Sciences

Le paludisme pourrait devenir de plus en plus difficile à détecter et à soigner

Temps de lecture : 2 min

En Éthiopie, le parasite responsable de l'infection a muté et ne produit plus les protéines ciblées par les tests pourtant les plus adaptés à des populations vulnérables.

Un bébé reçoit une dose de vaccin contre le paludisme, au Ghana, en 2019. | Cristina Aldehuela / AFP
Un bébé reçoit une dose de vaccin contre le paludisme, au Ghana, en 2019. | Cristina Aldehuela / AFP

Mercredi 6 octobre, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) annonçait officiellement recommander le déploiement massif du premier vaccin contre le paludisme chez les enfants vivant dans des zones à risque, à l'instar de l'Afrique subsaharienne. Une décision susceptible de sauver des dizaines de milliers de vies.

La décision arrive à point nommé car, selon une étude menée en Éthiopie, le parasite responsable de l'infection, le Plasmodium falciparum, transmis à l'humain par les piqûres de moustiques Anopheles femelles, est en train d'évoluer et d'échapper à la détection des tests déployés depuis quinze ans dans la région. Un dépistage aussi rapide qu'économique qui aura été pour beaucoup dans la maîtrise de cette maladie tuant chaque année près de 400.000 personnes dans le monde –dont environ 70% d'enfants de moins de 5 ans.

Comme l'explique au New Scientist Jane Cunningham, co-auteur de l'étude et chercheuse pour le Programme mondial de lutte contre le paludisme de l'OMS, il s'agit d'une «menace majeure» pour la lutte contre cette maladie.

Un parasite mutant

Avec ses collègues et d'autres professionnels présents sur le terrain, Cunningham avait remarqué que, vers 2016, beaucoup d'enfants apparemment malades avaient été testés négatifs au dépistage rapide. Un problème de taille car, dans de nombreux pays africains, un test positif est nécessaire pour se faire traiter. Une fois les échantillons de sang examinés au microscope, les médecins allaient constater que beaucoup de ces enfants étaient effectivement infectés...et penser que les tests étaient défectueux.

Si l'étude de Cunningham et al. les met hors de cause, elle révèle une réalité bien plus inquiétante dans la région étudiée, 80% des parasites responsables du paludisme ont muté et ne produisent plus les deux protéines –les PfHRP2 et PfHRP2– détectées par les tests rapides. Selon une loi évolutive implacable, recourir à ces tests favorise la prolifération des parasites dépourvus des deux marqueurs, dont les scientifiques n'ont pas encore décrypté la fonction pour le micro-organisme pathogène.

En urgence, les régions où le parasite mutant est présent sont en train de passer à des tests marchant avec une autre protéine, sauf qu'ils ne sont pas aussi fiables que ceux ciblant la PfHRP2 et la PfHRP2. Ils résistent notamment moins bien à la chaleur. Et opter pour une détection par microscope n'est pas envisageable dans la plupart des zones à risque tant cela nécessite un équipement coûteux et des techniciens qualifiés.

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