les derniers, dans une société où passer à la télé étaler sa nullité devient de plus en plus l'horizon indépassable et l'ambition ultime, à accorder au savoir et à l'effort toute leur importance, et à inculquer ces valeurs à leur progéniture ? De surcroît, on peut remarquer que le système de sélection est resté assez stable alors que l'inégalité sociale et la reproduction sociale se sont renforcées. Ne serait-ce pas parce qu'on a beaucoup réformé l'enseignement primaire et secondaire en s'inspirant... des idées de Pierre Bourdieu ! Et que celui-ci a cessé de chercher à transmettre aux élèves ce que leurs parents ne pouvaient leur transmettre ?
(Et je précise que je ne suis ni fils de professeur ni polytechnicien, histoire qu'on ne me fasse pas de procès d'intention)
Alors oui, le système scolaire français a besoin d'une sérieuse remise en cause, mais pas d'affirmations simplistes et paranoïaques, encore moins d'une destruction du seul élément qui y fonctionne encore. Et on demande à un éditorialiste de slate de discuter d'un sujet sans en court-circuiter la complexité, sans asséner de fausses vérités non étayées, sans se lancer dans la démagogie. Cet article est plus proche du niveau de Café du Commerce que de ce qu'on attend d'un site d'information.
Ces attaques contre M. Le boucher sont injustes à partir du moment où ses idées sont justes. Sur le détail de 200%, M. Le Boucher est approximatif certes, mais si on tient compte de la dette qui arrive à échéance cette année et qui n'est pas dans les dépenses, on n'est pas loin des 200% (la France va emprunter 450 milliards d'€ en 2010 pour des recettes de 267 milliards).
Cela dit, j'oserais étendre son exposé à d'autres domaines de la société française: le système de formation en France est fait pour ceux qui en vivent mais c'est aussi le cas de la SNCF, d'EDF, de GDF Suez, des concessionnaires d'autoroute, des chauffeurs de taxi, des pharmaciens, des notaires, des entreprise de travaux public, de Véolia, de tout le système de soin, de Nice Matin, de la Poste, de l'ONF, d'Air France, d'Areva, de la SNCM, des banques, des collectivités locale, des station de ski, des compagnies de téléphone, des assurances... en gros de toutes les grandes institutions. Elles vivent pour elles, pas pour leurs clients ou usagers. En France on nous augmente le prix du gaz de 9% alors que les cours mondiaux baissent et qu'on nous a justifié un regroupement dans le secteur par le fait que la taille réduirait les coûts d'approvisionnement ! Quand j'analyse les causes de cette situation, je n'en vois qu'une: les politiques sont irresponsables. Et pourquoi le sont-ils ? Parce que s'ils sont chassés ils redeviennent ... hauts fonctionnaires. Retour à la case départ.
J'ai une copine, petite fille d'agrégé, fille de diplomate qui a raté l'ENA mai réussi l'école normale supérieure. A 20 ans elle était fonctionnaire. Après son agrégation elle a passé un doctorat en 2 ans puis s'est mariée et a eu 3 enfants. A 35 ans elle avait droit à la retraite à taux plein après avoir travaillé l'équivalent de 7 ou 8 ans d'un salarié normal. Qu'est-ce qui justifie qu'un état "donne" cela à quelqu'un ? Qui connait ces filières ? Qui les utilise ?
Les années passent et ces problèmes demeurent. Quand j'en parle avec mes enfants, je leur conseille de voir au delà de nos frontières. Il n'est pas né celui qui changera 50 ans d'étatisme irresponsable.
"mais si on tient compte de la dette qui arrive à échéance cette année et qui n'est pas dans les dépenses, on n'est pas loin des 200% (la France va emprunter 450 milliards d'€ en 2010 pour des recettes de 267 milliards".
Désolé mais emprunter X milliards pour rembourser X milliards ne change rien à ton niveau d'endettement (hors taux d'intérêt différents). Sinon on peut faire aussi le calcul sur le niveau total de la dette et là on doit être à 800%....
