Derrière la rigueur, la réinvention de l'Etat social
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La crise et les Grecs auront obtenu ce qu'aucun gouvernement français n'ose depuis 35 ans: imposer une rigueur spartiate. L'Etat, les collectivités locales, les organismes de sécurité sociale et de retraite vont devoir se serrer la ceinture à fond. Pour revenir dans le cadre maastrichtien d'un déficit de 3% du PIB en 2013, à partir des 8% de cette année, il faudra économiser 100 milliards dans des dépenses publiques de 1.100 milliards. En clair, disons couper 10% partout sur trois ans. Et ensuite il faudra continuer jusqu'à l'équilibre des comptes publics, 0%.
C'est évidemment colossal et les doutes sont permis. Doute sur la possibilité d'y parvenir sans réduire le périmètre des fonctions de l'Etat, c'est-à-dire abandonner des pans entiers: certaines allocations? Certaines fonctions militaires? Certains services publics? Doute sur l'acceptabilité de ces sacrifices par la population. Doutes sur le résultat économique de ces chirurgies qui sont opérées dans tous les autres pays européens en même temps: vont-elles précipiter l'Union, et la France, dans la récession pour dix ans?
Il eut évidemment mieux valu engager cet assainissement bien plus tôt et au cours d'une phase de croissance. Mais rien n'a été fait par les prédécesseurs de Nicolas Sarkozy ni par lui-même qui avait creusé le déficit à son arrivée en 2007. Nous voilà contraints d'agir dans un contexte de sortie de crise et de chômage monté à 10%, ce qui, évidemment, ne va pas faciliter les choses.
Commençons par la croissance et l'effet «récessif» de ces plans.
Mathématiquement, la contraction des dépenses publiques va restreindre l'investissement et la «demande» étatiques et freiner l'économie. Du coup, les recettes de l'Etat seront moindres et le déficit ne descendra pas autant qu'espéré. Cet effet dit «ex-post» est bien connu et le gouvernement doit prévoir de serrer la ceinture plus qu'il ne faudrait: en gros, selon Patrick Artus de Natixis, il lui faut viser de baisser de 2 points le déficit pour qu'à la fin il se réduise d'un point (en % du PIB). C'est dire la quantité d'huile de foie de morue qu'il faut ingurgiter... c'est dire que la récession n'est guère évitable dans ce cas-là.
Comment faire pour l'éviter? D'abord accélérer les réformes dites «structurelles», souligne Laurence Boone, celles qui compensent et poussent vers le haut le potentiel de croissance: concurrence, innovation, marché du travail... Ces réformes deviennent urgentissimes et il ne faut plus les conduire dans un esprit de compromis comme l'a fait Nicolas Sarkozy depuis trois ans.
Ensuite, faire comprendre aux marchés financiers aujourd'hui en ébullition qu'une réduction plus lente que prévue de la dette n'est pas catastrophique. Qu'aller trop vite poussera à la dépression et que les emprunts seront alors impossibles à rembourser. Si l'Espagne cale après la Grèce alors la France et l'Allemagne seront forcées de l'aider pour des montants qui jetteront une suspicion sur les émissions des deux grands pays de la zone euro. C'est «le scénario noir» de la spirale récessive, selon Patrick Artus.
D'où la nécessité de convaincre les marchés du bon vouloir des Etats par des mesures fortes: en France, la réforme des retraites en fait partie. Mais est-ce possible? Les syndicats ont compris le risque d'une déstabilisation possible de l'euro. Les socialistes, c'est moins sûr.
Redéfinir l'Etat et ses missions
Mais comment le faire accepter par l'opinion? Dans quel état d'esprit sont les Français et comment seront-ils dans un an, dans deux ans, au moment où les ambitions présidentielles s'affronteront? La rigueur résistera-t-elle à l'élection et à la tentation immanquable des fausses promesses? On peut craindre beaucoup de ce qui se profile pour des candidats naviguant entre les marchés en colère et les peuples en colère.
Reste à redéfinir l'Etat et ses missions. Autant savoir où placer le curseur de la rigueur est une difficulté politique, autant rebâtir l'Etat-providence est d'abord un défi intellectuel. De l'école à l'hôpital, il faut faire mieux avec moins de crédits. Une révolution dans des services publics où la culture est de réclamer «toujours plus de moyens». Les travaillistes britanniques ont introduit de la concurrence privée pour aiguillonner les fonctionnaires. Les Canadiens ont transformé des ministères en «agences» avec des personnels payés selon des critères de résultats. Que doit faire la France? La vraie question derrière la rigueur est celle de l'adaptation de l'Etat aux nouveaux besoins sociaux du XXIe siècle. Ou la France sait réinventer son modèle social à plus faible coût, ou elle déclinera dans la récession.
Eric Le Boucher
A lire également, et du même auteur, la série en cinq volets, la crise après la crise. Et vos idées pour trouver 100 milliards, nous les attendons ici.
