La finance solidaire: des fonds qui séduisent de plus en plus de Français
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La finance solidaire: des fonds qui séduisent de plus en plus de Français

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Slate.fr

Par nos gestes quotidiens, nous pouvons valoriser l’économie sociale et solidaire. Nous pouvons aussi y contribuer avec notre épargne en misant sur les placements solidaires.

L’épargne solidaire n’est pas nouvelle: elle est née il y a plus de trente ans, mais c’est avec la loi Fabius de 2001 qu’elle a connu un premier engouement. La législation votée a imposé aux entreprises proposant des dispositifs d’épargne salariale pour préparer sa retraite d’y inclure au moins un fonds solidaire. Il s’agit des fonds dits 90/10, car 5 à 10 % sont investis dans des structures participant à l’économie solidaire. Cette obligation a ensuite été élargie à tous les types d’épargne salariale, puis aux dispositifs de retraite collectifs et individuels en 2010 et 2019.

Un ensemble hétérogène

Ce coup de pouce législatif a porté ses fruits. En 2020, les Français ont investi plus de 20 milliards d’euros dans l’économie dite «sociale et solidaire». «Ce terme regroupe un ensemble hétérogène», commente Marie-Geneviève Loys-Carreiras, responsable des investissements solidaires chez BNP Paribas Asset Management, «l’économie sociale concerne des associations, coopératives, mutuelles et fondations où chaque homme représente une voix». Elle encadre aussi rigoureusement la destination des bénéfices réalisés et interdit le profit individuel.

«L’économie solidaire, elle, inscrit dans ses missions l’objectif de répondre à un besoin d’intérêt général, à une mission sociale environnementale et/ou sociétale», reprend Marie-Genevière Loys-Carreiras. Dans ce cas, elle peut prendre tout statut juridique: association ou coopérative, mais aussi entreprise commerciale «classique».

Des domaines d’intervention variés

L’économie sociale et solidaire répond à des problématiques de notre quotidien. Il peut s’agir de l’accès à l’emploi, en soutenant des entreprises qui emploient des personnes en difficulté ou en situation d’exclusion. On trouve aussi des organismes qui participent au financement des petits porteurs de projets engagés et en situation d’exclusion bancaire. C’est la microfinance et le soutien à l’entrepreneuriat.

Autre domaine: la protection de l’environnement. Les entreprises y favorisent une croissance inclusive, du producteur au consommateur, respectueuse de l’environnement et de la biodiversité. Citons encore l’hébergement des personnes dépendantes, l’accès à la santé, à l’éducation et l’égalité des chances, ou bien encore au logement.

Dans ce dernier domaine, l’exemple de Résidétape clarifie les questions qu’on se pose sur la destination de l’argent de son épargne. Cette structure associative conçoit et gère des résidences pour permettre aux gens d’accéder plus facilement à un logement en louant des appartements meublés bien situés. «Le marché du logement et le marché de l’emploi ont des tendances plutôt divergentes», explique Stéphane Dulon, directeur délégué de Résidétape, «d’un côté, les bailleurs réclament des garanties de plus en plus élevées et de l’autre, les contrats des salariés tendent à se précariser».

Une foncière solidaire attractive

Grâce à son action, Résidétape a accompagné ainsi 10 000 personnes depuis sa création en 1997. Les appartements sont proposés sur des périodes maximales de deux ans. 90 % des arrivants sont en situation de logement précaire. A la sortie, 60 à 70 % d’entre eux parviennent à obtenir un logement autonome. Une belle réussite qui a poussé Résidétape a passé à l’étape supérieure en développant une foncière solidaire, Novétape, qui investira dans la construction de résidences.

«Nous ne sommes pas dans une logique de versement de dividendes, mais nous souhaitons construire un modèle économique suffisamment stable et pérenne. Novétape va acquérir du patrimoine immobilier qui devrait prendre de la valeur dans le temps», continue Stéphane Dulon. Un objectif qui séduit les investisseurs: Novétape a réussi une première levée de fonds à hauteur de 6 millions d’euros à laquelle BNP Paribas Asset Management participe.

Plus de 150 placements labellisés

Pour participer activement en tant que particulier à cette économie, deux types de produits sont à disposition de l’épargnant. D’une part, les «produits de partage». Par exemple, le livret développement durable et solidaire dont les intérêts peuvent être redistribués sous forme de dons à des associations.

D’autre part, l’investissement classique. Il peut s’agir des placements de son épargne salariale ou via une banque ou une mutuelle d’assurance. L’argent est alors investi par l’intermédiaire d’un plan d’épargne en actions, d’un compte titres ou d’un contrat d’assurance-vie… Le fonds, qu’il soit solidaire ou non, reste toujours soumis aux mêmes règles sur les minimums d’investissements ou la durée du blocage de l’argent.

«Il y a vraiment de nombreux leviers pour investir, mais c’est aux épargnants de prendre la décision de participer à l’économie sociale et solidaire. Et pour s’orienter, il peut interroger son conseiller ou se renseigner sur le site du label Finansol», précise Marie-Geneviève Loys-Carreiras. Créé en 1997, ce label est attribué à des placements d’épargne solidaire contrôlés annuellement. Aujourd’hui plus de 150 placements sont labellisés Finansol.

Même s’ils sont solidaires, ces placements restent avant tout des produits d’investissement. «Ce n’est pas un don, nous ne sommes pas dans la subvention», résume Marie-Geneviève Loys-Carreiras. «Et c’est le travail de la banque de trouver un équilibre dans l’analyse et la sélection des projets, pour garantir à l’épargnant que ce choix nous paraît le plus sécurisé possible. Aujourd’hui, ces fonds d’investissement séduisent de plus en plus les épargnants, car ils souhaitent comprendre concrètement à quoi ils contribuent quand ils mettent de l’argent dans un fonds».

Finansol estime que 1,5 million de Français sont devenus des épargnants solidaires. Et si demain c’était vous?

Cet article vous est proposé par Slate.fr et BNP Paribas dans le cadre de l'opération Investir Demain.

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Crédit photo: unsplash

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