Quand à ta copine .... déjà faudrait dire la véritable valeur de l'avantage :
Après 15 ANS de cotisations et trois enfants on a droit à prendre sa retraite et d'être payé mais au prorata des trimestres travaillés(+bonus des enfants) mais cela ne donne pas droit à une retraite à taux plein: c'est au maximum 30% (2% par année si temps complet)et +10% si tous les enfant sont ages de plus de 16 ans.
Moi aussi je m'étonne de la teneur de cet article.
Candide non enseignant, j'ai remarqué depuis que je m'intéresse à l'actualité, que l'ecole a toujours cristallisé les attentes et les ressentiments de tous, chacun la voyant responsable de ses propres échecs individuels ou collectifs.
Ayons pourtant l'honnêteté de le reconnaître, malgré les affirmations répétées du contraire , nos enfants sortent du système scolaire avec un niveau bien meilleur que celui que nous avions à leur âge. Ceux qui passent le brevet cette année par exemple doivent plancher sur cinq matières, alors que il y a 35 ans le brevet était accordé d'office aux élèves admis en seconde. Rétabli quelques années plus tard, il était accordé après seulement deux épreuves, de maths et de français. L'exemple du Bac est encore plus marquant : un candidat au Bac doit présenter un travail de recherche en première, chose qui n'existait pas il y a trente ans; Pour obtenir celui de la série S, il doit effectuer deux TP et subir une épreuve de plus qu'il y a trente ans (SVT ou SI) dans les anciennes sections « C », « D » et « E ». Et ceux qui en doutent seraient bien avisés de repasser les diplômes qu'ils possèdent et confronter ainsi leurs convictions à la réalité.
Si les enfants d'enseignants réussissent mieux dans ce parcours de plus en plus difficile, c'est que dans ce milieu on valorise encore le savoir et on respecte ceux qui sont chargés de le dispenser, en dépit des coups de boutoir dont l'Enseignement (public) est victime de la part de tous les gouvernements qui se sont succédés.
Mais ici l'intention est encore plus subtile : il s'agit de casser avec des accents populistes le « dogme » de la méritocratie, pourtant en filigrane dans le slogan « travailler plus pour gagner plus », car il fonde le socle républicain et prévient les dérives de ceux qui seraient tentés de s'en extraire pour garder leur pouvoir.
Lorsqu'on prépare le bac, on a le droit de se confronter aux exercices des épreuves passées. Pour ce qui est des maths, le niveau à énormément chuté en 20 ans. Même les exercices 'faciles' d'il y a 20 ans, deviennent hyper complexe aujourd'hui.
En fait, il y a 20 ans, il fallait trouver le cheminement pour arriver à la solution. De nos jours, tout le cheminement est établi dans l'énoncé sous forme de question, et si on n’arrive pas, ce n'est pas bloquant pour les questions suivantes. Ainsi donc, on peut avoir 4.5/5 (en ne répondant pas à la première question), alors qu'il y a 20 ans, c'était 0/5.
Pour moi, c'est une erreur que de mâcher le travail... mais ca m'a bien aidé. Sans révision, j'ai pu avoir 16 coefficient 9 : uniquement de la débrouille et de la déduction en fonction des questions suivantes. Ca aide pour avoir le Bac...
En physique et en chimie, la science a énormément évolué en 30 ans. Et pourtant, dans les programmes, il est plutôt question de laisser tomber certaines parties jugées trop lourde. Ainsi donc, lorsqu'on arrive en Fac, il faut faire comme il y a 30 ans, mais en plus assimiler les évolutions depuis. C'est donc de plus en plus difficile d'avoir de bon chercheurs en France tout simplement parce que pour se mettre au niveau, il y a beaucoup plus de travail et donc, à la sorti d'un doctorat, il faut encore de la formation, afin d'assimiler toute les nouvelles théories.
On a donc plutôt tendance en France, à chercher des expériences validant ou invalidant les théories, plutôt que d'émettre de nouvelles théories. C'est dommage.
