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«La première fois, j'étais terrifiée»: des vétérinaires stérilisent les hippopotames de Pablo Escobar

Temps de lecture : 2 min

En Colombie, quatre-vingts hippopotames vivent en liberté depuis la mort du baron de la drogue.

Un hippopotame au parc aquatique de Briceño, en Colombie, le 30 juillet 2020. | Raùl Arboleda / AFP
Un hippopotame au parc aquatique de Briceño, en Colombie, le 30 juillet 2020. | Raùl Arboleda / AFP

Le trafic de drogue n'a pas simplement rendu Pablo Escobar riche. Il l'a rendu immensément riche. Riche à ne plus savoir qu'en faire. Clubs de football, fortunes cachées dans les murs... Mais de toutes les extravagances dans lesquelles le narcotrafiquant a dépensé ses milliards, la plus célèbre est certainement l'Hacienda Nápoles.

Cette luxueuse demeure de 20 kilomètres carrés située entre Bogota et Medellín était accompagnée d'un véritable zoo constitué de plus de 200 animaux, dont des bêtes exotiques importées illégalement dans le pays: zèbres, girafes, autruches chameaux, hippopotames…

Après la mort du narcotraficant en 1993, la plupart de ces animaux ont été transportés dans des zoos du pays. Seulement, le déplacement des hippopotames, plus d'une tonne chacun, n'a pas été possible. Depuis, les bêtes vivent donc librement dans la campagne colombienne.

L'Hacienda Nápoles ne comptait au départ que quatre hippos, mais en quasiment trente ans, ils se sont multipliés, et ce sont désormais près de quatre-vingts hippopotames sauvages qui s'ébattent le long de la rivière Magdalena.

Massifs et dangereux

L'abattage sélectif ayant été écarté devant les protestations d'associations de défense des animaux, la décision a été prise de les stériliser. Le problème est que ce ne sont pas précisément le genre d'animaux auxquels sont habitués les vétérinaires colombiens. «La première fois, j'étais terrifiée, explique au Guardian Gina Paola Serna, ce sont des animaux massifs et très territoriaux, tout est compliqué lorsqu'on travaille avec eux.»

Si paysans de la région arrondissent parfois leurs fins de mois en organisant des visites pour les touristes qui raffolent des «cocaïne hippos», les autorités ne peuvent pas tolérer la prolifération de ces animaux sauvages. Non seulement leur présence est néfaste à l'écosystème, mais les hippopotames sont des animaux très dangereux pour l'homme.

La stérilisation a été choisie plutôt que la castration, car les hippo passent le plus clair de leur temps dans l'eau, et ne sortent généralement qu'une fois le soleil couché. Pour les castrer, il faudrait donc les anesthésier la nuit puis effectuer une opération chirurgicale, leurs organes reproducteurs étant internes. Le tout coûte environ 6.000 euros par animal.

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Gina Paola Serna utilise donc du Gonacon, un vaccin contraceptif, qui entraîne une stérilité temporaire et doit donc être ré-injecté à intervalles réguliers. Vingt-huit ans après sa mort, Pablo Escobar continue de donner des migraines aux autorités colombiennes.

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