Jean-François Copé: Cachez cette rigueur que je ne saurais voir
Les Français ne détestent rien de plus que ces euphémismes qui leur donnent l'impression de ne pas être traités comme des adultes.
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Une polémique sémantique voit le jour depuis que j'ai parlé de rigueur à propos du plan de réduction des dépenses de l'Etat, annoncé le 6 mai dernier par le Premier ministre. Plutôt que d'utiliser ce mot, qui serait anxiogène pour les Français, il faudrait mieux employer un synonyme ou une périphrase comme responsabilité, gestion sérieuse, politique de redressement des finances publiques et j'en passe...
Honnêtement, ce genre de discussions sur les mots me paraît bien dérisoire et je ne me battrai pas sur ce point. En revanche, je suis attaché à ce que nous tenions un langage de vérité. Les Français ne détestent rien de plus que ces euphémismes qui leur donnent l'impression de ne pas être traités comme des adultes. On finit d'ailleurs toujours par payer dans les urnes ces formes de déni de la réalité. Les socialistes en ont fait l'amer constat le 21 avril 2002: la gauche avait fini par exaspérer les électeurs à force parler de sentiment d'insécurité plutôt que de prendre en compte l'inquiétude des Français face à une insécurité bien réelle.
Ne comptez donc pas sur moi pour me cacher derrière des mots: depuis que je ne suis plus porte-parole du gouvernement, j'ai abandonné la langue de bois. A la suite des élections municipales de 2008, j'avais ainsi reconnu une défaite quand d'autres parlaient de «non victoire». Après les régionales, j'ai aussi assumé sans hésiter, y compris dans une chronique sur Slate, la «défaite sévère» de ma famille politique.
Comme le disait si bien François Fillon lui-même, selon le titre de son excellent livre paru en 2006, «la France peut supporter la vérité». Et la vérité, aujourd'hui, c'est que le niveau d'endettement de notre pays est tel qu'il est urgent de réduire les dépenses publiques. Appelez ça comme vous voulez, moi je dis qu'il faut gérer l'argent public avec une très grande rigueur, comme chaque ménage gère ses propres deniers en période de crise. Les Français savent bien que personne -particulier, entreprise ou Etat- ne peut se permettre durablement de toucher 40 et de dépenser 55 sans risquer la faillite. C'est pourtant ce que fait la France avec un niveau de dépenses publiques qui s'élevait à 55,7% du PIB en 2009 pour un taux de prélèvements obligatoires, c'est-à-dire des recettes, fixé à 41% du PIB.
Ne dramatisons pas à l'excès l'emploi du mot rigueur. Nous sommes très loin de la situation de l'Angleterre lorsque Churchill promettait «du sang, de la sueur et des larmes». Pourquoi l'Etat se priverait-il de revendiquer cette qualité de rigueur que chacun valorise dans la vie de tous les jours? Dans mon esprit, rigueur ne rime d'ailleurs pas avec baisse du pouvoir d'achat. C'est seulement une fois que toutes les marges d'économies ont été épuisées, que l'on pourrait envisager, si nécessaire, d'augmenter les prélèvements obligatoires.
Le plan de réduction des dépenses relève donc d'une indispensable logique de gestion de bon père de famille et non pas de père fouettard anti-pouvoir d'achat comme certains socialistes ont essayé de le faire croire. Je ne comprends pas le double langage du PS qui a voté le plan d'aide à la Grèce, pourtant assorti de mesures autrement plus drastiques que celles annoncées par François Fillon, et pousse dans la même semaine des cris d'orfraies quand notre pays annonce qu'il va être plus rigoureux dans la gestion des finances publiques.
Les querelles de mots ne doivent pas nous détourner des véritables enjeux. A l'heure où notre pays est confronté à des défis vitaux comme la réforme des retraites ou le redressement des finances publiques, les Français attendent de leurs hommes politiques de la responsabilité et du courage. C'est dans cet esprit même que les députés du groupe UMP ont lancé la deuxième édition des Etats Généraux de la dépense publique. Ils vont organiser en circonscription des réunions publiques pour échanger avec les citoyens sur les enjeux financiers de notre pays et recueillir leurs propositions pour réduire la dépense publique. Un site Internet www.ladepensepublique.fr est aussi à la disposition de tous les citoyens qui souhaitent participer par leurs remarques et leurs préconisations à l'effort de rigueur qui s'impose à notre pays.
Jean-François Copé
Photo: Des autruches, en Colombie en 2006. REUTERS/Daniel Munoz
Mis à jour le 18/05/2010 à 15h00













































Je suis d'accord pour me "serrer la ceinture" mais je voudrais bien voir nos élus (députés, sénateurs, ministres) faire de même comme en Espagne. Ensuite, j'ai appris avec stupeur que le personnel de l'Assemblée Nationale et du Sénat (et bien d'autres peut-être) travaillait 1 an et cela comptait pour des cotisations de 2 ans dans la retraite... Ai-je bien compris ? alors pourquoi toutes ces personnes qui sont privilégiées ne se serreraient pas la ceinture à leur tour ?
