Sciences

Nourrir les oiseaux à sa fenêtre n'est pas forcément une bonne idée

Temps de lecture : 2 min

Un bien pour un mal?

Si vous avez une mangeoire, n'oubliez pas de la garder bien propre. | Joshua J. Cotten via Unsplash
Si vous avez une mangeoire, n'oubliez pas de la garder bien propre. | Joshua J. Cotten via Unsplash

Mangeoire au balcon ou dans son jardin, graines jetées sur le sol, boules de graisse... nombreuses sont les personnes qui, de façon bien intentionnée, nourrissent les oiseaux qui daignent se poser un instant sur leur terre. Pourtant, ce coup de pouce que l'on pense salutaire ne serait pas aussi bénéfique pour la faune que l'on peut l'imaginer, rapporte un article scientifique de biologistes de la conservation de l'université métropolitaine de Manchester.

Un point particulier est notamment soulevé dans cette étude, publiée dans la revue Biological Conservation: ce type d'alimentation complémentaire pourrait perturber un équilibre écologique déjà fragile, et ce, bien au-delà de nos simples fenêtres. La raison? Certains visiteurs à plume, habitués des mangeoires, bénéficieraient plus que d'autres de ce coup de pouce de l'être humain.

C'est le cas des mésanges charbonnières et des mésanges bleues, sur lesquelles l'étude s'attarde et qui toutes les deux accoutumées à la nourriture déposée par les humains. Ces espèces prolifèrent de plus en plus, au détriment d'autres oiseaux dits «subordonnés», comme la mésange des marais ou la mésange des saules, explique la BBC. Ces dernières auraient tendance à perdre leur affrontement avec leur homologue bleue, notamment quand elles se battent pour de la nourriture ou pour la nidification.

Conséquence, les mésanges des saules sont en déclin au Royaume-Uni, et 40% de leurs tentatives de nidification échouent. Les mésanges bleues leur piquent leur nid avant même qu'elles puissent s'y installer, ajoute le média britannique. L'étude se veut encore plus alarmante: outre les mésanges des saules, de nombreuses autres espèces pourraient être directement touchées par la prédominance de ces oiseaux squattant les mangeoires.

Nourrir, mais bien

Qu'en conclut l'article scientifique? Selon les spécialistes en sciences naturelles, nourrir les oiseaux a un impact qui peut être positif ou négatif en fonction de l'emplacement géographique. Augmenter la population de certaines espèces grâce à ce type d'aide peut en effet également être un coup de pouce intéressant pour la faune. Le mot d'ordre serait donc d'établir les zones où il serait souhaitable d'encourager cette alimentation, et celles où il serait préférable de l'éviter, le tout afin de garder un équilibre et de ne pas favoriser une espèce au détriment d'une autre.

Par ailleurs, si vous avez une mangeoire, n'oubliez pas de la garder bien propre, ajoute Le Temps. C'est un lieu de transmission de maladies et quelques gestes simples, comme garder la nourriture à l'abri des intempéries, permettent d'éviter toute contagion.

Le choix du type d'aliments est également un paramètre crucial. Comme l'explique le média suisse, le pain sera par exemple nocif pour certaines espèces et sans danger pour d'autres, mais il ne sera jamais bénéfique. La meilleure des options serait surtout d'aménager son jardin «de manière favorable», avec, entre autres, des arbustes indigènes, notamment le cornouiller ou la viorne, qui apporteront abri et nourriture aux oiseaux tout au long de l'année.

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