Haro sur la cuisine déglinguée!
Vous avez dit moléculaire!
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«Pour moi, le moléculaire cimente le divorce entre l'homme et la nature», écrit le bon cuisinier Rocco Iannone, ancien du Louis XV d'Alain Ducasse à Monaco et du Don Alfonso, deux étoiles à Sant'Agata, au-dessus du Golfe de Naples. «Autrefois, le chef avait pour tâche de sélectionner le meilleur de la nature. Aujourd'hui, pour être à la mode, il faut mélanger des poudres d'additifs.»
Dans sa fameuse spirale d'huile d'olive, Adriá utilise 100 g d'E953, édulcorant qui peut provoquer des diarrhées, maux de ventre et ballonnements, 25 g de glucose, 1,5 g d'E473, émulsifiant provoquant à forte dose un effet laxatif, 45 g d'huile d'olive et 1,5 g d'E475, émulsifiant à base d'esters polyglycériques d'acides gras générant à haute dose des effets nocifs pour l'organisme.
À lire la liste des additifs publiée dans «Les Dessous peu appétissants de la cuisine moléculaire» de Jorg Zipprick, véritable réquisitoire contre ces procédés chimiques, on est sidéré par la nocivité de ces substances à mille lieues des nourritures traditionnelles: par exemple, le E101 contient de l'aluminium favorisant les démences de type Alzheimer et la maladie de Parkinson, tout comme l'E153, réputé inoffensif, et l'E160 peut déclencher des réactions dermiques et des crises d'asthme - pas rien. Et l'auteur pointilleux répertorie des dizaines de ces ingrédients mystérieux (600 écrit-il) dont certains comme l'E952, un édulcorant utilisé dans les bonbons, est interdit aux U.S.A.
C'est le grand chef espagnol Santi Santamaria, trois étoiles à Sant Celoni, près de Barcelone, qui a proclamé que dans la cuisine si étrange de Ferran Adriá, il y avait des risques d'empoisonnement - tollé général au pays des tapas, Santamaria est accusé de traîtrise et de forfaiture. Hélas, il était dans le vrai, soulignant que les cuisiniers utilisant ces additifs devraient les mentionner sur leurs cartes. Voilà qui serait juste et loyal.
Et Zipprick d'ajouter: «Les cuisiniers moléculaires se contentent de transposer dans leurs plats des moyens et des principes éprouvés dans la chimie alimentaire, la pharmacie et la cosmétique.»
Cela dit, les cuisiniers moléculaires ne sont pas légion, ils font parler d'eux, c'est le cas de Ferran Adriá au statut de star internationale, de ses disciples, quatre ou cinq en France, dont Thierry Marx à Cordeillan-Bages, un vrai chercheur doté de deux étoiles et de Jacques Decoret à Vichy, avant-gardiste de la bonne chère.
À Paris, Pierre Gagnaire (rue Balzac 75008), un très grand chef loué et admiré par la corporation des gourmets - 140 ingrédients employés en cuisine - refuse d'être qualifié de cuisinier moléculaire. On comprend le natif de Saint-Étienne et sa réticence à vouloir être assimilé à ce genre de manipulations d'adjuvants chimiques dont certains font débat dans la communauté médicale. Il y a de quoi.
De grands toqués comme le génial Fredy Girardet, ancien chef patron du splendide restaurant de Crissier, près de Lausanne, et son ami Joël Robuchon - tous deux sacrés meilleurs cuisiniers du monde en 1990 par Gault et Millau - se sont élevés avec vigueur contre ces déviations «techno-émotionnelles» en contradiction totale avec la quête des saveurs et goûts authentiques: «Le manger, la vérité» du regretté Alain Chapel à Mionnay (Ain).
Du parmesan réduit à l'état de glace moelleuse, des langoustines en gelée liquide à consommer à l'aide d'une pipette sont-ce là des avancées gourmandes ou des provocations de fakirs de la table?