Cette information me laisse pantois. Dois-je demander à mes parents de changer de métier ? Je suis en prépa et j'ai l'intention d'entrer à Polytechnique ou Centrale, mais apparemment, j'aurais plus de chance si mon père était prof d'histoire-géo ou ma mère, prof de dessin.
Que me conseillez-vous ? Existe-t-il des sites webs où l'on puisse se trouver de nouveaux parents ? Merci d'avance de votre réponse.
Il n'existe pas de sites webs où l'on puisse se trouver de nouveaux parents.
D'ailleurs c'est trop tard pour vous. Il aurait fallu les changer avant, bien avant... Vous faites une erreur de logique abyssale. Attention pour polytechnique !
effectivement vous faites ne grosse erreur, la statistique dit 50% , il reste de la place pour les autres professions dont vos parents font sans doute partie. Mais ferez vous partie de ces 50% ?
Par contre cette école coute excessivement cher et ne fait pas partie de l'EN. On ferait bien de calculer sa rentabilité. Et de fermer ce statut de fonctionnaire attribué aux éléves. C'est peut étre ce dernier point qui plait aux parents profs.
La naïveté des interprétations de faits statistiques est telle que je la pense intentionnelle. Je pense à une envie apparemment inassumée de faire du choc, de la sensation, classique chez un journaliste.
Relier une statistique banale et ancienne au PIB des pays de la zone euros a de fort relents de théorie du complot (la vilaine corporation des enseignants qui gardent jalousement un secret).
Qu'on ne me fasse pas croire que l'auteur de cet article n'est pas capable de faire une auto critique telle qu'il a des remords quant à la mauvaise image qu'il donne a son journal et (allons y puisque l'auteur de l'article ne se prive pas pour faire de grotesques généralisation basé sur un raisonnement à la logique douteuse) à l'ensemble des journalistes.
Appliquons le raisonnement de Mr Leboucher à une autre statistique : Statistiquement être noir aux USA vous donne plus de probabilité d'aller en prison que d'être blanc. Cette donnée et le raisonnement de Mr Leboucher pourront facilement nous faire un titre indiquant que la couleur de peau noir fait de vous un individu mauvais, un délinquant que l'on doit enfermer.
Le seul scandal c'est votre article Mr Leboucher.
Je vous rejoins totalement sur vos conclusions.
La logique tronquée de l'auteur de l'article est volontaire. M. Le Boucher veut exprimer ses opinions en manipulant les statistiques.
Il me semblait que le métier de journaliste exigeait qu'on apporte des faits. Rien que des faits. Des chiffres, des sources.
On peut y apporter des suggestions ou des interprétations personnelles, mais séparées du factuel.
il n'y avait que cela a reformer. En fait il faudrait tout reprendre a zero comme cela a ete fait, par la force des choses outre Rhin. A nouveau premiere puissance economique europenne, la RFA a tout reconstruit depuis 1949 et en plus absorbe la reunification. Cela fait 50 ans cette annee que je vais en Allemagne regulierement. Quelle difference avec la France laquelle ne cesse de perecliter. Cela fait mal au coeur de voir un tel gachis. L'avenir ne s'annonce guere mieux quel que soit le parti au pouvoir. A droite : des politiciens corro;pus et a gauche des ideologues fanatiques.
La moitié des élèves entrant à polytechnique sont des enfants de professeurs. Je suis vraiment stupéfait que ceux qui sont censés éduquer les enfants de la République arrivent également à éduquer les leurs. Je suis vraiment sidéré. Les deux professions les plus représentées en classe prépa scientifiques sont effectivement enseignant (de l'instit' au professeur des universités) ou ingénieur. Bravo on sait donc maintenant que les chiens ne font donc pas des chats.
Je suis étudiant en classe prépa scientifique , fils d'un professeur étant lui même passé par une grande école de commerce. Je suis de toute évidence un enfant d'un système mafieux et vérolé bénéficiant d'un père pouvant me fournir une aide poussée en sciences physique ce qui m'a conféré une avance considérable sur mes camarades.
