Sciences

Voici à quoi ressembleraient nos villes englouties par la montée des eaux

Temps de lecture : 2 min

Des scientifiques ont réalisé des modélisations en suivant le scénario d'une augmentation des températures de 3°C, ce qui entraînerait une élévation considérable du niveau de la mer.

Même l'on parvenait à inverser la courbe des températures, la hausse du niveau de la mer est un processus irréversible, alertent les scientifiques du Climate Central. | Dominik Van Opdenbosch via Unsplash
Même l'on parvenait à inverser la courbe des températures, la hausse du niveau de la mer est un processus irréversible, alertent les scientifiques du Climate Central. | Dominik Van Opdenbosch via Unsplash

Les scientifiques et journalistes du Climate Central –un groupement indépendant qui cherche et rapporte des faits liés au changement climatique– ont travaillé en étroite collaboration pour évaluer l'impact de la hausse du niveau de la mer sur nos terres. Ils ont modélisé la montée des eaux dans plusieurs villes du monde, en se fondant sur une hausse des températures de 3°C.

Le résultat, très marquant, est à découvrir ici. Plus de 180 lieux ont été modélisés. Pour se faire une idée de ce que deviendrait la France, il suffit de placer le curseur de sa souris au choix sur la cathédrale Saint-André de Bordeaux ou sur celle de Nice et ses alentours. Certains monuments se retrouveraient complétement engloutis.

Benjamin Strauss, PDG et scientifique en chef de l'association à but non lucratif, explique que l'initiative de Climate Central a pour vocation de mettre en évidence «les centaines d'années d'élévation ininterrompue du niveau de la mer que nous avons déclenchée en fonction de ce que nous faisons». Les scientifiques du Climate Central ont créé ces visualisations afin de rendre les effets du réchauffement climatique et de la montée des eaux plus tangibles. «Je pense que lorsque nous parlons de changement climatique, nous nous laissons souvent emporter par des abstractions», poursuit le directeur. Ce travail permet de voir aussi simplement que sur «une affiche» les impacts qu'ont les activités humaines sur la planète, ajoute Benjamin Strauss.

Au-dessus de 4°C, les Bahamas n'existent plus

Cette augmentation de +3°C sur le thermomètre est prévue d'ici la fin du siècle si aucun effort n'est fourni pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, alerte le Climate Central. Suivant ce scénario, les calottes glaciaires fondront. L'eau ainsi libérée recouvrirait 10% de la superficie des continents habités par les populations actuellement. En Chine, par exemple, 43 millions de personnes seraient contraintes de migrer, car leurs terres disparaîtraient sous les eaux.

Au-delà de 4°C d'augmentation, environ cinquante grandes villes devraient faire face à une exposition sans précédent. Les États devraient alors munir leurs métropoles de protections massives ou imposer aux habitants de quitter la zone. Les territoires insulaires, comme les Bahamas, seraient confrontés à une perte presque totale des terres où est installée de nos jours la majorité de la population.

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L'étude ne permet pas encore d'anticiper la date précise à laquelle pourraient ces scénarios pourraient devenir une réalité catastrophique. Néanmoins, les scientifiques tirent la sonnette d'alarme: l'élévation du niveau de la mer est irréversible, même si la planète parvient à se refroidir. Une réduction radicale des émissions de CO2, avoisinant zéro, d'ici le milieu du siècle, pourrait diminuer les pires étendues d'eau de 50%. Pour Benjamin Strauss, ces modélisations donnent l'opportunité «pour tant de générations» de faire la différence en optant pour «de vrais choix».

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