À noter que Ferran Adriá commercialise des produits moléculaires baptisés Texturas (lecites, citrus, algin, iota à base de carraghénanes...), et qu'il y a même des docteurs en cuisine moléculaire (sic) diffusant des kits moléculaires, les méthodes et principes d'exécution: pour obtenir de l'huile d'olive, verser de l'hexagnal dans une huile bon marché. Vous cherchez des champignons sauvages: quelques gouttes d'octen 3 ou de trans-2-méthyl-butanoate de benzyle dans l'assiette et le plat dégagera une odeur de champignons. Quelques gouttes de solution de vanille métamorphosent un whisky médiocre... Résultat: davantage de chimie dans les aliments. Un peu plus d'alginate (poudre d'algues) dans votre soupe à l'oignon ou dans l'œuf en gelée?
Et Zipprick d'ajouter: «Chers cuisiniers friands d'additifs, pour moi vous n'êtes plus des cuisiniers. Vous avez fait de vos restaurants des vitrines de l'industrie chimique.» En 2009, Jorg Zipprick, traqué par des promoteurs de la chimie alimentaire, a rédigé une enquête choc: «Je ne veux plus retourner au restaurant». Pour un chroniqueur de gastronomie, un comble et un aveu révélateur.
Nicolas de Rabaudy
À lire: «Les Dessous peu appétissants de la cuisine moléculaire» par Jorg Zipprick. Favre Éditeur à Lausanne, 2010, 19,50 euros.A LIRE EGALEMENT SUR SLATE: Réquisitoire contre la cuisine moléculaire et Cuisinier moléculaire en deux coups de cuillère à pot.
Image de Une: Reuters/Vincent West Oeufs pour faire une tortilla, 2006.
Mis à jour le 16/05/2010 à 11h41













































Qui va souffrir le plus de la fermeture d'El Bulli? les chroniqueurs et critiques prétentieux ( qui ne méritent pas l'adjectif gastronomiques) et les snobs qui souhaitaient épater leurs relations avec une expérience rare, chère et sans intérêt!
Et faites plutôt la promotion du mouvement "Slow Food" lancé en 1986 en Italie!
Je ne comprends pas cette aversion a priori envers la chimie et ses applications culinaires.
Et puis vous racontez n'importe quoi. Par exemple : « le E101 contient de l'aluminium favorisant les démences de type Alzheimer et la maladie de Parkinson ». Le E101, c'est la riboflavine, une molécule sans aluminium qu'on appelle aussi vitamine B2 car elle est indispensable à la santé humaine. Si vous n'en mangez pas, vous mourez.
Pourriez-vous nous indiquer pourquoi la vitamine B2 (E101) et le charbon végétal (E153) contiennent de l'aluminium ?
Par ailleurs, les E160 (caroténoïdes) sont des pigments naturels, qui donnent notamment leur couleur au maïs, à l'abricot, à la banane, à la carotte, au paprika ou au jaune d'oeuf.
Je trouve la phrase suivant un peu forte et guère justifiée par le texte : "on est sidéré par la nocivité de ces substances à mille lieues des nourritures traditionnelles".
- Pour de nombreuses personnes, le lait provoque maux de ventre et ballonnements. Chez ces personnes, le lactose du lait n'est pas dégradé par l'estomac mais est consommé par la flore intestinale dans le colon, entrainant la formation de gaz. Il se passe exactement la même chose avec l'isomalt (E953). Les consommateurs d'haricots secs connaissent également ce phénomène. Dans ce dernier cas, le sucre en question est le raffinose.
- Les aliments partiellement digérés, comme par exemple ceux riches en fibres ou en sorbitol (pruneaux), ont un effet laxatif, suivant le même mécanisme que l'E473.
- La plupart des aliments traditionnels peuvent également provoquer des réactions dermiques, voire des réactions allergiques graves : oeuf, lait, haricots, poisson, noix, avocat, banane, blé, carotte, tomate, pommes, ...
Cette fois nous avons tous compris. Slate.fr a décidé de dézinguer la cuisine moléculaire.
Personnellement cela ne me dérange en rien car je me suis toujours méfiée des additifs alimentaires, au point que j'évite d'acheter plats cuisinés ou pâtisseries de l'industrie alimentaire, alors qu'ils sont consommés journellement par des millions de personnes.
