Santé / Sciences

On sait désormais pourquoi Mozart calme le cerveau des épileptiques

Temps de lecture : 2 min

La sonate K448 a un véritable pouvoir thérapeutique.

La construction même du morceau de l'Autrichien serait à l'origine du bénéfice thérapeutique. | Anastasia Kolchina via Pexels
La construction même du morceau de l'Autrichien serait à l'origine du bénéfice thérapeutique. | Anastasia Kolchina via Pexels

Le pouvoir bénéfique de la musique sur les êtres humains est étudié depuis des lustres. Depuis quelque temps, une sonate intéresse particulièrement les scientifiques: celle pour deux pianos en ré majeur K448 de Mozart. Et pour cause, elle aurait des effets particulièrement intéressants auprès des personnes épileptiques.

Une nouvelle étude, publiée le 16 septembre 2021 dans la revue Scientific Reports, déchiffre un peu plus ce phénomène surprenant. Car si les scientifiques connaissent les bienfaits de cette musique sur les épileptiques, ils ne savaient pas vraiment l'expliquer. Aujourd'hui, le mystère se lève peu à peu.

Des harmonies contrastées

Pour mener à bien cette recherche, les chercheurs ont sélectionné seize patients souffrant d'épilepsie et sur qui les médicaments n'avaient aucun effet. Des sondes ont ensuite été implantées directement au contact de leur cerveau pour surveiller l'apparition d'une crise. Enfin, les scientifiques ont fait écouter la sonate aux patients, espérant ainsi observer les régions du cerveau sur lesquelles cette musique agit.


Résultat, après au moins 30 secondes d'écoute, le phénomène électrique cérébral caractéristique de l'épilepsie chez ses patients diminuait, rapporte le média Science Alert. Cet effet était même particulièrement prégnant sur certains passages de la mélodie, notamment aux moments des transitions entre les phrases musicales de plus de dix secondes. Par ailleurs, seul Mozart semble produire cet effet; l'écoute de Wagner n'a par exemple produit aucun résultat significatif.

Les scientifiques expliquent ce phénomène en se basant sur la construction même du morceau de l'Autrichien. Sa sonate est en effet constituée d'une succession de mélodies totalement différentes les unes des autres, ce qui crée à chaque fois un sentiment de surprise. Ces harmonies contrastées, inattendues, entraînent ainsi un effet positif dans les régions cérébrales liées aux réponses émotionnelles de la personne épileptique. Une sorte d'enchaînement de contre-pieds musicaux au pouvoir thérapeutique, apaisant.

Si de nombreuses zones incomprises restent à éclairer, cette découverte ouvre la voie à de nouveaux traitements non invasifs pour soigner cette maladie chronique. Les scientifiques veulent désormais définir précisément les caractéristiques si bénéfiques de cette sonate pour, un jour, créer un genre musical antiépileptique.

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