Ou alors les enseignants en plus de savoir s'occuper des enfants des autres savent éduquer et éveiller leurs enfants mieux que quiconque . Ne blâmez pas les meilleurs aidez les plus faibles c'est le principe de la solidarité dans une méritocratie.
Si je comprends bien M. Le Boucher, le plus gros scandale n'est pas qu'il y ait 50% d'enfants d'enseignants à l'X mais qu'il n'y ait pas 50% d'enfant de PDG à l'X.
M. Le Boucher,
Merci pour cet article qui a le mérite de souligner un dysfonctionnement dans le système éducatif français.
Avec tout le respect que je vous dois, je trouve que vous faites preuve d'une certaine malhonnêteté intellectuelle.
Tirer des conclusions de statistiques sans présenter ses sources, sans expliquer la méthode de mesures est une escroquerie.
Quels ont été les facteurs étudiés sur ces élèves ? Profession des parents, oui. Et ensuite ? Niveau de vie ? Age ? Situation géographique ? Sexe ? Soutien scolaire ? Cursus ? Ecole publique ? Privée ? Ces catégories statistiques restent en suspend.
Vous prenez le cas particulier de l'Ecole Polytechnique, quid des autres écoles d'ingénieur de France ? Des Ecoles des commerce ? De l'ENA ? Sciences-Pô ? Les facultés ?
Je suis diplômé d'une grande école d'ingénieur française. Mes parents sont instituteurs tous deux. Je devrais faire partie des "insiders" qui connaissent les filières de la réussite ?
Non, Monsieur Le Boucher. Mes parents n'ont jamais ouvert mon cahier de texte, jamais demandé si j'avais fait mes devoirs. Et ce jusqu'à l'obtention de mon diplôme. Je n'ai jamais eu de soutien scolaire. Nous avons vécu avec des moyens très modestes, à la limite de la bourse.
Je pense que le problème vient de différents facteurs :
- l'attention des parents à "muscler" le cerveau de leur enfant dès le plus jeune âge. N'y voyez aucune notion financière : la lecture, le dessin, la musique, la cuisine tirent notre cerveau vers le haut. Ceci est à relier avec les problèmes d'éducation des enfants par leurs parents : on ne veut plus s'en occuper. C'est la société du 0 effort.
- la méconnaissance des voies professionnelles. Si mes parents ne m'avaient pas proposé de remplir un dossier d'école d'ingénieur, en sortie de Fac, je ne l'aurais jamais fait par peur de l'échec. On ne va quand même pas leur reprocher de s'inquiéter de l'avenir de leurs enfants, non ?
Les chiffres que vous citez concernant la cour des comptes sont certainement totalement étrangers des points que vous mentionnez précédemment. Le système éducatif français est en panne sèche, oui. Les facs sont des entonnoirs à chômeurs/profs par dépit, nous avons l'exception des "grandes écoles", les écoles privées type ESC... Rien n'est professionnalisant à la Fac. De la théorie pure, aucun accompagnement. Aucun lien avec l'Entreprise.
Vous mélangez tout.
Dommage, l'article aurait pu être vraiment tranchant sinon. Vous perdez la force de frappe que vous auriez pu avoir.
J'espère que vous tiendrez compte des nombreux commentaires liés à votre article qui a le mérite d'exister.
Cdt
C'est quoi la London School? Jamais entendu parlé. La London School of Economics, peut-etre? C'est quoi la proportion des Francais fils et filles de "patrons du CAC40?" a la LSE?
Délicieusement fifties l'école de la république... elle sent bon la craie. Le problème, c'est qu'on a changé de millénaire. A l'heure ou nous passons notre journée le regard rivé sur de multiples écrans, nos charmantes tête blondes, qui d'ailleurs sont de moins en moins blondes et de plus en plus brunes, voir carrément noires, se coltines encore le cahier Seyes. Pourquoi pas la plume Sergent Major et l'encrier au coin de la table pendant qu'on y est ?
