Santé / Sciences

Une prise de sang pourrait permettre de savoir si on va développer une forme grave de Covid

Temps de lecture : 2 min

Les cas sévères de Covid-19 pourraient être liés à une réaction des individus à l'infection plutôt qu'au virus lui-même.

Les résultats de ce test sanguin permettraient de placer les personnes considérées à haut risque sous assistance respiratoire avant même que leur état ne se détériore. | Adam Niescioruk via Unsplash
Les résultats de ce test sanguin permettraient de placer les personnes considérées à haut risque sous assistance respiratoire avant même que leur état ne se détériore. | Adam Niescioruk via Unsplash

Une prise de sang pourrait s'avérer utile pour déterminer les personnes les plus susceptibles de développer une forme sévère du Covid-19. C'est ce sur quoi travaille Ana Rodriguez, professeure en microbiologie à la Grossman School of Medicine à New-York. Les résultats de ce test sanguin permettraient de placer les personnes considérées à haut risque sous assistance respiratoire avant même que leur état ne se détériore, et d'identifier qui a besoin d'une surveillance plus étroite.

L'état de santé des personnes qui tombent gravement malade du Covid a tendance à se détériorer une semaine ou plus après le début des symptômes –au moment où la présence du virus dans le corps diminue. Ce constat laisse suggérer que les Covid graves seraient davantage liés à une réaction du corps de la personne infectée qu'au virus lui-même.

Des symptômes amplifiés lorsque les molécules d'ADN sont touchées

L'équipe d'Ana Rodriguez a effectué des tests sanguins sur 115 personnes hospitalisées en raison du Covid-19 en 2020. La moitié d'entre elles avaient développé une forme grave et ont eu besoin d'une assistance respiratoire, tandis que les autres se sont rétablies rapidement.

Le test consistait à mesurer les niveaux d'anticorps dans le sang qui étaient dirigés contre les molécules libérées par les cellules sanguines mortes, y compris leur propre ADN. Le corps est en effet composé de globules rouges dont certaines cellules sont mortes. En fin de vie, elles libèrent des molécules, parmi lesquelles figurent des molécules d'ADN.

Les participants à l'étude qui avaient des niveaux élevés d'anticorps dirigés contre l'ADN ou une molécule grasse des membranes cellulaires –appelée phosphatidylsérine– avaient environ 90% de risques de voir leur état de santé se détériorer.

Néanmoins, ce test n'a permis d'identifier qu'environ un quart des personnes dont l'état de santé a effectivement empiré. «Cela ne veut pas dire que nous détecterons tout le monde», admet Ana Rodriguez, mais si l'analyse sanguine vous identifie comme à risque, c'est déjà mauvais signe.

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