Sciences

De plus en plus d'humains ont une artère supplémentaire dans l'avant-bras

Temps de lecture : 2 min

Les changements liés à l'évolution humaine, bien qu'infimes, peuvent avoir des conséquences sur notre santé.

D'ici 2100, une majorité d'individus pourrait avoir une artère médiane dans l'avant-bras. | Juan Pablo Serrano Arenas via Pexels
D'ici 2100, une majorité d'individus pourrait avoir une artère médiane dans l'avant-bras. | Juan Pablo Serrano Arenas via Pexels

Lorsqu'on imagine comment notre espèce pourrait évoluer à l'avenir, on émet de folles hypothèses sur notre taille, celle de notre cerveau ou encore sur la couleur de notre peau. Pourtant, des changements subtils surviennent déjà aujourd'hui dans notre anatomie, montrant à quel point l'évolution peut être imprévisible –et rapide.

Par exemple, les tendances actuelles laissent penser que dans quelques générations seulement, un vaisseau sanguin supplémentaire pourrait couler dans nos bras, indique Science Alert. Selon des chercheurs de l'Université Flinders et de l'Université d'Adélaïde en Australie, l'artère présente temporairement dans nos avant-bras lorsque nous sommes encore dans l'utérus ne disparaît plus aussi souvent qu'auparavant.

Cette artère médiane se forme assez tôt lors du développement des fœtus. Elle transporte le sang au centre de nos bras pour nourrir nos mains en pleine croissance. Puis, vers huit semaines après la naissance, elle régresse généralement, confiant sa mission à deux autres vaisseaux: l'artère radiale (que l'on peut sentir lorsque l'on prend le pouls d'une personne) et l'artère ulnaire. Les anatomistes savent depuis longtemps que cette disparition de l'artère médiane n'est pas garantie. Dans certains cas, le vaisseau peut rester jusqu'à un mois après la naissance.

À l'âge adulte, une artère pas forcément utile

«Depuis le XVIIIe siècle, les anatomistes ont étudié la prévalence de cette artère chez les adultes et notre étude montre qu'elle augmente clairement», a déclaré Teghan Lucas, l'anatomiste de l'Université Flinders Teghan Lucas. «Elle était d'environ 10% chez les personnes nées au milieu des années 1880, contre 30% chez celles nées à la fin du XXe siècle. Il s'agit donc d'une augmentation significative sur une période de temps assez courte.» Pour étudier la prévalence de ce canal sanguin persistant, Teghan Lucas et ses collègues Maciej Henneberg et Jaliya Kumaratilake ont examiné quatre-vingt bras de cadavres, provenant tous d'Australiens d'origine européenne. L'équipe de recherche a ensuite comparé ses résultats avec des chiffres extraits de documentations.

Le fait que la présence de l'artère médiane semble être trois fois plus fréquente chez les adultes aujourd'hui qu'il y a plus d'un siècle est une découverte surprenante, qui suggère que la sélection naturelle favorise ceux qui conservent ce supplément de sang. «Cette augmentation pourrait résulter des mutations de gènes impliqués dans le développement de l'artère médiane ou de problèmes de santé chez les mères pendant la grossesse. Ou peut-être les deux», suggère Teghan Lucas. «Si cette tendance se poursuit, une majorité de personnes auront une artère médiane dans l'avant-bras d'ici 2100», a-t-il ajouté.

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Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce canal supplémentaire ne rendrait pas nos doigts plus adroits ni nos avant-bras plus forts. En fait, il nous expose seulement à un risque plus accru du syndrome du canal carpien, maladie qui nous rend moins aptes à utiliser nos mains. Aussi banals soient-ils, ces micro-changements pourraient conduire à des maladies que nous pourrions avoir du mal à imaginer actuellement.

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