Photo: CC flickr by Hamed Parham
Mis à jour le 21/05/2010 à 9h52










































tout cela est sans doute exact, mais un euro à un dollar aura le même effet en augmentant divers couts interieurs comme les déplacements et en boostant les exportations, de beaux airbus à moitié prix et des logements à peine chauffés, voila qui va redonner deux ou trois points de croissance !!!
A vous lire on comprend bien qu'aucune idéologie, si généreuse soit-elle, ne pourra tenir face à l'effort "évidemment colossal" à fournir au risque, malgré cela, de "précipiter l'Union et la France dans la récession pour dix ans".
Notre seule chance dépend du courage politique que montreront nos élus en dépit des élections qui se profilent. Il faut souhaiter qu'ils sauront prendre les décisions difficiles malgré les risques électoraux encourus.
Quant au PS, on voit bien que cette crise qui provoque tant de désarroi dans le public, leur paraît une occasion quasi inespérée de gagner les prochaines élections présidentielles et législatives, d'où leur dogme : on ne change rien et on fait payer les riches.
Peut-être leur calcul réussira-t-il, encore que leur candidat de prédilection, monsieur Strauss-Kahn, n'ait pas l'air d'être tout à fait sur cette ligne. Mais soyons persuadés, qu'aussitôt au pouvoir, il leur faudra obligatoirement prendre les mesures de rigueur qu'ils auront combattues pour se faire élire, comme cela s'est passé en 1983, avec le fameux "tournant de la rigueur" de François Mitterrand.
Pas besoin de faire du journalisme de faits divers pour jouer avec la peur, la suspicion, le découragement. A l'aube de défis importants qui nécessiteront toute notre énergie et nous permettrons de progresser dans le bon sens, vous le faîtes aussi très bien. Dans quel but ?
--Parce que nos politiques pleins d'arrogance détestent par dessus tout le NIH (Not Invented Here)!
--Parce qu'on n'innove pas par décret, et que si la France a encore du talent pour inventer, elle ne sait pas toujours transformer ses innovations en succès commerciaux! L'innovation, c'est une culture et notre système éducatif ne nous y prépare absolument pas.
--Parce que nos syndicats "toujours plus" et qui ne représentent qu'eux mêmes, ont une capacité de nuisance sans pareille!
--Parce que la Gauche ne comprend pas l'imminence du danger et est incapable de s'élever au-dessus de son statut d'opposition!
Et finalement, il ne nous restera plus qu'une bonne dose d'inflation pendant une décennie pour espérer s'en sortir, bien que cette solution soit assez délicate à maîtriser!
Mais le plus important et qui sera sans doute le plus redoutable obstacle, c'est la confiance dans nos dirigeants, cela ne se décrète pas, mais se construit patiemment, et en France, c'est assez mal parti!
J'ai regardé DSK à la télé hier soir et pour la première fois depuis longtemps je vois un vrai leader de gauche.
Enfin un pilote dans l'avion - un commandant de bord calme, claire, intelligent, maitrisant parfaitement son sujet.
Quel contraste 10 minutes plus tard sur la même émission avec les aboiements (habituels) du porte parole du PS B. Hamon pour qui tout sujet se résume à 'la vie est injuste' (c'est vrai) et pour remédier à cela il 'faut taxer les riches' (pourquoi pas? Sauf qu'ils sont déjà pas mal taxés et cela ne résoudra pas le problème).
Il est temps que le PS comprenne qu'aboyer n'est pas une politique sociale. DSK montre qu'il a la maîtrise du problème et aucun goût pour monter sur les barricades. Comme Obama et comme le tandem britannique Cameron-Clegg. C'est encourageant.
Il sera un excellent président pour la France et si je pouvais (ce qui n'est pas le cas) je voterais pour lui!
Il faut être juste, vous ne pouvez pas comparer la prestation de monsieur Strauss-Kahn à l'affrontement de messieurs Woerth et Hamon.
Le premier n'avait pas de contradicteur et, madame Chabot, qui avait visiblement fait un effort de coquetterie, ne lui a pas posé la plus petite question gênante. Au contraire, tout était fait pour mettre le grand homme en valeur.
En revanche, dans le débat sur la réforme des retraites, on se trouvait face à un ministre sur les épaules duquel repose cette réforme en grande partie, qui a dû sans arrêt se défendre des attaques du plus arrogant des membres du PS.
Il se pourrait, que comme vous l'écrivez, monsieur Strauss-Kahn, soit un bon président pour la France, mais je reste sur les termes de mon pari fait au tout début de Slate.fr, monsieur Strauss-Kahn ne sera pas président de la France car il n'a aucune envie de l'être et on peut le comprendre.
Il ne se présentera pas à cette élection et ce n'est pas ce que j'ai pu voir hier soir qui me fera changer d'avis, d'autant qu'il a le droit de postuler pour un nouveau mandat au FMI.
