Sciences

Les chats ne veulent faire aucun effort pour se nourrir

Temps de lecture : 2 min

Au contraire des autres animaux.

La domestication est l'une des hypothèses avancées par les scientifiques pour tenter de déterminer la cause de ce choix pour la «loi du moindre effort». | am via Unsplash 
La domestication est l'une des hypothèses avancées par les scientifiques pour tenter de déterminer la cause de ce choix pour la «loi du moindre effort». | am via Unsplash 

Vous avez toujours pensé que le chat était un animal particulièrement paresseux? Vous avez raison. Contrairement à de nombreuses autres bêtes, ces petits félins témoignent d'une étrange réticence à fournir un effort pour obtenir de la nourriture, explique Science Alert.

Lorsqu'ils ont le choix entre un repas facilement accessible –disons, dans une gamelle– et de la nourriture coincée dans un distributeur dont l'accès suppose un minimum d'effort ou de réflexion, les chiens, les ours, les pigeons, les porcs, les chèvres, les souris, les rats ou encore les primates préfèrent toujours se donner la peine de résoudre le mini casse-tête qui les mènera à profiter de leur repas, ont démontré des scientifiques. Les chats, quant à eux, semblent bien souvent privilégier la nourriture «gratuite». Mais, en y regardant de plus près, ce comportement n'est pas nécessairement synonyme de paresse.

Un mystère qui reste entier

Une étude parue dans la publication interdisciplinaire Animal Cognition relate une récente expérience réalisée avec un échantillon de chats domestiques. Lorsque l'équipe de recherche fournit aux félins un distributeur de nourriture et un plateau présentant des croquettes, les animaux de compagnie choisissent davantage le repas sur plateau que celui requérant un minimum d'effort. Même les sujets les plus énergiques préfèrent s'en tenir aux repas «faciles». Ces résultats accordent du poids à une autre étude réalisée en 1971, qui avait révélé un manque de ce que les scientifiques ont qualifié de «contrafreeloading» chez les chats. Ce phénomène, défini par Glenn Jensen en 1963 lors d'une expérience sur 200 rats et que l'on peut traduire par «enrichissement alimentaire», est assez répandu dans le règne animal et fait partie de leurs comportements innés. «Il existe tout un corpus de recherches qui montrent que la plupart des espèces, y compris les oiseaux, les rongeurs, les loups, les primates et même les girafes préfèrent exploiter leur intellect pour mettre la patte sur de la nourriture», explique Mikel Delgado, comportementaliste félin à l'université de Californie Davis.

L'exception observée chez les chats reste cependant un mystère. Au vu de l'activité observée chez ces animaux au cours de l'étude qui vient d'être publiée, les scientifiques n'ont pas retenu la paresse comme l'élément déterminant du comportement si particulier des félins qu'ils ont observés. L'équipe avance deux hypothèses. Une première piste concerne la domestication, qui pourrait constituer un facteur plus convaincant pour déterminer la cause de ces conduites. À la maison, où la nourriture est facilement disponible, les chats sont moins susceptibles de devoir chasser dans leur environnement pour satisfaire leur appétit. Après tout, ces petites bêtes sont caractérisées par leur aptitude à conserver leur énergie. Mais cela ne suffit pas à expliquer pourquoi d'autres animaux domestiques, dans des situations similaires, choisissent systématiquement l'option qui consiste à s'attaquer au repas le plus difficile à obtenir.

Une autre hypothèse pourrait être liée à la façon dont les chats ont évolué dans le but d'obtenir leurs repas. Contrairement aux animaux en quête de nourriture, les chats sont des prédateurs qui ont un penchant pour tendre des embuscades à leurs proies. Le puzzle alimentaire utilisé lors de l'étude n'est donc probablement pas le meilleur moyen de stimuler leur intérêt.

Au-delà de leur curiosité pour ce phénomène, les scientifiques indiquent que trouver une explication à ce type de comportement va aussi dans l'intérêt des félins. «Comprendre le “contrafreeloading” est important pour le bien-être des animaux domestiques, car l'enrichissement dont ils bénéficient à l'issue de la recherche de nourriture est fréquemment utilisé pour leur offrir une stimulation mentale», soulignent-ils.

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