Sciences / Monde

La clim écolo a été inventée il y a 3.000 ans

Temps de lecture : 2 min

Les «bâdgirs» ou tours «attrape-vents», une méthode perse de plusieurs millénaires, pourraient inspirer les architectes d'aujourd'hui.

Bâdgirs à Yazd, 7 octobre 2019 | Ali Karimzadeh via Wikimedia Commons
Bâdgirs à Yazd, 7 octobre 2019 | Ali Karimzadeh via Wikimedia Commons

À Yazd, dans le désert iranien, de nombreux bâtiments sont surplombés par de petites cheminées bien différentes de celles que nous connaissons. De toutes formes et tailles, ces tourelles sont des bâdgirs ou attrape-vents, une forme de climatisation écologique très efficace et adaptée au climat aride.

Un temps remplacées par des systèmes modernes de ventilation et climatisation, ces tours attrape-vents sont aujourd’hui davantage étudiées par les architectes et ingénieurs en recherche de solutions pour nous garder au frais avec la hausse globale des températures.

Ne nécessitant ni électricité, ni énergie, la technologie paraît presque miraculeuse quand on sait qu’en moyenne, l'utilisation de l’air conditionné et de ventilateurs représente environ 10% de la consommation d'électricité dans le monde.

Comment fonctionnent ces tours? D’abord, le vent s’engouffre à la verticale par les ouvertures de la tour, il descend ensuite naturellement à travers le conduit de la cheminée jusqu’à la partie la plus basse du bâtiment et la plus fraîche. L’air chaud, plus léger, remonte et emprunte un deuxième conduit de la cheminée dans le sens inverse –rafraichissant au passage l'habitation. Parfois, on complète ce système avec un bassin d’eau ou une fontaine située à la base de la tour qui va permettre de baisser davantage la température de l’air. Le dimensionnement des bâdgirs dépend de la taille du bâtiment et de son volume intérieur.

Les premiers signes de bâdgir datent de 3.300 ans en arrière, en Egypte ou en Iran. C’est ensuite dans l’Empire perse que la technologie aurait été perfectionnée en étant notamment combinée à des systèmes d’irrigation. La ville de Yazd a d’ailleurs été inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en 2017 pour ses tours attrape-vents.

Des variations de ces bâgdir sont déjà présentes un peu partout en Europe, peut-on lire sur le site de la BBC, il y en aurait 7.000 au Royaume-Uni. Aux Etats-Unis, le Zion Park en est un illustration contemporaine. Son musée utilise des technologies similaires à l’attrape-vent perse, sans consommation d’énergie fossile, et enregistre une différence de température de 16°C entre l’intérieur et l’extérieur.

Ce système géothermique passif (sans consommation d'énergie) est un cousin du puits canadien ou provençal qui utilise la température de la terre pour refroidir l'air.

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