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Les talibans peuvent-ils vraiment se passer du commerce d’héroïne?

Temps de lecture : 2 min

L’abandon de la vente de drogue pourrait surtout être un levier de négociation.

Des fermiers afghan dans un champs de pavot de la province de Gereshk le 12 avril 2019. | Noor Mohammad / AFP
Des fermiers afghan dans un champs de pavot de la province de Gereshk le 12 avril 2019. | Noor Mohammad / AFP

L’une des premières annonce des talibans après leur récent retour au pouvoir en Afghanistan a été de déclarer qu’ils allaient se priver de leur première source de revenu. En effet, d’après l’ONU, la vente de pavot, qui sert à fabriquer de l’opium et de l’héroïne leur a rapporté «approximativement 460 millions de dollars» (393 millions d’euros) en 2020.

Lors d’une conférence de presse à Kaboul, Zabihullah Mujahid, le porte-parole du nouveau gouvernement, a assuré «à nos compatriotes et à la communauté internationale que nous ne produirons aucuns narcotiques. À partir de maintenant, personne ne s’impliquera dans le commerce d’héroïne, personne ne s’impliquera dans la contrebande de drogue».

Il y a cependant de fortes chances que cette promesse soit à ajouter à la longue liste de mensonges que les talibans déroulent depuis leur arrivée au pouvoir. Les promesses de respect des droits de l’Homme et de la liberté de la presse sont déjà mises à mal par les témoignages sur le terrain, qui racontent les listes de fonctionnaires à arrêter et les exécutions sommaires.

Malgré les efforts américains pour se débarrasser de la plante, l’agriculture de pavot est l’un des secteurs économiques les plus importants du pays. Des centaines de milliers de civils gagnent leur vie grâce à lui, et tenter de mettre fin à sa culture revient à se mettre à dos l’Afghanistan rural.

Outil diplomatique

D’après un ancien soldat des forces spéciales britanniques devenu consultant dans la lutte contre la drogue, l’abandon de la production de drogue est surtout un levier de négociation face aux puissances étrangères. Ce que Zabihullah Mujahid assume, puisqu’il affirme que l’arrêt des cultures nécessitera une «assistance internationale».

«Ils ne vont pas s’arrêter à part si la communauté internationale les paye pour le faire», explique-t-il à Vice News. Au début des années 2000, avant le 11 septembre, les talibans avaient accepté en échange de millions de dollars de bannir la culture du pavot. Cette décision avait rapidement causé poussé des milliers de paysans à fuir vers le Pakistan afin d’échapper à la famine.

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Pour que les talibans acceptent de retenter l’expérience, il y a fort à parier que les États-Unis devront mettre la main à la poche, et encore plus qu’il y a vingt ans.

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