Life

Le «baby blues» des jeunes papas

Slate.fr, mis à jour le 19.05.2010 à 16 h 43

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le «baby blues» n'est pas seulement l'affaire des jeunes mamans. Les jeunes pères souffrent aussi de dépression post-natale et les médecins devraient songer à moins les ignorer. C'est la conclusion d'une étude américaine menée par le Dr James Paulson de l'Eastern Virginia Medical School, et publiée dans le Journal of the American Medical Association.

Un jeune père sur 10 pourrait souffrir de «baby blues», selon les chercheurs, dont les conclusions se fondent sur 43 études ayant inclus 28.004 parents de 16 pays différents.

Le Dr Paulson demande que plus d'attention soit accordée à ces pères dont la dépression post-natale est rarement diagnostiquée. Il déplore que peu de médecins soient même au courant du phénomène.

Le manque de sommeil, les nouvelles responsabilités, ou la dépression post-natale de la jeune mère comptent parmi les causes de ce «baby blues». La dépression, quand elle existe, étant souvent partagée par les deux parents, les chercheurs proposent donc que des traitements en couple soient envisagés.

Le «baby blues» n'apparaît pas tout de suite. D'après l'étude, les jeunes pères sont généralement très heureux dans les premières semaines après la naissance. la dépression n'arrive qu'au bout de 3 ou 6 mois. Comme chez les jeunes mères, les signes de dépression sont très variables, pouvant aller d'une dépression «douce» à des pensées suicidaires.

Il ne faut pas sous-estimer le «baby blues» des papas, mais attention aux excès, prévient Ellie Lie, une professeure de politique sociale a l'Université de Kent interrogée par la BBC. Selon elle, il ne faut pas en arriver à médicaliser des émotions normales:

Il est bien sûr essentiel de diagnostiquer et de soigner sérieusement des dépressions cliniques. Mais il y a une tendance à abuser de l'étiquette médicale. Ce qui est intéressant, c'est que le fait de dire que les hommes peuvent avoir une dépression post-natale rompt le lien que l'on faisait avec la biologie. Ce n'est pas qu'une question d'hormones.

Les hommes sont d'ailleurs beaucoup plus impliqués qu'auparavant pendant la grossesse, précise Ellie Lie:

Cela ne suffit plus qu'ils soient des «gagne-pains». On leur demande d'être pleinement engagé pendant la grossesse. On attend d'eux qu'ils se privent d'alcool, qu'ils assistent à chaque échographie et qu'ils sentent la douleur de la naissance. C'est une expérience stressante.

Photo: Luke n Dad/emerille via Flickr CC License by

[Lire l'article sur BBC et sur Telegraph]

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