Sciences

Les femmes avec un taux élevé de testostérone se masturbent davantage

Temps de lecture : 2 min

Pour la première fois, une étude détaille comment l'hormone pourrait être impliquée différemment dans le comportement sexuel des hommes et des femmes.

La sexualité exposant davantage les femmes au risque de réprobation sociale, il semble logique qu'elles aient tendance à recourir à la masturbation pour satisfaire leur libido. | olia danilevich via Pexels – Владимир Гладков via Pexels
La sexualité exposant davantage les femmes au risque de réprobation sociale, il semble logique qu'elles aient tendance à recourir à la masturbation pour satisfaire leur libido. | olia danilevich via Pexels – Владимир Гладков via Pexels

Si on en croit une étude parue le 11 octobre, la testostérone est significativement liée à la sexualité. Si cela ne vous fait pas tomber de votre chaise, normal, cette action de l'hormone dite mâle –elle ne l'est pas en réalité spécifiquement, ses taux sont simplement plus élevés chez les hommes que chez les femmes en général– est assez bien connue.

Ce qui l'est beaucoup moins, en revanche, c'est la manière dont cette association ne s'exprime pas de la même manière entre les deux sexes. C'est sur ce point que les résultats de cette nouvelle publication se montrent bien novateurs: pour la première fois, et selon une méthodologie solide, ils détaillent comment l'hormone est impliquée différemment dans le comportement sexuel des hommes et des femmes au niveau de la population.

Chez les premiers, elle est plutôt corrélée à des envies de multiplier les partenaires tandis que chez les secondes, un taux relativement élevé de testostérone est associé à davantage de masturbation.

Chez les femmes, des influences hormonales soumises à la pression sociale

Un autre point fort de ce travail, mené par une équipe dirigée par Wendy Macdowall, professeure assistante de santé publique à la prestigieuse, London School of Hygiene & Tropical Medicine (LSHTM), c'est qu'il dresse un tableau pour le moins complexe du phénomène. Cette étude ne se contente pas de combler le déficit d'attention portée au rôle de la testostérone dans la vie sexuelle des femmes. Ni de répondre aux lacunes factuelles sur la variation sexuée de l'association entre l'hormone et la sexualité. Elle permet également de comprendre à quel point les influences sociales et hormonales sur la fonction et le comportement sexuels sont indissociables.

L'étude se fonde sur la mesure du niveau de testostérone prélevée le matin dans la salive de 2.123 femmes et de 1.599 hommes âgés de 18 à 74 ans. Elle s'appuie sur des analyses réparties suivant trois modèles. Le premier tient compte de l'âge des participants; le second s'articule autour de l'âge, de la saison et du statut conjugal; le dernier ajoute à ces variables l'IMC et l'état de santé, évalué subjectivement.

Il en ressort que les hommes présentant des taux élevés de testostérone sont plus susceptibles d'avoir eu plus d'un partenaire en même temps au cours des cinq dernières années et des rapports hétérosexuels vaginaux récents. Des taux de testostérone significativement plus élevés ont été relevés chez les femmes ayant déjà eu au moins une relation lesbienne et déclarant une activité sexuelle solitaire à la fois plus récente et plus fréquente.

Pour les scientifiques, ce lien aussi marqué entre la testostérone et la masturbation chez les femmes –sans qu'il se manifeste par des rapports sexuels avec d'autres personnes en général, et des hommes en particulier–, indique que l'effet modérateur des facteurs sociaux sur les influences hormonales pourrait être plus fort sur le comportement des femmes. En d'autres termes, l'expression sexuelle exposant davantage les femmes au risque de réprobation sociale, il semble logique qu'elle aient tendance à recourir à la masturbation pour satisfaire leur libido. Une activité qui, si elle demeure encore souvent stigmatisée, n'est ni soumise aux contraintes de la surveillance sociale ni dépendante de relations avec ses congénères.

Enfin, que les scientifiques observent un taux moyen de testostérone salivaire plus élevé chez les femmes ayant déjà eu au moins une expérience lesbienne renforce les liens déjà largement et diversement documentés entre testostérone et homosexualité féminine. Une association notamment confirmée par une récente revue de la littérature concluant (provisoirement) à un taux de testostérone plus élevé chez les lesbiennes et les bisexuelles par rapport aux hétérosexuelles.

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