Santé

Les anticorps anti-spermatozoïdes comme alternative à la contraception hormonale

Temps de lecture : 2 min

En utilisant les anticorps fabriqués par des femmes infertiles, des scientifiques ont trouvé un moyen efficace d'empêcher les spermatozoïdes d'atteindre l'ovule.

Les effets secondaires de la pilule vont de la baisse de libido aux migraines et aux changements d'humeur, voire à la dépression. | Reproductive Health Supplies Coalition via Unsplash
Les effets secondaires de la pilule vont de la baisse de libido aux migraines et aux changements d'humeur, voire à la dépression. | Reproductive Health Supplies Coalition via Unsplash

Pour beaucoup (trop) de femmes, empêcher une grossesse signifie prendre une contraception hormonale. Mais celle-ci n'est pas sans conséquences, les effets secondaires signalés allant du désagréable à l'insupportable.

Heureusement, des scientifiques travaillent sur un autre type de contraceptif pouvant offrir une alternative: les anticorps anti-spermatozoïdes. Des expériences menées sur des moutons ont prouvé qu'ils étaient efficaces à plus de 99%, indique Science Alert.

Cette nouvelle étude, réalisée à l'Université de Caroline du Nord, adopte une approche différente de la plupart des contraceptifs disponibles. L'équipe se concentre sur les anticorps, les molécules en forme de Y que les cellules immunitaires produisent pour neutraliser les infections. Certaines femmes atteinte d'une maladie appelée infertilité immunitaire produisent des anticorps anti-spermatozoïdes dans leur appareil reproducteur qui «piègent activement les spermatozoïdes mobiles dans le mucus et les empêchent d'atteindre l'ovule», explique l'article publié dans Science Translational Medicine.

L'équipe de recherche a donc conçu un ensemble d'anticorps modifiés, huit fois plus efficaces, qui capturent tous les spermatozoïdes et les empêchent de nager librement dans le mucus. Ce processus est appelé «agglutination».

Une méthode qui a plus d'un avantage

Dans la pratique, plutôt que d'utiliser un vaccin pour apprendre au système immunitaire à fabriquer les anticorps, ces derniers seraient directement délivrés dans le vagin. Cela pourrait se faire de plusieurs manières: à l'aide d'un film à dissolution rapide ou avec des «anneaux intravaginaux qui permettent une libération constante d'[anticorps] sur une durée couvrant la fenêtre de fertilité chez la plupart des femmes pour créer un produit contraceptif semblable au NuvaRing mais sans les hormones», écrivent Bhawana Shrestha, la directrice de l'étude, et ses collègues.

Si la méthode s'avère efficace pour prévenir la grossesse dans d'autres essais, elle pourrait également présenter des avantages une fois sa mission accomplie. «Plutôt que de modifier les mécanismes physiologiques à la base de la fertilité tels que les hormones, l'immunocontraception devrait permettre un retour rapide à la fertilité, contrairement aux mois de retard subis par certaines femmes après avoir cessé d'utiliser des contraceptifs hormonaux à action prolongée», annoncent les scientifiques.

Dans tous les cas, il reste un long chemin à parcourir avant de pouvoir utiliser cette alternative et, comme le note l'étude, des essais cliniques à grande échelle doivent être réalisés. De plus, malgré tous les impacts connus sur la santé et engendrés par les contraceptifs hormonaux, tels que le risque accru de cancer du sein, «la priorité a tendance à être accordée à d'autres domaines de recherche», ont écrit en juillet Bethan Smith et Christian Becker, spécialistes en santé reproductive de l'Université d'Oxford, dans The Conversation.

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