Déjà on peut compter sur l'état pour faire sortir des dépenses de son budget et les faire payer quand même plus cher par les citoyens (sur le modèle des autoroutes ou des déremboursements). La privatisation d'EDF, premier électricien mondial, n'a quasiment rien rapporté à l'état, tout étant allé à l'augmentation de capital. On part de loin pour ce qui est de la remise en ordre.
Par contre, il paraît assez facile pour un pékin comme moi de lister des économies immédiates et sans perturbation des services publics :
- retour de la TVA dans la restauration sans hausse de prix,
-suppression de la hausse de 1€ sur les consultations médicales,
- suppression des dispositifs Cellier et autres qui reviennent à faire payer par le contribuables les investissements immobiliers des plus riches,
- plafonnement des retraites dans le public (combien gagne un ambassadeur ou un préfet à la retraite ? - rien que d'y penser j'ai la nausée), *
- suppression des avantages pour investissements immobiliers dans le DOM-TOM,
-pour 1€ symbolique, donner la SNCF à Véolia transports,
- supprimer le statut de docker,
- suppression des haras nationaux,
- vente des résidences du président de la république,
- suppression de la voiture de fonction et gardes du corps des anciens présidents et premiers ministres (il y a 10 anciens premiers ministres encore vivants)
- réduction du nombre de députés à 300,
-suppression des remboursements des médicaments sans effet prouvé,
- suppression des cours de musique et arts plastiques au collège
- alignement des conventions collectives et des contrats de travail des collectivités territoriales sur le privé,
- réduction à 3 ou 4 du nombre d'orchestres philharmoniques dans le pays,
- suppression de la règle des 15 ans d'ancienneté pour une retraite à taux plein avec 3 enfants dans la fonction publique (une fille rentrée à l'école normale à 20 ans peut partir à la retraite à 35 ans, record du monde, sans compter qu'elle ne travaillait pas les 2 mois d'été et a eu 3 congés maternité - avec un peu de chance elle a travaillé en tout mois de 30 trimestres)
- suppression du ministère de l'équipement comme en Nouvelle-Zélande,
- suppression des logements de fonctions pour les ministres et haut fonctionnaires, comme en Suède,
- suppression de 80% des salariés de l'Elysée, la modestie rentre dans les mœurs,
- suppression du poste de premier ministre dont les pouvoirs sont transférés au président,
- suppression du Sénat,
- suppression du conseil économique et social qui lui est vraiment inutile,
- privatiser Pôle emploi,
- supprimer l'ONF,
- revoir les avantages fiscaux et financiers des Corses qui sont des Français comme les autres,
- suppression des départements avec transfert de leurs responsabilités aux régions,
- fermeture des ambassades dans la plupart des pays en mutualisant la fonction avec les Allemands ou les Anglais,
- réduction des forces militaires de 50%, pour tenir l'ordre en Côte d'Ivoire c'est suffisant,
- réduire le nombre de ministres à 15,
- supprimer l'Académie Française qui coûte trop cher en frais d'obsèques,
Bon, ça y est, j'ai trouvé 50 milliards par an, sans me fatiguer. Finalement, mes impôts vont baisser, que vais-je faire de tout cet argent ?
On va me prendre pour l'agent électoral de DSK ce qui n'est pas le cas et qui techniquement est impossible.
Mais si l'on voulait la preuve de DSK se prépare pour les élections de 2012 sa présence même sur l'émission 'A vous de juger' suffit!
Et cette émission n'est pas la seule occasion dernièrement où on a eu de ses nouvelles. DSK prépare sa candidature avec le même soin que Ségolène - bien dosé, rien au hasard, attendant le bon moment.
Et il y en a au PS qui prend ça très au sérieux - d'où rebelote sur certains aspects supposés (ou réels, je m'en fous) de sa vie privée!
Je m'en réjouis. La France, pays qui a son coeur à gauche et son porte monnaie à droite, va enfin trouver un leader de gauche à la hauteur.
Atout supplémentaire : c'est un homme connu et respecté internationalement, qui parle anglais presque aussi bien que moi et qui sait qu'en dehors de la France (et de l'Europe) il existe une espace qui s'appelle 'le monde'.
Avec tout ça que veut le peuple?!
Il suffirait donc que DSK ai été nommé à la tête d'une organisation internationale aux pratiques sujettes à caution (et qui, si je me souviens bien a complètement "planté" l'argentine et les argentins) pour que cela fasse de lui l'homme providentiel ?
Comme dirait Rostand, "...C'est un peu court jeune homme..."
DSK, sous réserve que ma mémoire ne me joue pas des tours, c'est bien l'homme qui avait reçu tout à fait légalement environ 600 000 francs d'honoraires pour ses services en qualité d'avocat auprès d'une mutuelle étudiante plutôt "à gauche" ?
ces 600 000 francs c'étaient les cotisations des membres ?
Il n'y a pas de petits profits, seulement de gros profiteurs.