Aux Tadeuz Kantor de l'éducation et leur modèle Pompéien façon musé gréviste, j'oppose un projet moderne et dynamique, centré non pas sur les besoins de l'enfant, si même c'est important, mais sur ceux la société en général. Si l'état, paye il faut que tout le monde en profite.
1/ Je dis vive les quotas ! Quotas de matheux, quotas de mécaniciens, quotas de gérants, quotas de chercheurs, quotas de maghrébins, de fils de Harkis, de fils de smicar, de filles, de handicapés ( pour le reste demandez à Prévert ou à Coluche)... bien évidement que c'est injuste ! Mais ça l'est tellement moins que ce qui est en vigueur aujourd'hui, que c'est déjà un immense progrès. C'est quotas ne doivent pas être produits sur la base des désirs des individus, mais sur les besoins de la société.
2/ C'est l'état qui décide du contenu des cours et de la méthode d'enseignement. Nous nous donnons dix ans pour identifier à travers le monde et tester les techniques d'enseignement qui donnent les meilleurs résultats. Des groupes testent des approches éducatives différentes dont les résultats sur les différents groupes sont mesurés statistiquement par des institut indépendants. À la fin du programme de recherche, un arsenal de méthodes les plus efficaces est déployé à grande échelle, mais en tenant compte d'un besoin de diversité.
3/ Reconquérir les savoir faire techniques et manuels. Nous n'avons pas besoin d'une nation de philosophes et de managers. Il nous faut aussi tous les types compétence et ce du niveau le plus subalterne au plus sophistiqué. De nos jours plus personne ne sait monter un beau mur de briques par exemple. Nous devons savoir fabriquer et c'est à l'école que ça s'apprend.
4/ D'ici dix ans avoir incomplètement informatisé l'éducation avec un portable Mac ou Linux (pas de PC, c'est trop nul) par élève acheté par l'état en gros et repayé par les familles sur cinq ans ( gratuits pour les pauvres). Mettre le CNED au centre du système ( Powered by Le CNED ;-) Cinq ans pour inventer le système, cinq ans pour le mettre en place.
5/ Enseignement obligatoire de l'Anglais dés la maternelle. À partir du collège enseignement d'une seconde langue étrangère non EU ( Brésilien, Russe, Mandarin, Arabe, etc). Deux langues étrangères max.
6/ Allégement des programmes. Concentration sur la qualité et non la quantité des savoir. Aucun enfant ne doit étudier plus de 30 heures par semaine.
7/ Du sport, encore du sport, toujours du sport. Tous les après midi. OBLIGATOIRE.
8/ Contrôle continu par un département indépendant. Ce ne sont pas les profs qui notent leurs propres élèves mais des profs qui ne connaissent ne l'enseignant, ni l'élève. Résultats publiés en ligne par établissement et par enseignant. Bonus pour les enseignants et établissements qui s'améliorent.
9/ Réorganisation de l'année scolaire et des vacances pour être synchro avec la vie de famille.
10/ Introduction de l'uniforme. Le même de Lille à Marseille et de Brest à Nancy. Comporte un foulard pour les filles, qui peuvent le porter comme elle veulent. Pas de Hijab, pas de turban, pas de Képas, pas de croix. Chaussure de gym modèle standard éducation nationale.
11/ Interdiction de fumer quoi que soit à qui que ce soit à l'intérieure et devant les établissements.
Rajoutons à ça que nous devons enseigner transversalement... c'est à dire travailler le même sujet dans plusieurs matières.
Les enseignants doivent suivre les programmes scrupuleusement. Trop souvent ils appliquent ce qu'ils croient être bien et pas ce qu'on leur demande. Ce n'est pas à eux de décider ce qu'on apprend à l'école ni comment on l'enseigne. L'éducation nationale est là pour exécuter la stratégie de l'état. Point ! En échange d'un emploi à vie ils doivent accepter ce que le peuple, à travers la volonté de l'état leur impose. En ne fournissant pas les résultats qu'on attendait d'elle ( une nation éduquée) l'éducation nationale a perdu le droit à la parole. Si ils ne sont pas d'accord, leur liberté est d'aller travailler dans le privé. Nous n'avons pas besoin d'un tiers état, nous avons besoin de Hussards Noirs.
