Monde

La machine à exécution iranienne

Slate.fr, mis à jour le 15.05.2010 à 12 h 13

Quand le gouvernement iranien a exécuté cinq personnes la semaine dernière (quatre hommes et une femme), l'opposition à Mahmoud Ahmadinejad a compris cela comme une menace et un message particulièrement explicite du président Ahmadinejad explique sur le site Daily Beast le journaliste Omid Memarian.

Ce dernier qui écrit pour New York Times, le Los Angeles Times et le  San Francisco Chronicle a reçu en 2005 le Human Rights Defender Award, la récompense la plus élevée donnée par Human Rights Watch.

Pour Omid Memarian, cela signifie que tous les opposants risquent leur vie et de se faire exécuter dans la sinistre prison de Evin à Téhéran. Les débats se sont multipliés en Iran et à l'étranger au sein de l'opposition sur la façon de réagir à cette nouvelle étape du régime islamique pour répandre la peur et l'intimidation. Il s'agit de réduire au silence les opposants avant le premier anniversaire le mois prochain (le 12 juin) de l'élection présidentielle truquée qui a amené des millions de personnes à braver les risques et descendre dans les rues.

«Le pays est dans une situation très dangereuse» estime Shirin Ebadi, lauréate du Prix Nobel de la paix en 2003. «Je ne comprend pas comment certaines personnes peuvent envoyer une jeune femme... si pleine d'espoir et d'énergie à la mort.

Silva Haratounian, une Iranienne d'origine arménienne qui a passé 13 mois dans la prison de Evin parce qu'elle travaillait pour une ONG financée en partie par le gouvernement américain a connu Shirin Alamholi, la femme de 29 ans qui a été exécutée. «Elle a toujours rejeté les accusations et n'a jamais imaginé qu'elle serait exécutée, personne ne pensait qu'elle serait exécutée»

C'est dimanche 9 mai que le Tribunal révolutionnaire iranien a annoncé l'exécution de cinq prisonniers politiques  - Farzad Kamangar, Ali Heidarian, Farhad Vakili, Shirin Alamholy, et Mehdi Eslamian - sous les accusations d'avoir fait sauter des bureaux du gouvernement et d'appartenir au groupe d'opposition kurde Pejak.

Selon Khalil Bahramian l'avocat de Farzad Kamangar, cité par The Daily Beast, ce dernier était totalement innocent. «Il n'a jamais été impliqué dans des attentats à l'explosif. C'était un enseignant qui n'était même pas membre d'un groupe d'opposition».

Selon un autre avocat, «aucun des procès depuis les élections n'a été mené de façon loyale. Ce ne sont pas les juges qui prennent les décisions mais le ministère des renseignements. Les juges ne font que les annoncer».

Pour Shirin Ebadi, ce n'est que le début et de nombreuses autres exécutions devraient suivre. «Un gouvernement devient violent quand sa base populaire s'affaiblit» prévient-elle.

Le chef de l'opposition, Mir Hossein Mousavi, a publié un communiqué sur le site Internet réformiste Kalame, qui juge les exécutions illégales et s'inscrivant dans la campagne «qui conduit à la mort et à l'emprisonnement tellement d'iraniens».

Plus de 5 000 personnes ont été arrêtées par le régime islamique dans des centaines d'étudiants, de journalistes, de défenseurs des droits de l'homme. Des dizaines d'entre eux sont morts dans les affrontements ou ensuite. Au moins 388 personnes ont été exécutées en Iran l'an dernier.

[Lire l'article de The Daily Beast]

LIRE EGALEMENT SUR L'IRAN D'AHMADINEJAD: Iran: comment Ahmadinejad a truqué les élections, La résistance nargue sans cesse Ahmadinejad et Bon anniversaire président Ahmadinejad.

Image de Une: Reuters, un opposant iranien dans le centre de Téhéran, le 27 décembre 2009, pendant les affrontements avec les forces de l'ordre.
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