Santé / Sciences

Être enceinte et positive au Covid-19 est d'autant plus dangereux si on attend un garçon

Temps de lecture : 2 min

Le sexe du fœtus influence à la fois la capacité de la mère à générer des anticorps contre le virus et à les transférer à son bébé.

Les trente-huit femmes enceintes porteuses du Covid-19 ont transféré aux fœtus masculins une immunité au virus nettement moindre qu'aux féminins. | Sharon McCutcheon via Unsplash
Les trente-huit femmes enceintes porteuses du Covid-19 ont transféré aux fœtus masculins une immunité au virus nettement moindre qu'aux féminins. | Sharon McCutcheon via Unsplash

C'est la première étude scientifique à se demander si une femme enceinte infectée au Covid-19 transmet de la même manière ses anticorps à son fœtus selon qu'il se développera en bébé fille ou garçon, et la première à examiner les différences entre les sexes dans la réponse placentaire à l'infection maternelle.

Publié le 19 octobre, cet article tend à montrer que chez les femmes enceintes testées positives au SARS-CoV-2, les placentas masculins expriment une activation immunitaire accrue par rapport aux féminins.

Mais il ne faut pas pour autant en déduire que les fœtus masculins seraient mieux protégés que les féminins. Comme l'explique dans la Havard Gazette Andrea Edlow, spécialiste de médecine materno-fœtale au Massachusetts General Hospital, qui a dirigé l'étude, c'est même l'inverse.

En effet, si des niveaux significativement plus élevés de certains gènes et protéines associés à une meilleure activation immunitaire peuvent contribuer à protéger les fœtus masculins d'une infection alors qu'ils sont dans le ventre de leur mère, l'inflammation qui en résulte a de quoi être plus périlleuse pour l'enfant à naître.

La plus grande fragilité des fœtus masculins et des petits garçons

En outre, il s'avère que les trente-huit femmes enceintes porteuses du Covid-19 examinées dans cette étude ont transféré aux fœtus masculins une immunité au virus nettement moindre qu'aux féminins, ce qui pourrait jouer sur le risque d'infection du nourrisson. «Le sexe du fœtus influence à la fois la capacité de la mère à générer des anticorps contre le Covid-19 et à les transférer à son bébé», résume Edlow.

Une conclusion allant dans le sens d'autres études épidémiologiques montrant que la prévalence du Covid-19 est plus élevée chez les humains mâles que chez leurs congénères femelles, et ce à tout âge. En général, les fœtus et les nourrissons de sexe masculin sont d'ailleurs plus vulnérables aux infections que leurs homologues féminins.

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De fait, si la moindre longévité des hommes adultes est un fait connu, la plus grande fragilité des fœtus masculins, puis des petits garçons, l'est beaucoup moins. Au cours du premier trimestre de grossesse, le sexe-ratio fœtal est ainsi de 170/100 en faveur des fœtus masculins, qui subissent ensuite trois fois plus d'avortements spontanés (fausses couches) que les féminins. Il naît dès lors en moyenne 51% de garçons et 49% de filles, un sexe-ratio qui va s'inverser au cours des premiers mois de la vie, vu que la mortalité infantile est 20% supérieure chez les petits garçons avant 1 an. Face à ce phénomène, l'étude d'Edlow et de ses collègues a tout d'une nouvelle brique de compréhension.

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