La rigueur doit s'appliquer à TOUS et ce n'est pas de la langue de bois !
Sarkozy son salaire a fait plus 140 % en 2007. Voilà un bel exemple de rigueur !
M. Coppé avec jubilation se contente de temps en temps d'essayer d'enfoncer une épine dans le pied de Sarkozy, qui l'avait fait en son temps avec Chirac. C'est ma foi bien maigre. cela fait bientôt un an que notre parlement, sous l'impulsion de JFC tente de voter une loi su la burka ! Pendant ce temps, l'état s'est mis à emprunter 50% de ce qu'il dépense. Et l'hyperparlement de M. Coppé s'occupe seulement (mal) de la burka. Que proposez-vous M. Coppé pour restaurer les finances du pays ? De recueillir les idées des citoyens à travers des états généraux ? Mieux, je parie que vous allez, avec notre président, continuer à nous faire croire d'ici à 2012 que la France s'en tire mieux que les autres. Le trou béant qui se crée, c'est vous qui le creusez depuis 2002 M. Coppé. Vous assumez la rigueur M. Coppé, soit, mais pour l'instant vous ne faites que parler et le trou se creuse. Continuez.
La solidarité partisane a connu de meilleurs jours et marquer sa différence quand le pays est en difficulté n'est pas très glorieux!
Monsieur Copé, avez-vous protesté quand le parlement s'est voté des indemnités chômage et des retraites totalement iniques?Je n'en ai pas le souvenir!
Alors, aujourd'hui, vous n'avez qu'un seul droit, celui de vous taire et, accessoirement, de vous appliquer cette rigueur!
Dans mes souvenirs, le parlement vote le budget, l'approuve et s'y lie. Merci d'arrêter vous même de nous prendre pour des enfants. La Langue de bois semble quelque peu tenace après autant de temps passé à la pratiquer pour le gouvernement...
Bonjour,
Comme promis car je tiens mes promesses je vous repose mes 2 questions :
1) La Sécurité Sociale aurait réalisé une économie de 500 millions € grâce à la vente des génériques, sur cette économie 300 millions auraient été reversés aux pharmaciens.
Est-ce exact ?
2) Le Président a accordé aux médecins généralistes une augmentation de 1€ sur les consultations au 1/01/2011. Le parlement vote le budget de la SS à l’automne comment le Président peut s’engager sans accord du parlement, à quoi sert le parlement ?
Avez-vous toujours autant de mépris à répondre à un citoyen d’en bas ?
Concernant votre article il est intéressant de reprendre 3 de vos éditos avec les commentaires des « slateurs » :
1)juin 2009 Acte de 2 du quinquennat les 3 défis pour préparer l’après crise.
2)décembre 2009 la dette devient une question de société
3)janvier 2010 la présidentielle se prépare aujourd’hui
Que retenir de vos articles tout d’abord une vision " comique" des enjeux. Vous nous parlez de réunir les députés de l’UMP et la mise en place des Etats Généraux de la dépense publique, encore du vocabulaire bling bling politicien, afin d’étudier pour 2011 les pistes pour une économie d’ UN MILLIARD D’€, comme dit populairement vous jouez petits bras et même ridicule face à l’enjeu de la dette déjà énorme à l’époque et votée par la majorité.
Diminuer la dette par la réduction des dépenses des collectivités territoriales une vision d’abord électoraliste casser l’opposition avant les régionales puis peut-être une vision économique j’en doute, même si les collectivités doivent également passer par la phase économie.
Afin dans la présidentielle se prépare aujourd’hui un vague alinéa sur la dette.
Vous dites également que la baisse de la note de la France n’est pas d’actualité (décembre) 2009 êtes-vous toujours aussi catégorique?
Il est intéressant aussi de vous lire :
Dans nos démocraties modernes les partis politiques s’affirment comme des machines extrêmement puissantes
Puissantes de quoi ? de l’incompétence politique droite/gauche et autres de plus en plus criante.
Alors Monsieur votre article sur le joujou politicien des mots est ridicule et certainement pas à la hauteur de l’attente des citoyens de notre pays.
Vous aurez du mal pour 2012/2017 et vos articles ne vous donnent pas pour l’instant la stature économique dont la France a besoin pour les 15 ans à venir.
Bonne journée
Les réformes, la rigueur sont imposées par le climats de crise actuel. Le message (rigoureux) du gouvernement est destiné à ceux qui ont attaqué la Grèce, l'Espagne ...
La France montre à son banquier qu'il peut encore accorder du crédit à sa réputation/solvabilité.
On gratte les fonds de tiroir, on temporise un maximum, on montre notre sérieux et une volonté de fer face à l'épreuve et surtout on croise les doigts ...
(une piste pour récupérer un peu de sous et de la crédibilité aux yeux des français : faites vous rembourser les 116 500 € du voyage en jet de votre collègue, la rigueur c'est pour tout le monde !)