Monde

Querelle sur la plateforme pétrolière avant la marée noire (MàJ)

Slate.fr, mis à jour le 16.05.2010 à 12 h 45

Des scientifiques ont découvert la présence d'énormes nappes de pétrole à grande profondeur dans le golfe du Mexique, laissant supposer que la quantité de pétrole s'échappant du puits exploité par BP pourrait être bien supérieure aux précédentes estimations de 800 000 litres de brut par 24 heures. Selon le New York Times, les nappes sont immenses, l'une mesurant même une centaine de mètres d'épaisseur, sur 16 km de long et 5 km de large.

Le Wall Street révèle par ailleurs le fait qu'il y a eu une querelle dans l'équipe technique qui gérait la plateforme quelques heures avant son explosion. Environ 11 heures avant que le puit situé sous la plateforme pétrolière Deepwater Horizon dans le Golfe du Mexique explose le 20 avril, une querelle a opposé le principal responsable de BP (locataire de la plateforme) et son homologue de Transocean, la société suisse propriétaire de la plateforme. Ils n'étaient pas d'accord sur les dernières étapes pour fermer le puit dont la construction était presque terminée. C'est en tout cas le témoignage recueilli par le Wall Street Journal d'un technicien ayant participé à cette réunion houleuse.

Michael Williams, salarié de Transocean et responsable de l'électronique de la plateforme, explique que la «confusion» était grande lors d'une réunion à 11 heures du matin le jour de l'explosion (qui s'est produite à 22 heures) et du début d'une marée noire qui déverse entre 5 000 et 70 000 barils de pétrole brut par jour dans l'océan. Il s'agit de la pire marée noire qu'ont connu les Etats-Unis. Michael Williams assistait à cette réunion cruciale.

Ce qu'on sait aujourd'hui à partir des témoignages devant le Congrès américain et des notes techniques, c'est qu'après cette réunion en fin de matinée l'équipe technique a commencé les préparatifs pour retirer des tuyaux de forage la «boue» qui sert à empêcher la sortie de gaz et de pétrole et à remplacer cette «boue» par de l'eau de mer plus légère. La «boue» a été retirée avant la mise en place d'un bouchon de ciment qui scelle le puit. Mais ce bouchon n'a jamais pu être mis en place.

Selon le témoignage de Michael Williams, le responsable de Transocean, Jimmy Wayne Harrell, a présenté à 11 heures les travaux prévus lors des prochaines heures et notamment la récupération de la boue de forage et après la mise en place d'un test pour s'assurer que du gaz ne s'infiltrait pas dans le puit. Mais le responsable de BP sur la plateforme, Donald Vidrine, s'est opposé à ce tableau de marche affirmant que «ce n'était pas la bonne procédure».

La tension était très forte et à ce moment-là, selon l'avocat de Michael Williams, et tous les employés ont été priés de quitter la salle pour laisser Vidrine et Harrell s'expliquer sans témoin.

BP payait un million de dollars par jour la location de la plateforme de forage et avait recours au service de 12 sociétés différentes pour mener les opérations.

Onze personnes travaillant sur la plateforme sont mortes lors de l'explosion.

[Lire l'article sur le Wall Street Journal]

LIRE EGALEMENT: Marée noire toujours la faute des autres et Marée noire sur la com de BP.

Photo: La plateforme de forage Develoment drill 3 de Transocean sous laquelle des millions de litres de pétrole se répandent dans le Golfe du Mexique / Reuters

Vous souhaitez proposer un lien complémentaire sur ce sujet ou sur tout autre sujet d'actualité? Envoyez-le à à infos @ slate.fr
Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte