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Les travailleurs de Starbucks s'organisent pour former le premier syndicat américain

Temps de lecture : 2 min

La chaîne américaine soutient que les conditions de travail dont bénéficient ses employés rendent inutile un syndicat.

Starbucks n'a jamais été très fan de l'idée d'un syndicat pour défendre les droits de ses travailleurs. | Loïc Venance / AFP
Starbucks n'a jamais été très fan de l'idée d'un syndicat pour défendre les droits de ses travailleurs. | Loïc Venance / AFP

Jusqu'à présent, aucun des 8.000 établissements Starbucks présents sur le sol américain n'était affilié à un syndicat. C'est une chose à laquelle ont décidé de remédier des travailleurs basés à Buffalo, dans l'État du New York.

Le 23 août dernier, un groupe d'une cinquantaine d'employés a annoncé, dans une lettre adressée au PDG de Starbucks, Kevin Johnson, et rendue publique, le lancement d'une campagne de syndicalisation, ainsi que la formation d'un comité: le Starbucks Workers United Organizing Committee.

Défendre ses droits

«On nous a qualifiés de "partenaires de Starbucks", et nous voulons devenir de véritables partenaires, et être capables de faire entendre notre voix pour améliorer notre travail et l'expérience de nos clients», affirme Alexis Rizzo, l'une des employées à la tête de l'initiative, qui travaille pour la boîte depuis six ans.

Plusieurs problèmes récurrents, comme le manque chronique de personnel, l'absence d'augmentation des salaires et le rythme épuisant du travail, qui s'est empiré pendant la crise sanitaire, ont déjà été pointés par les employés de la chaîne.

De longue date, Starbucks s'est opposé à la formation d'un syndicat. Howard Schultz, l'ancien PDG de l'entreprise, a multiplié au cours des dernières années les campagnes anti-syndicalistes: en 2009 notamment, il avait fait du lobbying au moment où le Congrès américain envisageait de mener une profonde réforme du droit du travail.

Plus tôt ce mois-ci, un juge administratif reconnaissait que Starbucks avait licencié illégalement deux de ses baristas à Philadelphie, en représailles pour avoir tâché de s'organiser en syndicat.

Considérant ces antécédents, les travailleurs de Buffalo ont demandé à l'actuel PDG de Starbucks de signer une charte de non-interférence dans la constitution du syndicat, qui inclut notamment le refus de toute menace, intimidation ou corruption des travailleurs souhaitant se syndiquer.

De son côté, la direction de Starbucks a fait savoir qu'elle n'était pas favorable à la création d'un syndicat: «Bien que Starbucks respecte le libre choix de ses partenaires, nous croyons fermement que notre environnement de travail, associé à notre rémunération et à nos avantages exceptionnels, rend les syndicats inutiles chez Starbucks. Nous respectons le droit de nos partenaires de se syndiquer, mais nous pensons qu'ils ne le trouveraient pas nécessaire étant donné notre environnement favorable aux partenaires.»

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