Je dis ceci, car des études américaines très sérieuses montrent que les techniques d'enseignement qui donnent les meilleurs résultats, notamment destinées aux jeunes enfants des quartiers sensibles, sont malheureusement les moins motivantes pour les enseignants. Ces dernières cinquante années, nous avons eut droit à tout et son contraire et principalement les théories les plus loufoques...
Voilà, c'est très simple...
Je suis stupéfait par cet article. Les statistiques sont justes bien sur, mais leur interprétation est partiellement erronée :
Pas besoin de "décodeur" pour intégrer l'X, Centrale, Mines Ponts,...
Voici comment faire : il faut passer un bac S, faire une prépa scientifique (études gratuites), et passer un concours au bout de 2 ans de prépa. Je ne vois pas ce qu'il y a de tortueux à celà.
Par contre, ce que ne dit pas l'auteur de l'article, c'est qu'il faut travailler beaucoup en prépa, avoir la volonté de réussir, ne pas baisser les bras à la moindre difficulté,...
Du coup, demandez vous pourquoi ce sont essentiellement les enfants d'enseignant, d'ingénieur, de médecins, qui répondent à ces critères déterminants.
J'enseigne en classe prépa (et pourtant mon père était ouvrier, ma mère agricultrice, et je suis entré à l'ENS), et je constate que de nombreux enseignants, sont soucieux de bien éduquer leurs enfants, de les cultiver, et ce, dès le plus jeune âge. Ce n'est pas dans le secret espoir de les voir entrer à l'X ou à l'ENS; mais c'est juste la volonté de bien les former à leur future citoyenneté. Voila sans doute la raison pour laquelle ils réussissent peut être mieux plus tard.
Sans parler de l'autocensure que pratiquent bon nombre de jeunes et leurs parents, vis à vis des études difficiles et exigeantes. Pourquoi avoir peur de faire une classe prépa ? Oui c'est difficile et alors ? Les difficultés rencontrées dans l'apprentissage sont formatrices.
Mes parents étaient fiers de me voir étudier et passer du temps à travailler pour apprendre. Aujourd'hui, beaucoup de parents ont peur de faire un peu travailler leurs enfants et de les pousser à faire mieux encore.
Difficile de comprendre la ligne directrice de cet article : est-ce un article sur le faible niveau scolaire français ou un article sur la "honteuse proportion" d'enfants d'enseignants dans les grandes écoles?
Je pense, en fait, qu'il y a une tentation dans ce texte qui ne s'avoue pas vraiment : c'est la proposition implicite de transférer l'argent consacré aux élèves des classes supérieures à l'ensemble du système scolaire. C'est la fausse bonne idée par excellence, celle que ressassent depuis des décennies les idéologues pédagogistes du type Philippe Mérieu.
On a du mal à croire que cet acharnement contre un enseignement "élitiste" est guidé par un souci de l'intérêt général, je le sens plutôt dicté par le ressentiment et la jalousie sociale.
Alors, mes deux objections :
- détruire le système actuel n'améliorerait pas le niveau général, au contraire ce serait un coup fatal porté à l'enseignement. On pourrait être sûr alors que plus rien ne marche à l'EN.
-l'injustice dont on parle est insignifiante par rapport à toutes les autres, le "privilège" d'être dans une grande école est dû principalement au talent de l'enfant (aucun cours particulier de maths ne fera de vous un très bon élève dans cette matière si vous n'avez pas des aptitudes personnelles). Les salaires de ceux qui sortent d'une grande école ne correspondent pas à des rémunérations exorbitantes. Comparez les salaires d'ingénieurs et les salaires de journalistes parisiens, vous direz ensuite qui est privilégié.