Cependant et afin de mettre un peu de baume au coeur de ceux qui ne partageraient pas ma phobie des additifs - et en particulier je pense à l'inoubliable Furax - je dois dire que parfois on peut assister à des phénomènes étonnants d'aérocolie due à l'ingestion de certains produits bien que naturels, tels que des herbes aromatiques, se métabolisent chez certains en générant une quantité de gaz tout à fait anormale.
C'est en tous cas à ce genre de malaise qu'il m'a été donné d'assister chez un convive du "très grand chef loué et admiré par la corporation des gourmets" à juste titre - qui n'en pouvait mais - et que je tiens à saluer ici pour les moments inoubliables passés chez lui.
Ne pas confondre cuisine moléculaire et cuisine chimique
c'est bien connu les colorants donnent le cancer comme les spoutniks nous ont détraqué le temps ;-)
kyrielles de produits «E» dont certains sont inassimilables par le corps humain?
Il y'a des tas de produits naturels qui ne sont pas assimilés par votre corps, ils en resortent même sous une forme brune et oblongue... De plus tous les additifs même naturels ont un code en E... le E150 tout court par exemple c'est du simple caramel et le fait que les additifs aient un code en E signifie justement qu'ils sont autorisés et que donc a priori on a vérifié leur inoccuité relative...
1,5 g d'E473, émulsifiant provoquant à forte dose un effet laxatif, 45 g d'huile d'olive et 1,5 g d'E475, émulsifiant à base d'esters polyglycériques d'acides gras générant à haute dose des effets nocifs pour l'organisme.
Et oui justement le problème c'est la dose en général, mais n'oublions pas que si vous buvez simplement trop d'eau, aliment naturel s'il en fût, vous pourriez aussi avoir des problèmes (voire même mourrir par oedème pulmonaire ou cérébral dans des cas extrèmes)
Il ne s'agit pas de fustiger la cuisine moléculaire en fort déclin, mais de mettre en évidence la présence d'additifs chimiques dans des assiettes qui peuvent, à haute dose, avoir des effets nocifs sur la santé.
Aucun additif « E » employé dans la cuisine traditionnelle n'est interdit, à l'exception de quelques-uns comme l'E952 dans les bonbons.
Il est regrettable que les cuisiniers qui utilisent des additifs chimiques ne mentionnent pas la dose sur les menus, c'est ce que propose Santi Santamaria, le grand chef espagnol, trois étoiles à San Celoni près de Barcelone qui, le premier, a dénoncé les pratiques douteuses de Ferran Adri. Il a même employé le terme « empoisonner ».
Joël Robuchon conseille la maison Fleury Michon pour une gamme de plats comme des soupes ou du jambon. Tous sont garantis sans additifs, exhausteurs de goût, colorants, arômes artificiels et conservateurs, preuve que la cuisine française industrielle peut très bien se passer d'additifs chimiques
Notez ce qu'écrivait Jean-François Revel dans « Le Festin de paroles » (Plon, 1995) : « La cuisine est un perfectionnement de l'alimentation, la gastronomie est un perfectionnement de la cuisine. »
Joël Robuchon conseille la maison Fleury Michon pour une gamme de plats comme des soupes ou du jambon. Tous sont garantis sans additifs, exhausteurs de goût, colorants, arômes artificiels et conservateurs, preuve que la cuisine française industrielle peut très bien se passer d'additifs chimiques
Du jambon sans aucun additif ne serait simplement pas vendable dans le commerce de grande distribution qui est celui visé par les produits de sa marque, par ailleurs je ne peux que vous conseiller de vérifier sur l'emballage avant de lui donner votre blanc seing...
De toute façon il s'agit pour les industriels de jouer sur les mots pour surfer sur la mode de l'anti-malbouffe en jouant sur l'inculture des consommateurs... Quand on parle de conservateur ou d'exhausteur de goût ça fait peur à la ménagère de plus de 50 ans, mais le sel et le poivre seraient inclus dans cette catégorie normalement !
Par ailleurs pas mal de produits naturels présentent un danger faible mais statistiquement supérieur aux produits chimiques dont nous nous méfions sans doute à tord (moi le premier) par exemple les fromages (listeria) les oeufs etc... récemment quelques centaines d'écoliers dans ma région ont été intoxiqués par un repas "bio" à base de betterave crue rappée apparemment, la société de restauration avait voulu bien faire, et paf...