Santé / Sports

Le risque de démence chez les footballeurs serait lié au poste des joueurs et à la durée de leur carrière

Temps de lecture : 2 min

Le risque de maladie neurodégénérative est multiplié par cinq chez les défenseurs.

L'équipe de recherche suggère d'avertir les footballeurs sur les risques liés aux chocs entre leur tête et le ballon. | Jannik Skorna via Unsplash
L'équipe de recherche suggère d'avertir les footballeurs sur les risques liés aux chocs entre leur tête et le ballon. | Jannik Skorna via Unsplash

Une nouvelle étude révèle que les footballeurs professionnels sont jusqu'à cinq fois plus susceptibles de développer une démence au cours de leur vie, à cause des chocs entre leur tête et le ballon. Le poste occupé sur le terrain et la durée de la carrière ont été identifiés comme des facteurs de risque particulièrement importants.

Ainsi, pour les gardiens de but, le risque de maladie neurodégénérative était similaire à celui de la population générale, indique The Independent. Mais pour les autres joueurs, la possibilité de développer la maladie était presque quatre fois plus élevée et, chez les défenseurs, le risque était multiplié par cinq.

Pour le professeur William Stewart de l'Université de Glasgow, qui a mené les recherches, on ne peut plus ignorer le problème auquel s'exposent les joueurs. Il invite les instances dirigeantes du foot à examiner rapidement l'éventualité de supprimer l'usage de la tête dans les matchs amateurs, ainsi qu'ajouter une notice d'avertissement sur les emballages des équipements de football.

«L'exposition au risque de démence est-elle nécessaire au jeu?»

«Est-ce que faire des têtes est absolument nécessaire au football?, questionne le professeur Stewart. Est-ce que l'exposition au risque de démence est absolument nécessaire pour le jeu? Nous sommes sur le point de suggérer que les ballons soient vendus avec un avertissement... On ne peut pas l'ignorer.» L'étude, réalisée par le Field (Football's Influence on Lifelong health and Dementia risk) et publiée le 2 août dans la revue JAMA Neurology, a analysé les dossiers médicaux de près de 8.000 anciens footballeurs professionnels, âgés de plus de 40 ans et nés entre 1900 et 1976.

L'équipe de recherche a comparé des données sur les hospitalisations, les prescriptions contre la démence et les causes de décès chez d'anciens professionnels, avec celles de plus de 23.000 personnes. Au cours de la période de suivi de l'étude, 5% des anciens joueurs souffraient d'une maladie neurodégénérative, contre 1,6% dans le groupe témoin. Les scientifiques ont également constaté que le nombre de diagnostics augmentait avec la durée de la carrière, passant d'un risque multiplié par deux à un risque multiplié par cinq.

Malgré l'évolution des technologies et de la prise en charge des traumatismes crâniens, rien ne prouve que le risque de neurodégénérescence chez les footballeurs ait diminué avec le temps. Le professeur Stewart explique que les ballons sont désormais plus légers, mais cela implique aussi qu'ils se déplacent plus rapidement dans l'air. Comme la force de l'impact est principalement liée à la vitesse, les conséquences d'un coup sur le cerveau ne sont pas radicalement différentes.

«Nous devons réfléchir au retour des joueurs après une blessure, poursuit William Stewart, qui s'inquiète des soins et du soutien apportés aux sportifs après un traumatisme crânien. Cette étude confirme que plus on est exposé à des chocs légers mais répétés, plus le risque augmente. Des dizaines de milliers de petits impacts contribuent sans aucun doute à une certaine forme de risque.»

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