Santé / Sciences

On en sait un peu plus sur le «Covid toe», un des effets secondaires du virus

Temps de lecture : 2 min

Une histoire de pieds et de rougeurs qui peuvent durer des mois.

Le symptôme du «Covid toe» inquiétait déjà en mai 2020, après qu'une épidémie de rougeurs s'est répandue chez les enfants asymptomatiques au Covid-19. | Jan Romero via Unplash
Le symptôme du «Covid toe» inquiétait déjà en mai 2020, après qu'une épidémie de rougeurs s'est répandue chez les enfants asymptomatiques au Covid-19. | Jan Romero via Unplash

C'est un des effets peu reluisants du Covid-19: une infection cutanée liée à la réponse du système immunitaire vient se loger sur les pieds et les mains. Le symptôme est connu sous le nom de «Covid toe». Cet effet secondaire se traduit par une inflammation semblable à une engelure et des rougeurs sur les mains et les pieds, qui peut perdurer des mois.

Une étude conduite par des scientifiques français d'établissements tels que l'Institut Pasteur, l'hôpital Saint-Louis ou encore l'Université de Paris vient apporter des réponses à propos de ces pathologies encore incomprises. «L'épidémiologie et les caractéristiques cliniques des lésions ressemblant à des engelures ont été largement étudiées et publiées. Cependant, on sait peu de choses sur la physiopathologie impliquée. Notre étude fournit de nouvelles perspectives», commente Charles Cassius, dermatologue à l'hôpital Saint-Louis et auteur du rapport.

Les auto-anticorps réagissent par erreur

Pour comprendre les mécanismes à l'œuvre derrières ces symptômes, l'équipe de recherche a examiné cinquante personnes atteintes du Covid-19 et treize présentant des engelures similaires apparues avant l'épidémie. Face au virus, le corps génère une réponse immunitaire avec des niveaux élevés de certains auto-anticorps. Ceux-ci réagissent à la maladie envahissante et ciblent par erreur les cellules et les tissus de l'individu, rapporte The Guardian.

De plus, l'infection au Covid-19 déclenche «fortement l'expression des gènes stimulés par l'interféron (IFN) de type I qui contribuent à la protection antivirale de l'hôte», écrivent les scientifiques dans le rapport. L'ensemble des maladies induites par l'IFN de type I conduisent à des engelures cliniques, est-il expliqué.

Le «Covid toe» a inquiété dès les premiers mois de la pandémie, l'infection étant non reconnue malgré le signalement de plusieurs cas dans différents pays. En mai 2020, l'European Journal of Pediatric Dermatology évoquait une «épidémie» de ce phénomène:

«Nous avons observé une “épidémie” de lésions vasculaires aiguës et auto-guérissables des mains et des pieds chez les enfants et les adolescents asymptomatiques. Ces lésions constituaient une nouveauté qui nous a conduits à établir un lien avec l'autre nouveauté beaucoup plus sévère, à savoir le Covid-19, qui s'est produite presque simultanément.»

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Le «Covid toe» est toutefois moins répandu avec la vague actuelle du variant Delta. Pour Véronique Bataille, dermatologue consultante et porte-parole de la British Skin Foundation, la vaccination et la résistance de certaines personnes au Covid-19 pourraient expliquer ce recul.

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