Sciences

Les mammifères vivant à proximité des villes sont de plus en plus gros

Temps de lecture : 2 min

Une découverte bouscule le principe biologique selon lequel l'activité humaine cause une diminution de la taille des animaux.

L'impact de l'urbanisation sur la taille des mammifères compense tout rétrécissement dû à la hausse des températures urbaines. | David Selbert via Pexels
L'impact de l'urbanisation sur la taille des mammifères compense tout rétrécissement dû à la hausse des températures urbaines. | David Selbert via Pexels

L'activité humaine a rétréci la taille des animaux sauvages dans le monde entier. Mais à leur grande surprise, des chercheurs ont récemment découvert que certains animaux habitant près des villes étaient de plus en plus gros, tant au niveau de leur poids que de leur taille, indique Science Alert.

Avec leurs vastes étendues de ciment brûlant sous le soleil, les environnements urbains qui ne cessent de s'étendre deviennent beaucoup plus chauds que les habitats naturels des animaux. Cette augmentation de température profite généralement aux mammifères de petite taille, plus économes en énergie. Ce principe biologique est connu sous le nom de règle de Bergmann. La planète se réchauffant à grande vitesse, les scientifiques craignent que les mammifères qui vivent à proximité des villes soient voués à rétrécir de plus en plus, ce qui pourrait réduire leurs capacités et par conséquent, celles de leurs prédateurs.

Cependant, alors même que le changement climatique n'est plus contestable, il se pourrait que ce rétrécissement n'ait pas lieu. Il s'avère qu'un autre facteur rivalise avec la température et rentre désormais en jeu: la nourriture. Autour des villes à forte densité de population, là où se trouvent les déchets humains –riches en calories– et où les prédateurs sont moins nombreux, de nouvelles recherches ont établi que des espèces de mammifères telles que le coyote et le raton laveur avaient tendance à grossir, plutôt qu'à rétrécir.

Sauvages et voisins à la fois

D'après les mesures minutieuses de plus de cent espèces d'Amérique du Nord recueillies dans des collections de musées au cours des quatre-vingts dernières années, la raison principale de leur évolution de taille n'est pas la température. Il semblerait en fait que la prise de poids et l'augmentation de taille se fassent chez les animaux qui vivent proches d'environnements humains, quelle que soit la température de leur habitat. Pour l'instant, les loups, les cerfs, les rongeurs et les chauves-souris d'Amérique du Nord sont davantage impactés par la population urbaine que par le climat des villes.

«L'urbanisation est une nouvelle perturbation du paysage naturel qui n'existait pas il y a des milliers d'années. Il faut donc reconnaître ses impacts énormes», explique Robert Guralnick, qui travaille notamment au musée d'histoire naturelle de Floride. La biologiste de l'établissement, Maggie Hantak, évoque quant à elle une autre information que leur a appris l'étude publiée dans Communications Biology. «Nous pensions que les espèces qui hibernent pouvaient se protéger de ces effets néfastes du climat mais il semble qu'elles y soient en fait plus sensibles.»

Les auteurs de l'étude espèrent que leur découverte conduira davantage de scientifiques à ajouter l'urbanisation dans les facteurs d'évolution de la taille de certains mammifères. Mais il reste encore à déterminer si autre chose que nos restes de nourriture a conduit à leur prise de volume. Dans un monde en évolution rapide, il est urgent de comprendre comment la civilisation humaine façonne la vie des animaux. Cette connaissance pourra faire la différence pour éviter notre propre extinction.

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